La bande de Gaza a une nouvelle fois été la cible de frappes israéliennes d’une intensité redoutable. Selon les services de la défense civile palestinienne, ces attaques, menées vendredi 16 mai, ont provoqué la mort de plus de 86 personnes et fait des centaines de blessés, dont de nombreux enfants et femmes. Le bilan humain ne cesse de s’alourdir, alors que des dizaines de victimes restent coincées sous les décombres, leurs cris étouffés par les gravats et le silence assourdissant de la communauté internationale.
En seulement 48 heures, le nombre de morts dépasse désormais les 250, illustrant l’ampleur dramatique d’un cycle de violence que rien ne semble pouvoir enrayer. Les hôpitaux, déjà débordés et manquant de moyens, peinent à faire face à l’afflux de blessés.
Cette nouvelle vague de bombardements s’inscrit dans un conflit de plus en plus sanglant, où la population civile paie le prix fort. Les scènes de désolation se répètent : quartiers entiers réduits à l’état de ruines, familles décimées, enfants arrachés à la vie sans avertissement. Ces attaques, qualifiées de disproportionnées par plusieurs organisations humanitaires, alimentent les accusations de crimes de guerre et relancent le débat sur la qualification de génocide, alors que le droit à la vie et à la dignité humaine est systématiquement bafoué.
Face à cette tragédie humanitaire d’une ampleur effroyable, les appels à un cessez-le-feu immédiat, à l’ouverture de corridors humanitaires et à une intervention diplomatique urgente se multiplient. Pourtant, sur le terrain, les bombes continuent de tomber, et l’humanité continue de sombrer dans l’indifférence.
Un médecin à l’hôpital indonésien de Beit Lahia a déclaré sous le couvert de l’anonymat que son établissement avait reçu une cinquantaine de corps. « L’occupation israélienne a bombardé la maison voisine de la mienne (…) alors que ses habitants étaient à l’intérieur », a déclaré un habitant de Beit Lahia, faisant état de « frappes aériennes, tirs d’artillerie et de drones ». « Il y a une vague massive de déplacement de civils. L’effroi et la panique nous saisissent au milieu de la nuit », a-t-il ajouté.
Pour ce médecin de ce qui reste de l’hôpital résume ce qui se passe à Gaza par : ‘‘Tout manque àGaza sauf la mort”

L’OMS déplore la fermeture de l’hôpital européen de Khan Younès après les attaques récentes, qui « met encore plus à rude épreuve un système de santé déjà débordé »
Le chef de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré sur X que l’attaque de mardi avait laissé l’hôpital européen de Khan Younès « gravement endommagé et inaccessible ». Il n’est « plus fonctionnel », a-t-il déclaré, ajoutant qu’une équipe de l’OMS avait évacué le personnel médical d’urgence qui se trouvait sur place pendant l’attaque.
Le chef de l’OMS a précisé que « la fermeture de l’hôpital a interrompu des services vitaux, notamment la neurochirurgie, les soins cardiaques et le traitement du cancer, qui ne sont pas disponibles ailleurs dans la bande de Gaza ».
« Cette fermeture met également fin au rôle de l’établissement en tant que plaque tournante pour les évacuations médicales, ce qui met encore plus à rude épreuve un système de santé déjà débordé », a ajouté M. Tedros.
Médecins sans frontières (MSF) a également condamné les conséquences de cette fermeture. « L’une des dernières bouées de sauvetage du système de santé de Gaza a volé en éclats », a déclaré l’ONG sur le réseau social X, précisant que l’hôpital Nasser était désormais le seul à fonctionner à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza.
La faim et le désespoir se propagent, déplore l’UNRWA
L’Office de secours et de travaux de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), a appelé à la levée du blocus humanitaire sioniste imposé, depuis plus de deux mois, dans la bande de Gaza, où “la faim et le désespoir se propagent”.
“La faim et le désespoir se propagent à mesure que l’aide alimentaire et humanitaire est transformée en arme. Le siège (sioniste) doit être levé maintenant”, dans l’enclave palestinienne ravagée par une agression génocidaire depuis le 7 octobre 2023, a écrit l’UNRWA dans un message publié jeudi soir sur les réseaux sociaux.
Et de rappeler que depuis le 2 mars, l’entité sioniste “interdit l’entrée de toute aide humanitaire, médicale et commerciale à Ghaza. Pendant ce temps, l’UNRWA dispose de milliers de camions à l’extérieur de Ghaza, prêts à livrer une aide vitale”.
“Gaza souffre de la faim, non pas à cause du manque d’aide, mais à cause du manque d’accès”, a déploré l’agence onusienne.
