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Gaza : des milliers de Palestiniens réfugiés dans des abris surpeuplés sous les bombardements israéliens

Par A.B.-- 04-Nov-2025 2

Malgré un cessez-le-feu fragile, les frappes et la détresse humanitaire se poursuivent dans l’enclave assiégée.

Alors que le sud de la bande de Gaza est toujours secoué par des bombardements israéliens, des dizaines de milliers de Palestiniens cherchent refuge dans des abris de fortune ou des bâtiments gérés par l’ONU, souvent surpeuplés, endommagés et dépourvus d’hygiène.

Sur le terrain, nos correspondants font état de tirs d’artillerie incessants dans la région de Khan Younès et d’une destruction massive des habitations et des terres agricoles dans les quartiers est de Gaza-ville.

Des abris saturés et des conditions indignes

Selon l’UNRWA, l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, près de 75 000 personnes déplacées se trouvent actuellement dans ses centres d’accueil à Gaza.
Beaucoup de ces bâtiments, déjà endommagés par les bombardements, sont désormais saturés. « Les abris surpeuplés ne laissent que très peu d’espace ou d’intimité. Pour beaucoup de femmes et de filles, le quotidien signifie vivre sans dignité, sans sécurité ni hygiène suffisante », a indiqué l’agence dans un communiqué.

L’accès aux soins, à l’eau potable et aux produits d’hygiène reste extrêmement limité, transformant la vie quotidienne en lutte pour la survie.

Libération de prisonniers palestiniens dans un climat de tension

Dans le cadre du cessez-le-feu temporaire entre Israël et le Hamas, cinq prisonniers palestiniens ont été remis ce lundi à la Croix-Rouge dans le sud de Gaza.
Les scènes de retrouvailles avec leurs familles ont suscité une vive émotion à Deir el-Balah, même si d’autres familles, espérant revoir leurs proches, sont reparties les mains vides.

Plus tôt dans la journée, les autorités israéliennes avaient également remis les corps de 45 Palestiniens détenus depuis plusieurs semaines. Les opérations d’identification doivent se poursuivre dans les prochains jours.

Malgré cette libération symbolique, les frappes israéliennes se poursuivent dans plusieurs zones, notamment autour de Rafah et de Khan Younès, où trois Palestiniens ont été tués lors d’attaques nocturnes.

Une trêve fragile sous les drones et les bombes

Le cessez-le-feu reste extrêmement fragile.
Des drones et des avions de chasse survolent toujours la bande de Gaza, alors que l’armée israélienne affirme vouloir « éliminer les menaces potentielles » autour de ses troupes.
Ces opérations, menées dans des zones censées être sous contrôle israélien, contredisent pourtant les termes de l’accord de cessez-le-feu, selon les observateurs locaux.

Les habitants, eux, se disent épuisés, traumatisés et résignés à être « visés partout où ils vont », malgré les promesses de pause humanitaire.

Des scènes de ruines et d’espoir ténu

Les équipes du Croissant-Rouge et du CICR poursuivent leurs opérations de recherche dans les décombres à Gaza-ville, à la recherche des corps de captifs israéliens et de victimes palestiniennes.
Les conditions de travail sont extrêmement dangereuses : bâtiments effondrés, munitions non explosées, infrastructures détruites. « Le niveau de destruction rend la tâche presque impossible », déplore un responsable humanitaire. « Chaque jour, nous retrouvons des familles entières sous les ruines. »

En Cisjordanie, les arrestations se multiplient

Pendant ce temps, huit Palestiniens ont été arrêtés par les forces israéliennes dans la région de Naplouse, en Cisjordanie occupée, dont cinq à Beit Furik et plusieurs autres dans le camp de Balata.
Des affrontements ont éclaté dans plusieurs villages, tandis que des colons israéliens ont incendié des oliveraies près de Bethléem, détruisant des dizaines d’arbres en pleine récolte.

