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Guerre en Ukraine : Volodymyr Zelensky appelle à condamner les « pseudo-référendums » d’annexion organisés par la Russie

Par Y.B.-- 24-Sep-2022 0

Les votes ont commencé, vendredi, dans quatre régions ukrainiennes contrôlées entièrement ou en partie par Moscou. Joe Biden a assuré que les Etats-Unis et leurs alliés allaient infliger de nouvelles sanctions économiques « rapides et sévères à la Russie » si le processus continuait.

“RÉFÉRENDUMS” : PREMIERS ESTIMATIFS DE PARTICIPATION SELON MOSCOU

Lors du “référendum” organisé dans la région de Donetsk, le taux de participation était de 23,6 % vendredi, selon l’agence de presse russe Tass qui cite un responsable local, comme le rapporte The Guardian.  Plus de 20,5% des électeurs habilités à voter dans la région de Zaporijia et 15% de ceux de la région de Kherson ont voté vendredi, a rapporté l’agence de presse russe Interfax, citant des responsables électoraux locaux.

“À notre sens, c’est suffisant pour le premier jour de vote”, aurait déclaré Marina Zakharova, chef de la commission électorale de Kherson installée par les Russes.

LA MENACE DE JOE BIDEN 

Joe Biden a assuré que les Etats-Unis et leurs alliés allaient infliger de nouvelles sanctions économiques “rapides et sévères à la Russie” si elle annexe des territoires en Ukraine, dans le cadre de “référendums” qui se poursuivent samedi.

“Les référendums de la Russie sont un simulacre, un prétexte fallacieux pour essayer d’annexer des parties de l’Ukraine par la force”, a dénoncé vendredi soir le président américain.

Auparavant, dans un communiqué conjoint, les pays du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) avaient appelé “tous les pays à rejeter sans équivoque ces référendums fictifs”, des “simulacres” qui “n’ont ni effet juridique ni légitimité”.

Vendredi soir, dans son adresse quotidienne à la nation, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé lui aussi des “pseudo-référendums”.

La Russie remplace son général chargé de la logistique

La Russie a annoncé, samedi, le remplacement de son plus haut gradé chargé de la logistique, alors que son offensive en Ukraine a montré des difficultés dans ce domaine.

« Le général d’armée Dmitri Boulgakov a été relevé de ses fonctions de vice-ministre de la défense » et est remplacé par le colonel général Mikhaïl Mizintsev qui sera « responsable du ravitaillement matériel et technique des forces armées », a déclaré le ministère de la défense dans un communiqué, au moment où la Russie est en pleine campagne de mobilisation.

Agé de 60 ans, Mikhaïl Mizintsev a occupé de nombreux postes à responsabilité au sein de l’état-major au cours de sa longue carrière militaire. Il est visé par des sanctions occidentales pour son rôle dans le siège de Marioupol, ville portuaire du sud-est de l’Ukraine conquise en mai par les forces russes au prix d’importantes destructions.

A Zaporijia, la sortie de la dernière chance pour les habitants des territoires occupés

Aleksandr a quitté Kherson car il craignait, en restant dans un territoire annexé par la Russie, d’être appelé à se battre contre son propre peuple. « S’ils m’emmènent, qui s’occupera de mon fils ? », interroge-t-il. Le petit garçon ne voit plus sa mère depuis que ses deux parents ont divorcé. Cette dernière est une « séparatiste » qui vit à Sébastopol, dans la péninsule de Crimée, annexée par la Russie en 2014.

Le père ne doute pas un instant que les résultats des scrutins, à Kherson comme ailleurs, seront truqués. « Je ne sais pas quoi dire de ces référendums car tout ça me donne envie de vomir. Chez moi, les gens ont l’impression de vivre dans un univers fictif. » En Ukraine, les hommes redoutent d’être mobilisés dans les forces de Moscou à l’issue du référendum de « rattachement » à la Fédération de Russie, organisé par l’occupant du 23 au 27 septembre.

« Il n’y aura pas de Biélorussie libre sans Ukraine libre », prédit la cheffe de l’opposition biélorusse

Pour la cheffe de l’opposition biélorusse, Svetlana Tsikhanovskaïa, les destins de la Biélorussie et de l’Ukraine sont « liés » et « il n’y aura pas de Biélorussie libre sans Ukraine libre », a-t-elle dit vendredi dans un entretien à l’agence de presse Associated Press (AP).

Les deux pays doivent se battre ensemble, selon Mme Tsikhanovskaïa, exilée en Lituanie depuis la victoire d’Alexandre Loukachenko, pour garantir leur existence, parce que Moscou ne les considère pas comme des Etats souverains. Tant que Vladimir Poutine sera au pouvoir, des menaces existeront pour l’Ukraine et à la frontière occidentale de la Biélorussie.