Lundi, un rapport international a averti que tous les Palestiniens de Gaza sont confrontés au risque d’une famine de masse, indiquant qu’au moins 470000 personnes à Gaza seront confrontées à une “faim catastrophique” (phase 5 de la classification), soit une augmentation de 250 % par rapport aux estimations précédentes du 19 novembre 2024.
Depuis le 7 octobre 2023, l’entité sioniste commet un génocide à Gaza, faisant plus de 172000 martyrs et blessés parmi les Palestiniens, la plupart étant des enfants et des femmes, et plus de 11000 disparus.
La Chine appelle à des mesures urgentes pour parvenir à une solution globale et durable à la question palestinienne
Le représentant permanent adjoint de la Chine auprès des Nations Unies, Geng Shuang, a appelé jeudi à des mesures urgentes pour parvenir à une solution globale et durable à la question palestinienne, soulignant que seule la mise en œuvre de la solution à deux Etats permettrait de faire en sorte que la Nakba ne soit plus qu’un événement historique.
“Il y a soixante-dix-sept ans, plus de la moitié du peuple palestinien a été expulsée ou a fui ses foyers et, depuis lors, elle s’est engagée sur le chemin ardu de la défense de ses droits et de ses intérêts légitimes.
Aujourd’hui, 77 ans plus tard, l’injustice historique subie par le peuple palestinien est non seulement restée sans réponse, mais s’est même aggravée”, a déclaré M. Geng lors d’une commémoration de l’ONU marquant le 77e anniversaire de la Nakba. Soulignant l’impact dévastateur de l’agression sioniste de 19 mois à Gaza, M. Geng a estimé que plus de 53.000 Palestiniens avaient perdu la vie et que deux millions de personnes étaient désormais confrontées à “une catastrophe humanitaire sans précédent” en raison de l’intensification du siège de l’entité sioniste.
L’expansion continue des colonies en Cisjordanie et la montée de la violence des colons “réduisent inexorablement l’espace du peuple palestinien et érodent la base de la solution à deux Etats”, a-t-il ajouté.
“La question palestinienne, qui est au cœur du dossier du Moyen-Orient, a une incidence sur la paix, la stabilité et la sécurité à long terme de la région. La mise en œuvre de la solution à deux Etats est le seul moyen viable de la résoudre”, a estimé M. Geng. “Il est désormais impératif d’instaurer immédiatement un cessez-le-feu durable à Gaza et d’atténuer la catastrophe humanitaire”.
Il a exhorté l’entité sioniste à se conformer aux résolutions du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale des Nations Unies, à respecter les mesures provisoires et l’avis consultatif de la Cour internationale de justice et à “cesser immédiatement toutes les attaques militaires et les violations du droit international, en particulier du droit international humanitaire, à lever le blocus de Ghaza, à cesser les activités de colonisation en Cisjordanie et à mettre un terme à la violence des colons”.
Réaffirmant la position de longue date de la Chine, M. Geng a réitéré le soutien de son pays à un Etat palestinien indépendant “sur la base des frontières de 1967 avec Al Qods-Est comme sa capitale”, ainsi qu’à l’adhésion pleine et entière de la Palestine à l’ONU.
“La Chine continuera de travailler sans relâche avec tous les pays épris de paix pour promouvoir la mise en œuvre de la solution à deux Etats et pour parvenir rapidement à une solution globale, juste et durable à la question palestinienne, de sorte que le jour de la Nakba appartienne à jamais au passé”, a conclu M. Geng.
Le bilan de l’agression génocidaire sioniste s’alourdit à 53.119 martyrs et 120.214 blessés
Le bilan de l’agression génocidaire sioniste contre la bande de Ghaza s’est alourdi à 53.119 martyrs et 120.214 blessés, depuis le 7 octobre 2023, ont indiqué vendredi les autorités sanitaires palestiniennes.
Selon la même source, les corps de 109 martyrs et 216 blessés sont arrivés dans les hôpitaux de Gaza au cours des dernières 24 heures.
Les autorités sanitaires palestiniennes ont, en outre, souligné que 2.985 Palestiniens sont tombés en martyrs et 8.173 autres ont été blessés depuis le 18 mars, date de la reprise de l’agression sioniste, notant que les corps de nombreuses victimes se trouvent encore sous les décombres.
Un accord de cessez-le-feu était entré en vigueur le 19 janvier à Gaza après plus de 15 mois d’agression génocidaire sioniste, provoquant une catastrophe humanitaire sans précédent. Les forces de l’occupation ont repris le 18 mars leur agression contre Gaza, après une interruption de deux mois, consécutive à l’accord de cessez-le-feu.
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