Les premiers flocons de neige tombent en Ukraine
Un léger manteau neigeux recouvrait jeudi matin Kiev, la capitale de l’Ukraine, alors que le pays subit d’importantes coupures d’électricité après de lourdes frappes russes sur les infrastructures énergétiques. La neige recouvrait notamment les voitures stationnées dans les rues de la capitale où de nombreux quartiers étaient privés de courant dans la matinée. Le gouverneur régional, Oleksiï Kouleba, a prévenu mercredi que la semaine à venir serait «difficile», avec des températures qui pourront descendre «jusqu’à -10°C».
L’arrivée du froid, de la neige, du sol gelé, une bonne nouvelle pour les troupes ukrainiennes ? Pour la Russie ? Ou pour personne ? Retrouvez l’article de notre journaliste Octave Odola sur le « général Hiver » juste ici.
Kiev annonce une nouvelle vague massive de frappes russes sur l’Ukraine
Kiev a annoncé ce jeudi que l’Ukraine était touchée par une nouvelle vague massive de frappes russes, deux jours seulement après que plus de 80 missiles russes aient été tirés sur différentes infrastructures énergétiques ukrainiennes.
À Dnipro (centre-est), deux sites d’infrastructure ont été touchés et une personne a été blessée, a indiqué la présidence. A Kiev, deux missiles de croisière ont été abattus par la défense ukrainienne alors que près d’Odessa (sud), des infrastructures ont été touchées, selon les autorités régionales respectives.
Des explosions entendues en Crimée
Comme l’ont rapporté les médias Nexta et Kyiv Independent, des explosions ont été entendues en Crimée, région ukrainienne annexée par la Russie en 2014. Elles ont eu lieu dans la ville de Dzhankoi.
Les Britanniques indiquent que la Russie a tiré mardi la plus importante quantité de missiles depuis la première semaine de guerre
Mardi, Moscou a tiré plus de 80 missiles de longue portée sur différentes installations énergétiques ukrainiennes. Pour le service de renseignement du ministère britannique de la Défense, il s’agit de la plus importante opération menée en une seule journée depuis la première semaine de guerre
L’Europe soulagée d’avoir évité l’escalade, l’OTAN s’interroge sur la protection de son flanc est
Varsovie a fini elle-même par le reconnaître. L’explosion qui a touché, mardi 15 novembre, un bâtiment agricole dans le village polonais de Przewodow, situé à 6 kilomètres de la frontière avec l’Ukraine, entraînant la mort de deux personnes, n’a pas été provoquée par un projectile russe mais par un missile « utilisé par la défense antimissile ukrainienne », a fait savoir, mercredi, le président polonais, Andrzej Duda.
« Rien, absolument rien, n’indique qu’il s’agissait d’une attaque intentionnelle contre la Pologne », a ajouté le dirigeant, évoquant « probablement un malheureux accident ». Mais des questions subsistent.
La Russie mène une « campagne de terreur » en Ukraine, selon le Pentagone
La Russie a « échoué » sur tous les fronts dans sa guerre contre l’Ukraine, a affirmé mercredi le chef d’état-major américain, le général Mark Milley. « Les Ukrainiens ont connu succès après succès, après succès. Et les Russes ont échoué à chaque fois. Ils ont perdu sur le plan stratégique, opérationnel et, je le répète, tactique », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse aux côtés du secrétaire à la défense, Lloyd Austin.
Citant les multiples échecs des Russes, dont le récent retrait de la ville de Kherson, le général américain a déploré que Moscou ait décidé d’engager « une campagne de terreur, une campagne visant à infliger le maximum de souffrance à la population civile ukrainienne, afin de leur casser le moral ».
La Russie a mené mardi des frappes massives sur les infrastructures civiles ukrainiennes dans tout le pays, y compris près de la frontière polonaise, qui ont laissé des millions de foyers sans électricité, selon Kiev. Le plus haut gradé américain a estimé qu’environ « un quart » de la population ukrainienne était sans électricité en raison de ce barrage de missiles, au moins « une soixantaine, voire jusqu’à 90 ou 100 », a-t-il dit en parlant de la « plus grosse vague de missiles » tirés sur l’Ukraine depuis le début de l’invasion russe, le 24 février.
