Des bombardements ont ciblé jeudi matin à l’aube les régions de Kharkiv et Odessa, l’est, le sud mais aussi l’ouest de l’Ukraine, ont annoncé les autorités locales. « L’ennemi a effectué une quinzaine de frappes sur la ville et la région » de Kharkiv, a notamment déclaré le gouverneur régional Oleh Synehoubov, sur les réseaux sociaux. « Les occupants ciblent une fois encore des installations essentielles », a-t-il ajouté.
« Selon les premières informations, un immeuble résidentiel privé de la région de Kharkiv a été touché », a ajouté M. Synehoubov, annonçant des précisions « claires » sur d’éventuelles victimes et l’ampleur des dégâts. Le maire de Kharkiv, Ihor Terekhov, a rapporté que « l’infrastructure énergétique » avait été visée et qu’il y avait des « problèmes » d’électricité dans certaines parties de la ville.
Dans la région d’Odessa, dans le Sud, le gouverneur Maksym Martchneko a rapporté que « des missiles ont frappé l’infrastructure énergétique régionale et endommagé des bâtiments résidentiels », parlant d’une « frappe massive de missiles ». « Heureusement, il n’y a pas eu de victimes », a-t-il déclaré, ajoutant que des « restrictions d’approvisionnement en électricité » avaient été mises en place.
La défense aérienne fonctionnait également dans la région de Kiev, selon l’administration militaire locale. Dans l’Ouest, le gouverneur de la région de Khmelnytskyi, Serhi Hamali, a exhorté les habitants à « rester dans les abris », car « l’ennemi frappe les infrastructures essentielles du pays ».
Un bombardement russe fait quatre morts dans la région de Lviv
Une frappe aérienne a tué au moins quatre civils – deux hommes et deux femmes − dans la région occidentale de Lviv, tôt jeudi matin, a annoncé le gouverneur militaire régional, en pleine nouvelle vague de bombardements sur l’Ukraine.
Un missile russe est tombé sur un quartier résidentiel dans le district de Zolotchiv, détruisant trois maisons, a précisé le gouverneur, Maksym Kozytsky, sur Telegram. « Les débris sont en train d’être déblayés, d’autres personnes peuvent être en dessous », a-t-il ajouté.
Explosions à Kiev, au moins deux blessés
« Explosions dans le quartier Holossiïvskyi de la capitale. Tous les services se rendent sur place », a déclaré le maire de Kiev, Vitali Klitschko, sur Telegram, à propos de ce quartier du sud de la ville. Il a également mentionné une explosion dans le quartier de Sviatochynsky, où au moins deux personnes ont été blessées et hospitalisées.
Zelensky dénonce de « misérables tactiques »
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé jeudi les « misérables tactiques » russes après une nouvelle vague de frappes massives qui ont visé la capitale et neuf régions de son pays. « L’ennemi a lancé 81 missile en tentant à nouveau d’intimider les Ukrainiens, utilisant à nouveau ses misérables tactiques », a lancé le président sur Telegram. Les attaques ont visé Kiev et neuf régions dans le centre, le sud et l’ouest du pays, a-t-il ajouté.
Kharkiv privée d’électricité, d’eau et de chauffage
La ville de Kharkiv, dans l’est de l’Ukraine, s’est retrouvée jeudi matin sans électricité, ni eau ni chauffage à la suite des bombardements russes massifs ayant touché des infrastructures essentielles, a annoncé son maire, Ihor Terekhov.
« Il n’y a plus d’électricité dans toute la ville », a-t-il déclaré à la télévision : « Les transports électriques ne fonctionnent pas. Il n’y a pas de chauffage et d’approvisionnement en eau, en raison du manque de tension dans le réseau électrique. »
La centrale nucléaire de Zaporijia « sans électricité » à la suite d’une frappe russe
Le centrale nucléaire de Zaporijia, dans le sud de l’Ukraine, occupée par l’armée russe, a été coupée du réseau électrique ukrainien à la suite d’un bombardement russe, a affirmé jeudi l’opérateur nucléaire ukrainien, évoquant un risque d’accident.
« La dernière ligne de communication entre la centrale nucléaire occupée de Zaporijia et le réseau électrique ukrainien a été coupée à cause d’attaques de roquettes » russes, a expliqué dans un communiqué Energoatom, précisant que des générateurs diesel de secours avaient été enclenchés pour assurer l’alimentation minimale de la centrale.
L’Ukraine dit avoir abattu 34 missiles russes sur 81
L’Ukraine a abattu 34 missiles sur 81 et quatre drones lancés par la Russie lors d’une nouvelle vague de bombardements massifs contre ses « infrastructures essentielles », a annoncé jeudi le commandant en chef des forces armées ukrainiennes.
La défense antiaérienne ukrainienne a réussi à abattre « 34 missiles » sur 81 ainsi que quatre drones explosifs Shahed de fabrication iranienne sur huit, a détaillé le général Valeri Zaloujny sur Telegram.
