Des milliers de manifestants se sont rassemblés à Paris ce dimanche 6 avril, place de la République, pour dénoncer les crimes de guerre perpétrés à Gaza et exprimer leur solidarité avec le peuple palestinien. Jamais la situation n’a été aussi dramatique : des enfants démembrés, des familles brûlées vives sous les bombes, des hôpitaux transformés en salles de torture faute de matériel et d’anesthésiques. Face à ce que beaucoup qualifient désormais de génocide à ciel ouvert, l’indignation monte, puissante, déterminée.

« On ne peut plus vivre dans une société où le massacre d’un peuple devient une routine silencieuse », ont témoigné les manifestants. « C’est une question de dignité humaine. », rappelle la foule.
Une mobilisation exceptionnelle face à une tragédie insoutenable
Ces milliers d’hommes et de femmes libres, viennent crier leur colère : « Ce n’est pas une guerre, c’est un génocide ! » La première, juriste, constate une prise de conscience massive, notamment sur les réseaux sociaux. « L’émotion déborde. L’engagement explose. »

Une convergence des luttes
Aux côtés des drapeaux palestiniens flottaient ceux des antifascistes, du NPA, des indépendantistes kanaks… Une pluralité de voix unies autour d’une même cause : la justice et la fin de toutes les formes d’oppression. Omar Alsoumi résume : « Ce n’est pas un mélange incohérent. On se bat tous contre l’impérialisme et la colonisation. Nous résistons encore. Gaza résiste au génocide. »

Les slogans, portés par les chants et les fumigènes colorés, résonnaient puissamment :
– « Le peuple veut la libération de la Palestine »
– « Salut de la France à la Palestine fière »
– « À Gaza comme à Rafah, c’est l’humanité qu’on assassine »
– « Tout l’occident coupable »
– « de paris à Gaza, on est là, on est là »
– « Libérez la Palestine »
Netanyahou vivement dénoncé, la rue réclame la fin de l’agression
Sous les cris puissants de ‘’Le peuple veut la libération de la Palestine’’, des manifestants ont exprimé, avec force et indignation, leur solidarité avec le peuple palestinien, dénonçant fermement les violences en cours à Gaza.
Dans une ambiance lourde d’émotion et de colère, les participants ont qualifié le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, de « criminel », l’accusant de porter la responsabilité des crimes de guerre perpétrés contre la population civile palestinienne.

Des revendications légitimes et unanimes
Les manifestants ont également exigé la levée immédiate du blocus imposé à la bande de Gaza, dénonçant ce qu’ils considèrent comme une stratégie de punition collective inhumaine, ayant plongé des millions de Palestiniens dans la famine, le dénuement et l’insécurité permanente.
Des pancartes brandies appelaient à “mettre fin à l’affamement systématique des Gazaouis” et à “stopper les massacres” perpétrés sous les bombes. Plusieurs intervenants ont rappelé que des milliers de civils, dont une majorité de femmes et d’enfants, ont péri depuis le début de l’offensive, dénonçant le silence complice de la communauté internationale.
« Nous sommes ici pour dire non à l’impunité, non à la barbarie, non à l’occupation. Ce que subit le peuple palestinien est une tragédie humaine qui doit cesser immédiatement », a déclaré Sonia une participante au nom de deux collectifs des enseignants avec Gaza et des journalistes-reporters Solidaires, appelant au respect des sanctions internationales contre le gouvernement israélien et à l’application des décisions de CIJ pour crimes contre l’humanité.
Une émotion collective profonde