« La panne d’électricité d’hier [mardi] montre clairement que la situation en matière de sûreté et de sécurité nucléaires en Ukraine peut soudainement empirer, ce qui accroît le risque d’une urgence nucléaire », a déclaré à ce sujet, dans un communiqué, Rafael Grossi, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). « Cibler délibérément le réseau électrique civil, provoquant des dommages collatéraux excessifs et la souffrance inutile de la population civile, est un crime de guerre », a affirmé le général Milley.
« La probabilité d’une victoire militaire ukrainienne, expulsant les Russes de tout l’Ukraine (…), la probabilité que cela se passe de sitôt n’est pas très élevée militairement », a-t-il ajouté. A l’approche de l’hiver et le probable gel des positions militaires sur le champ de bataille, cela pourrait représenter une occasion pour l’ouverture de discussions, a encore relevé le général américain. « Les Russes sont vraiment dans une mauvaise passe, donc vous voulez négocier à un moment où vous êtes en position de force et votre adversaire en position de faiblesse », a-t-il ajouté.
Des chambres de torture à Kherson
Le service de sécurité de l’Ukraine a annoncé mercredi soir la découverte d’une « autre chambre de torture des occupants russes » à Kherson, la ville du sud de l’Ukraine libérée récemment après plus de huit mois d’occupation. « Les Russes y ont gardé des patriotes locaux qui refusaient de coopérer avec l’ennemi dans des conditions inhumaines. Les habitants de Kherson ont été interrogés et brutalement torturés », a expliqué cette source.
Le ministre des affaires intérieures ukrainien, Denys Monastyrsky, a dit mercredi soir que 436 procédures avaient été ouvertes après la découverte dans cette région d’éléments pouvant être qualifiés de crimes de guerre, notamment onze sites d’emprisonnement dont « quatre » ayant des traces de salles de torture.
Jusqu’à présent, « 63 corps » ont été retrouvés « mais les recherches ne font que commencer et beaucoup plus de sites de torture et de mises en terre seront découverts », a-t-il relevé, selon le site du gouvernement ukrainien.
Bientôt le verdict du procès du crash du vol MH17Faisons un pas de côté, direction l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol. C’est de là qu’avait décollé un Boeing 777 de la Malaysia Airlines le 17 juillet 2014, à destination de Kuala Lumpur. Nom du vol : MH17. L’avion avait été abattu au-dessus de l’est de l’Ukraine, faisant 298 morts. C’est aujourd’hui qu’est attendu le verdict du tribunal installé à proximité de l’aéroport.
Mais les trois suspects, les Russes Igor Guirkine, Sergueï Doubinski et Oleg Poulatov ainsi que l’Ukrainien Leonid Khartchenko, ne seront cependant pas présents dans la salle d’audience. Toujours en liberté, ils ont refusé d’assister au procès, qui a duré deux ans et demi. Selon l’accusation, ils faisaient partie des forces séparatistes soutenues par le Kremlin et ont joué un rôle clé dans l’acheminement du système de missiles BUK en Ukraine depuis une base militaire en Russie, même s’ils n’ont pas appuyé sur la gâchette. Moscou a nié toute implication dans le drame.
En désaccord avec Washington et l’Otan, Zelensky maintient que le missile était « russe »
Kiev a réaffirmé mercredi que le missile ayant tué deux personnes la veille dans un village polonais près de la frontière avec l’Ukraine était « russe », contredisant l’Otan et Washington qui accréditent plutôt la thèse d’un missile de défense ukrainien. « Je n’ai aucun doute que ce missile n’était pas à nous », a déclaré mercredi soir le président ukrainien Volodymyr Zelensky à la télévision tout en soulignant que Kiev voulait faire partie d’un groupe d’enquête international sur cet incident.
« Je crois que c’était un missile russe, conformément au rapport des militaires » ukrainiens, a-t-il ajouté alors que les responsables de l’Otan ont estimé qu’il s’agissait probablement d’un missile du système ukrainien de défense antiaérienne. Il a ensuite réclamé l’accès des experts ukrainiens à « toutes les données » des Occidentaux et au site de l’explosion du missile tombé en Pologne. « Nous voulons établir tous les détails, chaque fait ».
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