A Kiev, 40 % des usagers privés de chauffage
Presque une moitié des Kiéviens n’ont plus de chauffage jeudi matin, à la suite de frappes massives russes sur l’Ukraine, a annoncé l’administration militaire de la capitale. « Des coupures d’électricité d’urgence ne permettent pas d’assurer le chauffage de 40 % des consommateurs de Kiev », a déclaré l’administration sur le réseau Telegram.
La Russie a annoncé jeudi avoir mené des frappes « massives » en Ukraine « en représailles » à une récente incursion sur son territoire qu’elle impute à des « saboteurs » de Kiev.
« En réponse aux actes terroristes du régime de Kiev dans la région (russe) de Briansk le 2 mars, les forces armées de la Fédération de Russie ont mené des frappes de représailles massives », a déclaré dans un communiqué le ministère russe de la Défense, affirmant que des missiles hypersoniques « Kinjal » (« poignard », en russe) avaient notamment été utilisés.
L’interruption de l’alimentation électrique, rétablie jeudi à la mi-journée, a nécessité d’avoir recours aux générateurs diesel de secours pour refroidir la centrale, « ce qui a beaucoup augmenté le risque d’un accident nucléaire au cours des dernières heures », a déploré Josep Borell en marge d’une réunion européenne à Stockholm.
« Les prochaines séries de consultations sont prévues le 13 mars à Genève, auxquelles participera la délégation interministérielle russe » avec « des représentants de l’ONU », a déclaré la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, lors d’un point-presse.
L’alimentation électrique a été « rétablie » à la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporojie, occupée par les troupes de Moscou et qui avait été coupée du réseau plus tôt jeudi après une frappe russe, a annoncé l’opérateur électrique ukrainien.
« Les spécialistes d’Ukrenergo ont rétabli l’alimentation électrique à la centrale nucléaire de Zaporojie, interrompue par les frappes de missiles d’aujourd’hui », a indiqué Ukrenergo dans un communiqué publié sur Telegram.
« On joue avec le feu »
Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) Rafael Grossi a tiré une nouvelle fois la sonnette d’alarme après une frappe russe sur la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporojie (sud), qui fonctionne désormais aux générateurs de secours.
« A chaque fois on joue avec le feu et si nous permettons à cette situation de se prolonger, un jour notre chance va tourner », a-t-il averti jeudi devant le Conseil des gouverneurs de l’instance onusienne à Vienne, appelant « chacun à s’engager à protéger la sécurité » du site, via la création d’une zone spéciale.
« Les autorités compétentes enquêtent sur ces informations », a réagi le gouvernement sur Facebook, tandis que le Premier ministre Dorin Recean a affirmé « ne pas avoir confirmation » et se dit prêt à « répondre à toute provocation ».
Les services de sécurité ukrainiens (SBU) ont dénoncé jeudi comme une « provocation orchestrée par le Kremlin » les allégations des autorités de la Transdniestrie, une région séparatiste prorusse de Moldavie, qui ont affirmé avoir déjoué un attentat imputé à Kiev.
« Toute déclaration (…) de la fausse République populaire de Transdniestrie concernant la participation du SBU à la préparation d’un attentat terroriste doit être considérée exclusivement comme une provocation orchestrée par le Kremlin », ont indiqué les services ukrainiens sur Telegram.
« L’endroit où l’acte terroriste devait avoir lieu montre que l’objectif était d’abord l’élimination des dirigeants de l’Etat et (…) de faire un grand nombre de victimes, étant donné que l’acte terroriste devait avoir lieu dans le centre de Tiraspol où de nombreux citoyens devaient être rassemblés », a affirmé, selon les agences russes, le procureur de Transdniestrie, Anatoli Gouretski.
La Pologne avait promis fin janvier d’envoyer 14 chars Lepoard 2 au total à Kiev et quatre premiers avaient déjà été livrés le 24 février, jour anniversaire de l’invasion russe. « En plus des 14 chars polonais Leopard, il y a aussi huit chars canadiens dans ce bataillon, huit chars norvégiens et aussi six chars espagnols », a précisé le ministre.
Affirmant que les clauses du pacte devant profiter à la Russie n’étaient « pas du tout » appliquées, M. Lavrov a déclaré que « si l’accord est appliqué à moitié, alors la question de son extension devient plutôt compliquée ». Cet accord céréalier, vital pour l’approvisionnement alimentaire mondial, expire le 18 mars prochain.
Le Kremlin s’est dit jeudi « préoccupé » par les manifestations qui ont secoué cette semaine la Géorgie, tout en assurant n’avoir « rien à voir » avec un projet de loi jugé répressif qui a déclenché la colère des protestataires à Tbilissi. « La situation là-bas ne peut que nous préoccuper. Bien entendu, il est important pour nous que la paix règne le long de nos frontières », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
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