Parmi les manifestants, une majorité de jeunes, marqués par l’horreur, l’injustice et par la position de la France, loin d’être à la hauteur des enjeux. Imane Maarifi, infirmière et humanitaire engagée, avoue : « Cela fait dix-huit mois que j’espère une accalmie. Mais chaque jour dépasse l’horreur de la veille. Être ici ne console pas, mais ça rassure. On n’est plus seuls face à l’inhumain. »
« Gaza m’habite désormais » – Témoigne-t-elle à notre micro: « j’ai eu l’immense honneur de participer à la toute première mission humanitaire autorisée à se rendre à Gaza, le 21 janvier 2024. Nous sommes restés sur place pendant quinze jours. Quinze jours au cours desquels j’ai été profondément marquée, nourrie par les récits, les douleurs, les espoirs parfois – mais surtout par la souffrance de tout un peuple, et celle, poignante, de l’enfance.
Ce que j’ai vu, ce que j’ai vécu, ne m’a pas quittée. Cette mission m’a donné la force et la conviction de m’exprimer, chaque jour, pour la libération de ce peuple, pour sa souveraineté, pour qu’une vie palestinienne vaille enfin autant que n’importe quelle autre vie humaine. Car c’est bien cela, au fond, que je défends : une égalité fondamentale, évidente, entre tous les êtres humains. Et je ne pense pas que ce soit une demande si compliquée.
Je ne savais pas, avant tout cela, à quel point le racisme et l’injustice pouvaient encore être aussi profonds aujourd’hui. Mais heureusement, il existe encore des êtres humains éveillés, conscients de ce qui se joue là-bas. Ce n’est pas une affaire “compliquée” comme on l’entend souvent : c’est avant tout une question de justice, de dignité, de droits fondamentaux.
Et d’ajouter : ‘’Sortir de sa zone de confort pour comprendre’’
« Je demande à chacun et chacune de faire l’effort de sortir de sa zone de confort, de se renseigner, de se confronter à la réalité. Je sais que ce n’est pas facile – j’ai moi-même dû le faire. Quand j’ai tenté de retourner à Gaza, j’ai été bloquée. Une première fois, ma mission a été refusée trois jours avant le départ. Une seconde fois, alors que j’étais en Jordanie, avec un accord d’entrée validé quelques jours plus tôt, j’ai de nouveau été interdite de passage – cette fois quelques heures seulement avant d’atteindre la frontière. »
Elle insiste aussi : ‘’Un combat personnel, un refus de se taire’’
Tout cela, je le vis comme une forme de censure. Une sanction pour avoir pris position. Mais au lieu de m’affaiblir, cela me nourrit. Cela me renforce dans l’idée que si je suis empêchée, si l’on tente de me faire taire, c’est peut-être parce que je dis la vérité. Et cela me prouve une chose : je ne suis pas une figurante, pas un “clown”. Ma voix dérange, et tant mieux. Cela signifie qu’elle porte.
Alors non, je ne m’arrêterai pas. Rien ne pourra m’arrêter. Je continuerai à parler, à témoigner, à agir – pour Gaza, pour ses enfants, pour la justice et pour que chaque vie, là-bas comme ici, ait la même valeur.
Omar Alsoumi, activiste Palestinien et aussi qu’il fait parti de urgence Palestine l’un des plus grand mouvement en France et organisateur : ‘’Le silence des gouvernants, une fracture sociale’’

Dans les rangs, la colère est aussi dirigée vers le gouvernement français. Emmanuel Macron est vivement critiqué pour son inaction et son refus de reconnaître l’État palestinien. Omar Alsoumi, dénonce encore : « Ce n’est pas de l’émotion, c’est une exigence morale. La France est complice par son silence. Les masques sont tombés, Macron, l’industrie de l’armement, les médias français qui soutiennent, toute honte pu, un génocide qui est en train d’anéanti, de détruire le peuple Palesténien. »
Et d’ajouter, ‘’La Palestine, fer de lance d’une révolution anticoloniale : un appel à l’unité des peuples’’ :