Selon la Commission palestinienne contre la colonisation, plus de 15 000 oliviers ont été attaqués depuis le début de la saison, en octobre 2024 — un coup dur pour une économie agricole déjà exsangue.

La communauté internationale divisée

À New York, les États-Unis ont présenté à plusieurs membres du Conseil de sécurité de l’ONU un projet de résolution prévoyant la création d’une force internationale de sécurité à Gaza pour une durée minimale de deux ans.
Cette force aurait pour mission de protéger les civils, de sécuriser les frontières avec Israël et l’Égypte, et de préparer la création d’une nouvelle police palestinienne.

Washington insiste toutefois : il s’agirait d’une force d’application, non d’une mission de maintien de la paix.
Les discussions entre États membres devraient se poursuivre dans les semaines à venir, avec un vote espéré avant la fin de l’année.

Appels au soutien humanitaire

Depuis Doha, l’émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, a exhorté la communauté internationale à « redoubler d’efforts pour aider le peuple palestinien à se reconstruire » après des mois de guerre et d’occupation. « Il est impossible d’envisager un développement social sans paix ni stabilité », a-t-il déclaré lors du Sommet mondial pour le développement social.

Les ONG, quant à elles, appellent à une trêve humanitaire durable, à la protection des civils et à la livraison immédiate d’aide alimentaire et médicale.

Un peuple épuisé, une guerre sans fin

Dans un contexte d’insécurité permanente, les Palestiniens de Gaza tentent de survivre entre pénurie, peur et deuil.
Les abris de l’ONU débordent, les hôpitaux manquent de tout, et les habitants s’accrochent à un espoir fragile : que le cessez-le-feu tienne, ne serait-ce qu’un jour de plus.

FAO: Mise en garde contre une catastrophe humanitaire et agricole sans précédent à Gaza

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a mis en garde contre une catastrophe humanitaire et agricole sans précédent dans la bande de Gaza, dévastée par plus de deux ans d’agression génocidaire sioniste.

L’organisation a confirmé lundi dans son rapport annuel que moins de 5% des terres agricoles restent cultivables, après que plus de 80% des zones cultivées ont été détruites par les bombardements sionistes contre l’enclave palestinienne.

Elle a déclaré qu’environ 70% des serres agricoles avaient été complètement détruites, tandis que la majorité des puits avaient été endommagés, rendant l’accès à l’eau presque impossible et entraînant un effondrement quasi total du système de production local au sein du secteur.

Le rapport souligne aussi que “Gaza est devenue entièrement dépendante de l’aide humanitaire pour assurer son approvisionnement alimentaire”, et prévient que le maintien des restrictions (sionistes) sur l’entrée des fournitures agricoles et du carburant par les points de passage “entraînera une famine généralisée dans les mois à venir”.

La FAO a ajouté que 90% de la population de Gaza n’est pas en mesure d’obtenir suffisamment de nourriture, notant que la production de légumes et de céréales est tombée à moins de la moitié de son niveau d’il y a deux ans, tandis que le secteur de la pêche maritime a subi des destructions généralisées et des restrictions continues qui l’ont empêché de fonctionner normalement.

L’organisation onusienne a ainsi classé la bande de Gaza “parmi les quatre pires crises alimentaires au monde” pour la période 2024-2025, avec le Soudan, le Yémen et l’Afghanistan, et appelle à “une réponse multisectorielle comprenant la sécurité alimentaire, l’eau, la santé et le soutien psychologique, afin, dit-elle, d’éviter un effondrement humanitaire généralisé” dans le territoire.

75.000 déplacés hébergés dans plus de 100 bâtiments de l’UNRWA

L’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) a déclaré qu’environ 75.000 Palestiniens déplacés, sont hébergés dans plus de 100 bâtiments de l’agence à Ghaza, dont la plupart sont endommagés et surpeuplés, a rapporté mardi l’agence de presse Wafa.

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