Le ministre de la défense russe, Sergueï Choïgou, a fait part, dimanche, lors d’entretiens téléphoniques avec des pays de l’OTAN, de « ses préoccupations liées à d’éventuelles provocations de la part de l’Ukraine avec recours à une “bombe sale” ».
« Les affabulations russes à propos de l’Ukraine (…) sont aussi absurdes qu’elles sont dangereuses », a réagi le ministre des affaires étrangères ukrainien, Dmytro Kuleba.
« Si la Russie dit que l’Ukraine est en train de préparer quelque chose, cela signifie une seule chose : la Russie a déjà préparé tout cela. Je crois que désormais le monde doit réagir aussi durement que possible », a pour sa part déclaré le président ukrainien, Volodymyr Zelensky.
Les Etats-Unis rejettent « les allégations clairement fausses du ministre Choïgou », a réagi la Maison Blanche, prévenant que « le monde ne serait pas dupe en cas de tentative d’utiliser cette allégation comme prétexte à une escalade ».
Le ministère des armées français a confirmé dans un communiqué que M. Choïgou avait dit craindre une « frappe de bombe sale par les Ukrainiens sur leur territoire, pour en faire porter la responsabilité à la Russie ». Le ministre français Sébastien Lecornu lui a rappelé que « la France [refusait] toute forme d’escalade, singulièrement nucléaire ».
Son homologue britannique, Ben Wallace, a « réfuté » durant l’entretien les affirmations de Moscou selon lesquelles les pays occidentaux facilitaient une escalade de la guerre en Ukraine.
Le ministre russe a également téléphoné dimanche au chef du Pentagone, Lloyd Austin – leur deuxième conversation depuis vendredi, et la troisième depuis le début du conflit.
Combats dans les régions de Belgorod et de Koursk
La Russie fait actuellement face à une vaste contre-offensive ukrainienne et dénonce une « augmentation considérable » des tirs ukrainiens sur plusieurs régions russes frontalières, dont celles de Belgorod et de Koursk.
Deux lignes de défense ont été construites dans la région de Koursk pour faire face à une éventuelle attaque des forces ukrainiennes, a annoncé dimanche le gouverneur de la région, Roman Starovoït. « Nous sommes prêts à faire face à toute atteinte à notre territoire », a-t-il assuré.
Le gouverneur de la région de Belgorod, où deux personnes ont été tuées samedi par des frappes ukrainiennes selon les autorités locales, a également annoncé le même jour le début de la construction d’une ligne de défense.
Le carburant ukrainien ciblé
Les frappes de l’armée russe ont détruit dimanche dans le centre de l’Ukraine un dépôt avec 100.000 tonnes de carburant destiné à l’aviation ukrainienne, ainsi que plusieurs dépôts de munitions et un réservoir de pétrole avec du carburant diesel destiné aux véhicules militaires ukrainiens, a affirmé le ministère russe de la Défense.
« Grâce à des opérations réussies, nos troupes ont repoussé l’ennemi hors des localités de Karmazynivka, Myasojarivka et Nevské dans la région de Lougansk et de Novosadové dans la région de Donetsk », des localités situées à proximité les unes des autres, a indiqué sur Facebook l’état-major ukrainien.
« L’Afrique n’est pas contre l’Ukraine, il ne faut pas qu’on ait l’impression que les Africains sont insensibles à la situation de l’Ukraine. Ce n’est pas ça du tout », a déclaré le chef de l’Etat sénégalais lors de la 8 édition du Forum international de Dakar, conférence de dirigeants et d’experts sur la sécurité en Afrique.
« Mais les Africains disent qu’au même moment où l’Ukraine est en guerre, est envahie, est agressée, l’Afrique est en permanence agressée par le terrorisme », a-t-il dit. Il a aussi cité l’absence de solidarité internationale face à la crise économique qui éprouve le continent et face aux maladies. « Nous sommes en 2022, nous ne sommes plus pendant l’ère coloniale. Nous sommes en 2022, donc les pays, même s’ils sont pauvres, sont d’égale dignité. Il faut qu’on traite leurs problèmes avec le même respect », a-t-il renchéri.
« Nous n’avons toujours aucune indication que les Russes aient pris la décision de faire usage d’armes nucléaires », a déclaré ce haut responsable ayant requis l’anonymat. « Aucune information qui indique qu’ils aient pris la décision d’employer des armes nucléaires, biologiques, chimiques sur le champ de bataille », a-t-il ajouté.
Les autorités russes à Kherson créent une milice locale
Le gouvernement installé par Moscou dans la région ukrainienne de Kherson annonce aujourd’hui la création d’une milice locale, que tous les hommes restés dans la ville peuvent joindre. Les autorités russes ont ordonné la semaine dernière l’évacuation des civils de Kherson, l’une des quatre régions ukrainiennes que la Russie a déclaré avoir annexées le mois dernier, alors même que les forces de Kiev ont réalisé d’importants progrès militaires.