« Aujourd’hui, la Palestine incarne le fer de lance d’une grande révolution anticoloniale. Mais le chemin reste long, semé d’embûches, et l’Occident révèle désormais son vrai visage : il s’agrippe à ses privilèges, s’accroche à un pouvoir injuste, et s’aligne sans honte sur les forces de l’oppression.
C’est à nous, peuples libres, à travers le monde, des rives de la Méditerranée aux pays du monde arabe, d’être la voix du peuple palestinien, de descendre massivement dans les rues, et de dénoncer la complicité active de la France, de l’Union européenne et des États-Unis dans ce génocide en cours.
Aujourd’hui, nous étions à Paris, mais demain — demain, nous serons ensemble, unis, dans toutes les capitales du monde, pour marcher devant les ambassades sionistes, devant les ambassades américaines, devant toutes les représentations diplomatiques complices. Il faut se faire entendre. Il faut les faire reculer. Il faut les faire fermer. Nous devons être plus forts, plus déterminés, plus organisés et plus nombreux.
À nos frères et sœurs mobilisés aujourd’hui en Algérie, nous disons : nous sommes avec vous de tout cœur. Nous attendons le jour où seront ouverts des bureaux dans chaque pays du monde arabe, pour que les volontaires puissent rejoindre la grande marche vers la libération de la Palestine, pour que chacun puisse prendre sa place dans la résistance légitime du peuple palestinien.
Nous attendons aussi que tous les gouvernements arabes passent de la parole aux actes, qu’ils se positionnent fermement aux côtés du peuple palestinien, non plus seulement par des discours, mais par des actions concrètes, solidaire et courageux.
Nous savons que le cœur du peuple algérien ne bat que pour une seule cause : celle de Jérusalem, de la résistance, de la dignité, et de la lutte pour la libération.
Aujourd’hui, nous marchons sur le chemin des martyrs, celui des Moudjahidines, celui de l’indépendance, celui que connaissent bien les peuples ayant conquis leur liberté dans la douleur et le sang. Ce chemin est difficile, il est douloureux, mais il est juste.
Hommage à tous les martyrs d’Algérie, à tous les moudjahidines, à leurs enfants, à leurs petits-enfants. Car nous sommes un seul corps, un seul front, en lutte contre l’agression sioniste, contre l’impérialisme israélo-américain.
Et nous ne céderons pas. »
Samia,journaliste, représentante des collectifs d’enseignants pour Gaza et du collectif journalistes-reporters pour Gaza : ‘’Ils n’ont même pas eu le temps de vivre” : un appel poignant à la justice pour les enfants palestiniens tués’’

L’oratrice a dressé un tableau glaçant du drame en cours : 18 000 enfants ont été tués, dont 11 % étaient des bébés de 0 à 1 an. Ces nourrissons n’auront jamais l’occasion de faire leurs premiers pas, de prononcer leur premier mot ou de sourire à la vie. Ils ont été privés de tout… car l’occupation les a tués.
21 % des victimes étaient âgées de 1 à 5 ans. Ces tout-petits, à l’âge de la découverte et des premiers apprentissages, n’ont pas eu la chance de jouer sous le regard tendre de leurs parents. Ils ont été fauchés avant même de comprendre le monde, privés de grandir, de rêver, de vivre… car l’occupation les a tués.
26 % avaient entre 6 et 10 ans, l’âge de l’école, des histoires à apprendre, des copains à retrouver. Pour eux, pas de rentrée scolaire, pas de cartable ni de cahier. Leurs chemins vers le savoir et l’espoir ont été anéantis, car l’occupation les a tués.
23 % des enfants assassinés avaient entre 11 et 14 ans. Eux avaient déjà survécu à trois guerres successives, durant lesquelles ils ont vu des proches, des voisins, des amis mourir. Aujourd’hui, ils ne sont plus là. Ils ont été engloutis par ce génocide silencieux qui leur a ôté la possibilité de devenir adulte… car l’occupation les a tués.
19 % étaient des adolescents entre 15 et 17 ans, à l’aube de leurs rêves et de leurs ambitions. Leur diplôme ne leur sera jamais remis, leurs projets ne verront jamais le jour. Leurs vies ont été interrompues avant même de commencer, car l’occupation les a tués.
Face à ces chiffres insoutenables, nous exigeons justice.

