L’année 2026 s’ouvre dans un climat de désespoir pour les habitants de la bande de Gaza, alors qu’Israël a officiellement mis en application une mesure controversée interdisant à 37 organisations humanitaires internationales d’opérer sur le territoire palestinien. Cette décision, largement critiquée par la communauté internationale, intervient dans un contexte de crise humanitaire déjà qualifiée de catastrophique.
Parmi les organisations concernées figurent plusieurs acteurs majeurs de l’aide humanitaire, dont Médecins Sans Frontières (MSF) et ActionAid. Israël justifie cette suspension par le non-respect présumé de ses procédures de contrôle interne, une accusation rejetée par de nombreuses ONG, qui dénoncent des critères arbitraires et politiquement motivés.
Le gouvernement israélien accuse par ailleurs certaines organisations, sans fournir de preuves publiques, d’entretenir des liens avec le Hamas. Ces accusations s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à délégitimer les structures humanitaires œuvrant auprès de la population palestinienne, y compris certaines agences des Nations Unies.
Une condamnation ferme des Nations Unies
Les Nations Unies ont vivement réagi à cette décision. Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, a qualifié la mesure d’« outrageante », la décrivant comme une nouvelle étape dans une série de restrictions jugées illégales imposées par les autorités israéliennes. Selon l’ONU, ces entraves aggravent considérablement les difficultés d’accès rencontrées par les acteurs humanitaires dans l’enclave palestinienne.
Malgré les critiques émanant également de l’Union européenne, Israël maintient sa position, affirmant que la sécurité nationale justifie ces restrictions.
Une population confrontée à la survie quotidienne
Sur le terrain, les conséquences sont immédiates. À Gaza, où des centaines de milliers de personnes vivent toujours dans des camps de fortune après des mois de guerre, l’espoir d’un nouveau départ en 2026 est quasiment inexistant. Comme le rapporte Hani Mahmoud depuis la ville de Gaza, les attentes de la population sont désormais réduites à leur plus simple expression : éviter une nouvelle catastrophe et parvenir à survivre.
Les préoccupations quotidiennes ne portent plus sur l’avenir, mais sur des questions élémentaires : où dormir, comment se protéger du froid hivernal, comment assurer la sécurité des enfants. La disparition de nombreuses ONG, qui constituaient l’épine dorsale de l’aide humanitaire locale, accentue encore cette précarité.
Des conditions météorologiques alarmantes
À cette situation déjà critique s’ajoute une menace climatique. Le département météorologique palestinien a émis une alerte concernant de violentes intempéries attendues sur l’ensemble des territoires palestiniens. De fortes pluies, des orages et des chutes de grêle sont prévues, avec des vents pouvant atteindre 50 km/h.
Ces conditions font craindre de nouvelles inondations dans les camps de déplacés de Gaza, où les tempêtes hivernales récentes ont déjà détruit tentes, matelas et couvertures, laissant de nombreuses familles sans abri adéquat. Les organisations humanitaires appellent depuis des semaines à la levée des restrictions sur l’entrée de matériel de secours, notamment les équipements d’hébergement.
Un contexte régional sous tension
Parallèlement, l’armée israélienne poursuit ses opérations dans les territoires palestiniens. En Cisjordanie occupée, des démolitions massives ont débuté dans le camp de réfugiés de Nur Shams, avec une centaine d’habitations menacées. Les forces israéliennes ont également arrêté plusieurs journalistes de l’agence de presse palestinienne Wafa, près de Jérusalem-Est.
Selon le Centre palestinien pour les études sur les prisonniers, plus de 7 500 Palestiniens ont été arrêtés par Israël en Cisjordanie et à Jérusalem-Est au cours de l’année 2025.
Alors que le chef d’état-major israélien, Eyal Zamir, réaffirme la détermination de son pays à empêcher toute reconstitution des capacités du Hamas, les civils palestiniens, eux, entament l’année 2026 dans une incertitude totale, privés d’une partie essentielle de l’aide humanitaire dont dépend leur survie.
Le bilan s’alourdit à 71.271 martyrs et 171.233 blessés
L’agression génocidaire sioniste contre la bande de Gaza a fait 71.271 martyrs et 171.233 blessés, en majorité des femmes et des enfants, depuis le 7 octobre 2023, selon un nouveau bilan communiqué jeudi par les autorités sanitaires palestiniennes.
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