Paris, dimanche 6 avril. Tandis que le Rassemblement national (RN) tenait un meeting place Vauban en soutien à Marine Le Pen, plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés place de la République pour défendre l’indépendance de la justice et s’opposer à la montée de l’extrême droite. À l’appel de La France insoumise (LFI) et des Écologistes, ce rassemblement visait à dénoncer les attaques du RN à l’encontre du pouvoir judiciaire, sur fond de condamnation récente de sa cheffe de file.

Des slogans pleins d’ironie contre la ‘’victimisation’’ du RN
Dans une atmosphère printanière et engagée, les manifestants ont déployé pancartes et slogans incisifs. L’une d’elles, brandie par une petite fille, résumait le ton général : ‘’Marine, quand on fait une bêtise, on est puni.’’
Une autre affiche fustigeait l’attitude du RN après la décision de justice : ‘’Qui accusait les juges de laxisme ? Qui voulait l’inéligibilité à vie ? La Marine sombre dans le déni.’’
Un contexte politique tendu
Cette mobilisation intervient au lendemain de la condamnation de Marine Le Pen pour détournement de fonds publics, assortie d’une peine d’inéligibilité immédiate de cinq ans. Une décision qui pourrait l’écarter de l’élection présidentielle de 2027. En réaction, le RN a dénoncé une « tyrannie des juges », une formule qui a indigné les manifestants.
« Le Rassemblement national montre son vrai visage : celui d’un parti dangereux pour la démocratie, qui s’en prend aux juges quand les décisions ne lui conviennent pas », a déclaré Manuel Bompard, coordinateur national de LFI, lors d’une prise de parole.
Une riposte populaire en construction
« Face à ce meeting du RN, il était impensable de ne pas répondre dans la rue », a affirmé Bompard, évoquant une série d’initiatives à venir, notamment une grande mobilisation prévue le 1er mai. Il a également rappelé l’hypocrisie du RN : « Pendant des années, ils disaient “mains propres, tête haute”. Aujourd’hui, ce sont les mains sales et la tête basse. »
Une nouvelle mobilisation pour la défense de l’État de droit est aussi annoncée samedi prochain, à l’appel d’associations et de syndicats tels que SOS Racisme, la CGT ou la Ligue des droits de l’Homme.
Une gauche encore divisée mais inquiète
Malgré l’urgence du moment, le rassemblement n’a pas réussi à fédérer l’ensemble de la gauche. Le Parti socialiste (PS) et le Parti communiste français (PCF) ont décliné l’invitation. Une absence regrettée par Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes : « Je ne comprends pas totalement leurs arguments. Mais la gauche n’est pas une caserne : chacun a sa sensibilité. »
Des citoyen inquiets et mobilisés
Parmi les manifestants, de nombreux citoyens non encartés. Iris Besnainou, venue seule, confie : « J’ai besoin de voir qu’on se rassemble. Ce qui se passe me fait peur, ça m’empêche de dormir. Si je peux, je reviendrai manifester la semaine prochaine. »
Thomas Le Faouder, sympathisant de gauche, explique sa présence par un besoin de « soutenir la République face aux attaques de l’extrême droite », tandis que Marie, 62 ans, s’inquiète « pour [ses] petits-enfants ».
Un rassemblement multicolore, entre espoirs et colères
Drapeaux des Écologistes, de LFI, du NPA, mais aussi tricolores ou palestiniens, flottaient au-dessus de la foule. Ces derniers annonçaient une manifestation en soutien à Gaza prévue dans la continuité de l’événement.
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