À l’image des célébrations organisées à travers toutes les régions d’Algérie, la diaspora algérienne établie à l’étranger a marqué Yennayer 2976 dans une atmosphère solennelle et chaleureuse, mêlant ferveur populaire, transmission intergénérationnelle et reconnaissance institutionnelle. Le Nouvel An amazigh, désormais érigé au rang de fête nationale, s’affirme progressivement comme un rendez-vous structurant du calendrier culturel algérien, porteur de sens, de mémoire et d’unité.

Une célébration identitaire au cœur de la diaspora

Au-delà de la dimension festive, Yennayer incarne un moment de rassemblement symbolique, où les Algériens, quelles que soient leurs origines régionales ou leurs trajectoires migratoires, renouent avec un héritage commun et réaffirment leur attachement à une identité plurielle et partagée.
Alès, un lieu de mémoire et de continuité

Cette année, les festivités officielles en France ont été accueillies par la ville d’Alès, au sud du pays. Le choix de cette localité n’est pas anodin. Il traduit la volonté des autorités algériennes d’ancrer la célébration de Yennayer au plus près des communautés établies à l’étranger et de reconnaître pleinement leur rôle dans la préservation et la transmission de la mémoire nationale.
L’événement a été organisé par les membres de la communauté algérienne locale, en coordination avec le Consulat d’Algérie à Montpellier. L’objectif était double : consolider les liens avec la patrie d’origine et réaffirmer l’attachement profond de la diaspora aux valeurs fondatrices d’une Algérie unie, diverse et indivisible.
Une reconnaissance institutionnelle affirmée

La cérémonie a été marquée par la participation, en visioconférence depuis Alger, du secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé de la Communauté nationale à l’étranger, M. Sofiane Chaib. Dans son intervention, il a rappelé que les célébrations officielles de Yennayer constituent un acquis majeur du patrimoine culturel national. Un acquis qui dépasse largement le cadre festif pour s’inscrire dans une dynamique de reconnaissance institutionnelle durable, traduisant une volonté politique claire et irréversible de valoriser toutes les composantes de l’identité algérienne.
L’amazighité, socle de l’identité nationale

De son côté, M. Najib Boukhatem, consul d’Algérie à Montpellier, a souligné que l’organisation de ces festivités aux côtés de la diaspora vise à promouvoir le patrimoine culturel et social algérien dans les pays de résidence, tout en renforçant le lien affectif et symbolique avec la patrie mère. Il a insisté sur le fait que cette démarche envoie un message politique fort : l’identité amazighe ne saurait être réduite à une dimension régionale ou périphérique, mais constitue une composante fondamentale de l’histoire, de la géographie et de la mémoire collective de l’Algérie.
Yennayer, une fête millénaire porteuse de sens

Célébré depuis des millénaires, Yennayer plonge ses racines dans les civilisations nord-africaines anciennes. À l’origine lié au calendrier agraire, il marquait le début d’un nouveau cycle agricole, porteur d’espoir, de prospérité et de renouveau. Autour de cette date, les communautés se réunissaient pour partager des repas traditionnels, transmettre des récits fondateurs et renforcer les liens de solidarité.
Transmis de génération en génération, Yennayer incarne aujourd’hui un patrimoine immatériel d’une richesse exceptionnelle. Il témoigne de la continuité historique de l’amazighité et de sa capacité à s’inscrire dans le présent tout en conservant sa profondeur symbolique.
Une identité qui unit plus qu’elle ne distingue
Dans la société algérienne contemporaine, Yennayer apparaît comme un facteur de cohésion nationale. En le consacrant officiellement tout en respectant sa diversité régionale, l’Algérie affirme une vision inclusive et apaisée de son identité. Loin d’être un marqueur de différenciation, l’amazighité devient un espace de convergence où se rejoignent histoire, citoyenneté et projet national commun.
Des festivités riches en symboles

À Alès, la célébration s’est déclinée à travers de nombreuses activités culturelles : défilés d’habits amazighs traditionnels, présentations de plats ancestraux, expositions d’artistes et d’artisans, ainsi que des moments d’échanges conviviaux entre les participants. Ces instants ont permis de recréer, le temps d’une journée, un espace de mémoire et de transmission, où se côtoyaient anciens, jeunes générations et enfants nés à l’étranger.
Hommage aux aînés et à la mémoire collective

M. Foudil Djoudi, Président de l’Amicale des Algériens en Europe sections d’Alès, la Grand-Combe, Saint-Martin de Valgalgues, Montpellier et organisateur de l’événement, a déclaré : « À travers cette manifestation organisée aujourd’hui, la Fédération des Algériens d’Alès exprime sa fierté de rendre hommage à nos aînés : les parents, les grands-parents et, plus largement, l’ensemble de la communauté. Plusieurs générations sont dignement représentées, notamment des figures engagées. Un hommage particulier est également rendu aux familles d’anciens révolutionnaires, aux élites — avocats, docteurs, chercheurs, artistes, sportifs. Assegas Amegas à tous. »

Fierté, vigilance et unité

En marge de la cérémonie, Me Khadija Aoudia, avocate au barreau de Nîmes, a tenu à souligner :
« Se retrouver tous ensemble, unis par les mêmes valeurs et la même volonté d’avancer, c’est partager un même idéal et construire un peuple solidaire. C’est dans cet esprit que j’ai tenu à rappeler la différence essentielle entre la fierté et l’orgueil. La fierté, nous l’avons héritée de notre histoire ; elle doit nous élever. Mais nous devons rester vigilants les uns envers les autres afin qu’elle ne dérive pas vers l’orgueil, qui divise et exclut. La différence peut être une richesse lorsqu’elle s’inscrit dans le respect, le bonheur et la dignité, à travers la contribution de chaque individu. Gardons-nous de tomber dans l’orgueil, afin de préserver notre unité et nos valeurs communes. Assegas Amegas à tous. »
L’art au cœur de la fête

La célébration de Yennayer a également été marquée par une forte présence artistique. De nombreux artistes ont pris part à cette fête identitaire par leur engagement et la richesse de leurs expressions créatives. Parmi eux, le sculpteur-peintre Mohamed Grine* s’est distingué par sa participation, apportant à la cérémonie une dimension culturelle et symbolique forte. À travers leurs œuvres et leur présence, les artistes ont contribué à faire de Yennayer un moment de partage, de transmission et de valorisation du patrimoine Amazigh, où l’art s’est imposé comme un vecteur essentiel de mémoire et de cohésion.

Une fête ouverte sur l’amitié et le partage

La célébration a également rassemblé des amis de l’Algérie, parmi eux des boxeurs, qui ont exprimé leur reconnaissance et leur fierté de participer à cette fête aux côtés de la communauté algérienne. leur présence illustre le rayonnement culturel et humain de Yennayer, célébration devenue un symbole de dialogue, de mémoire partagée et d’ouverture sur le monde.

La rédaction de l’Agence de presse PIA adresse à l’ensemble de la diaspora algérienne ses meilleurs vœux à l’occasion de la nouvelle année amazighe 2976, en souhaitant à toutes et à tous bonheur, santé et prospérité.

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