Depuis le 24 février, des milliers de personnes ont été arrêtées pour avoir exprimé leur opposition à la guerre en Ukraine, affirme l’opposante. « Les gens ont peur évidemment ; nous vivons comme dans un goulag en Biélorussie en ce moment, mais ils ont l’énergie de continuer. »

Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, Moscou utilise la Biélorussie comme une base arrière, sans que des militaires biélorusses soient pour autant impliqués sur le terrain. Le président biélorusse a soutenu la guerre de Moscou, selon Mme Tsikhanovskaïa, après que M. Poutine l’a aidé lors des manifestations de masse qui ont suivi l’élection présidentielle en 2020, reconduisant le président biélorusse pour un sixième mandat à 80 % des voix.

Istanbul, la porte de sortie des Russes qui fuient la mobilisation

Echapper à la « mobilisation partielle » décrétée par Vladimir Poutine est l’urgence du moment pour beaucoup d’hommes russes, qui, seuls ou en famille, avec bagages ou sans, arrivent par milliers ces jours-ci dans les aéroports de Turquie, l’une des rares destinations étrangères, avec la Serbie, la Géorgie et l’Arménie, restées ouvertes aux voyageurs russes, sans exigence de visas.

Vendredi 23 septembre, à l’aéroport d’Istanbul, sur la rive européenne du Bosphore, les passagers du vol Turkish Airlines 414 en provenance de Moscou ont l’air tendu. Les visages sont fermés, les langues ne se délient pas facilement. Ces personnes ne sont pas au bout de leurs peines.

Une frappe sur un quartier résidentiel de Zaporijia fait un mort, selon le gouverneur

Le gouverneur de l’oblast de Zaporijia, Oleksandr Staroukh, a annoncé sur Telegram qu’une  roquette russe avait touché dans la nuit un quartier résidentiel de la ville et causé la mort d’une personne.

Un incendie s’est déclaré dans un immeuble de plusieurs étages, explique-t-il. Sept personnes ont également été blessées et « ont bénéficié d’une aide médicale », précise le gouverneur dans son message.

Vladimir Poutine a refusé que l’armée russe se retire de Kherson, selon Washington

A mesure que l’armée russe encaisse les revers sur le terrain ukrainien, le président Vladimir Poutine s’impose dans les décisions stratégiques. Selon des responsables américains, cités par le New York Times, M. Poutine a refusé que les forces russes présentes à Kherson, dernière capitale régionale sous contrôle russe, se retirent alors qu’elles essuient le feu de la contre-offensive ukrainienne, dans le sud du pays.

Un retrait de l’armée russe aurait permis aux soldats de se replier de manière ordonnée, tout en préservant l’équipement militaire et la vie de nombreux d’entre eux. Mais cela aurait été un nouvel échec dans la guerre d’invasion déclenchée par le président russe. Face à la débâcle de son armée, dominée par la contre-offensive ukrainienne dans le nord et le sud du pays, M. Poutine multiplie les décisions d’urgence.

Ce refus aurait également grandement entamé le moral des troupes russes, selon le quotidien américain. La plupart des groupements sont coupés de leur ligne d’approvisionnement et ont le sentiment qu’ils pourraient être sacrifiés, abandonnés à leur sort face aux Ukrainiens qui poursuivent leur avancée. Selon le renseignement américain, les forces ukrainiennes étaient sur la bonne voie pour répéter, dans le Sud, leurs exploits dans le Nord, où elles ont regagné en septembre de larges bandes de terre et des villes stratégiques.

Kherson est une ville stratégique. Première grande ville à être tombée entre les mains des Russes au début de la guerre, Kherson est désormais la seule capitale régionale encore sous contrôle russe, dans laquelle un référendum d’annexion est en cours. Si les Ukrainiens parvenaient à la reprendre, ils seraient en mesure de pousser plus loin pour, éventuellement, tenter de reprendre la Crimée, péninsule ukrainienne annexée par Moscou en 2014, ajoutent les responsables américains.

DES “PROBLÈMES FONDAMENTAUX” AU SEIN DE L’ARMÉE RUSSE ?

“Le système de mobilisation russe ne parviendra probablement pas à produire des forces de réserve mobilisées, même de qualité inférieure à celle que les plans de Poutine auraient générée, à moins que le Kremlin ne parvienne à résoudre rapidement les problèmes fondamentaux et systémiques”, a estimé sur Twitter l’Institut pour l’étude de la guerre, un groupe de réflexion américain sur des questions de défense.

En cause, “de graves problèmes systémiques dans leurs premiers jours, générant un ressentiment populaire”, et empêchant les forces mobilisées “d’accomplir les tâches que le président russe Vladimir Poutine lui a fixées”, analyse-t-il dans un rapport. “Des manifestations, des attaques contre des centres de recrutement et des actes de vandalisme ont eu lieu dans toute la Russie au cours des 48 premières heures qui ont suivi l’annonce de la mobilisation partielle”, rappelle l’institut de recherches.

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