En Russie, les féministes contre la guerre
Le mouvement est né dans la clandestinité, le 25 février, au lendemain de l’entrée des troupes russes sur le territoire ukrainien, mais comme le précise aussitôt sa cofondatrice, Daria Serenko, exilée depuis le mois de mars, « nous ne partions pas de zéro ».
Résistance féministe antiguerre (Feministskoïe antivoïennoïe soprotivlenié, FAS) réunit 45 organisations qui existaient déjà dans différents secteurs, auxquelles s’ajoutent des dizaines de militantes anonymes dans soixante villes en Russie, sans compter celles qui ont dû s’exiler.
Un réseau de résistance très engagé et opposé, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, au régime de Vladimir Poutine. Et de plus en plus déterminé à agir et à se faire entendre.
C’est la première fois que les chefs de l’état-major russe et américaine échangent sur le conflit en Ukraine depuis le 19 mai. Plus tôt lundi, Valéri Guerassimov s’était entretenu avec son homologue britannique, l’amiral Tony Radakin, là aussi dans un rare échange entre les deux hommes.
Le ministre finlandais de la Défense a expliqué lundi que son pays étudiait « la nécessité et la possibilité » de « l’interdiction totale » des transactions immobilières russes, dans un contexte de tensions croissantes après l’invasion de l’Ukraine. « La Finlande doit s’occuper de sa propre sécurité en toutes circonstances », a affirmé le ministre de la Défense Antti Kaikkonen.
Mais « la nécessité de poursuivre les travaux a également été identifiée » et le ministère étudie si une interdiction totale des achats immobiliers par les ressortissants et les entreprises russes est nécessaire. La Première ministre Sanna Marin a déclaré dimanche à la chaîne publique Yle qu’elle était « prête à envisager » une interdiction totale et à « la soutenir si les autorités le jugent nécessaire ».
Le gouvernement finlandais avait déjà proposé la semaine dernière un projet de loi visant à restreindre les transactions immobilières pour les étrangers qui pourraient menacer la « sécurité nationale ».
Les ministres de l’Environnement des Vingt-Sept sont réunis lundi pour décider d’un mandat unique de l’UE pour la COP27, à l’heure où la réduction drastique des livraisons de gaz russe a amené le continent à gonfler ses importations de gaz naturel liquéfié (GNL), à décider de nouveaux projets d’infrastructures gazières (terminaux…), tout en recourant davantage au charbon.
Selon lui, « le but de cette provocation est d’accuser la Russie d’utiliser des armes de destruction massive en Ukraine et de lancer ainsi une puissante campagne antirusse dans le monde », a-t-il accusé, estimant que Kiev voulait notamment « intimider la population locale et augmenter le flux de réfugiés à travers l’Europe ».
L’indice PMI Flash Composite de S & P Global et CIPS a reculé à 47,2 points en octobre contre 49,1 en septembre, un plus bas depuis janvier 2021, quand le Royaume-Uni était en plein confinement strict lié au Covid. Un indicateur sous les 50 points montre que l’activité se contracte.
« Le ralentissement économique s’est aggravé en octobre, le secteur des services enregistrant le plus fort décrochage de l’activité depuis janvier 2021 », remarquent S & P Global et CIPS dans un communiqué.
En poste depuis novembre 2021, Vasile Dincu, 60 ans, avait provoqué un tollé en se démarquant de la ligne officielle sur l’Ukraine voisine. « La guerre va continuer (…) et la seule chance de paix pourrait être de négocier avec la Russie », avait lancé le 8 octobre à la télévision cet ancien Premier ministre, sociologue de formation.
Il s’était attiré une réprimande publique du président. « Seule l’Ukraine décidera de quand et comment elle négociera », avait réagi Klaus Iohannis. « C’est notre position officielle et certains dignitaires de notre pays devraient lire la presse plus souvent ».
L’Iran a rejeté lundi les allégations des Etats-Unis selon lesquelles des militaires iraniens étaient déployés en Crimée pour aider la Russie à mener des attaques de drones en Ukraine.
« Nous condamnons fermement ces allégations (…) qui visent à détourner l’attention de l’opinion publique sur le rôle destructif (des Etats-Unis) dans la guerre en Ukraine (…) en exportant massivement des armes et des équipements » vers Kiev, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Nasser Kanani, lors d’une conférence de presse à Téhéran.
Téhéran est accusé depuis plusieurs jours par les Occidentaux de fournir des drones kamikazes à la Russie, et la Maison-Blanche a affirmé jeudi que des militaires iraniens se trouvaient en Crimée, péninsule ukrainienne annexée par Moscou en 2014, pour aider les Russes au maniement de ces engins lancés contre des infrastructures énergétiques et des villes en Ukraine.
Paris et Berlin ne manifestent « aucune envie » de participer à une médiation, accuse Moscou
Le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Olaf Scholz ne manifestent « aucune envie » de participer à une médiation dans les négociations de paix sur le conflit en Ukraine, a dénoncé lundi le Kremlin.
« En ce qui concerne messieurs Macron et Scholz, ces derniers temps, ils ne manifestent aucune envie d’être à l’écoute de la position de la partie russe et de participer à des efforts quelconques liés à la médiation », a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
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