Pour ceux qui survivent encore, sous les décombres, dans l’exil forcé, la faim, les maladies, les bombardements incessants — nous réclamons une protection internationale immédiate. Si nous échouons encore, alors plus jamais nous ne pourrons parler des droits de l’enfant sans honte, plus jamais nous ne pourrons nous regarder dans un miroir sans détournement.
Nous demandons l’arrêt immédiat des bombardements, la fin des déplacements forcés, la levée de l’occupation, et la libération de tous les prisonniers, dont de nombreux mineurs.
Nous rendons également hommage aux journalistes qui, au prix de leur vie, ont permis de documenter cette tragédie. Plus de 225 d’entre eux ont été délibérément ciblés et massacrés pour que la vérité nous parvienne. C’est à nous de leur faire honneur en ne cédant rien, en continuant de dénoncer, d’agir, de résister.
Ce génocide doit cesser. La communauté internationale, y compris les coalitions militaires, doit intervenir immédiatement.
Nous ne baisserons pas les bras. Nous continuerons d’agir, chaque jour de l’année, et pas seulement lors des manifestations. Parce que la dignité, la justice et la vie des enfants ne peuvent attendre.

Une cause qui dépasse les clivages
Ce qui frappe, c’est la diversité des profils présents jeunes et anciens, croyants et athées, militants politiques, syndicalistes, simples citoyens. Tous réunis pour dénoncer l’inhumanité et l’inaction internationale. Cette mobilisation évoque les grands soulèvements populaires de l’histoire française, lorsqu’un peuple choisit de ne pas se taire.
Les organisateurs ont salué cette union, y voyant un message fort adressé aux autorités françaises et internationales : les peuples ne resteront pas passifs face au massacre de Gaza. Ils ont également appelé à intensifier les actions, promettant des rassemblements quotidiens jusqu’à ce que justice soit rendue.

Une solidarité enracinée dans les consciences
Au-delà de l’événement, cette manifestation témoigne d’un engagement profond pour de nombreux participants, la cause palestinienne n’est pas une actualité passagère, mais un symbole universel de dignité, de résistance et d’espoir. Elle touche au cœur de ce que signifie être humain, être libre, et refuser l’indifférence face à l’horreur.

Georges Ibrahim Abdallah : 40 ans de détention, des voix s’élèvent pour sa libérationDes manifestants ont une nouvelle fois réclamé, avec insistance, la libération de Georges Ibrahim Abdallah, détenu en France depuis 1984. Ils ont appelé les autorités françaises à faire preuve d’humanité, dénonçant une détention à caractère politique et une “raison d’État” qui bafoue les principes de justice.
Âgé de 72 ans, ce militant libanais, fondateur des Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL) — un groupuscule proche du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) de Georges Habache — est libérable depuis 1999. Pourtant, malgré onze demandes de libération conditionnelle, toutes ont été rejetées, soit en première instance, en appel ou en cassation. Les autorités judiciaires françaises avancent notamment l’absence de repentir, le refus d’indemniser les familles des victimes (un diplomate américain et un militaire israélien assassinés en 1982), ainsi que les risques que représenterait son retour au Liban !
Mais ces justifications ne convainquent pas les défenseurs de Georges Abdallah, qui dénoncent l’ingérence politique dans une affaire judiciaire. En 2013, la justice française avait pourtant accordé sa libération conditionnelle, à la condition d’une expulsion immédiate vers le Liban. Le ministre de l’Intérieur de l’époque, Manuel Valls, avait alors bloqué la procédure en refusant de signer l’arrêté d’expulsion, mettant en échec la décision de justice.
Pour les manifestants, cette situation constitue une grave entorse à la séparation des pouvoirs, et s’oppose aux valeurs démocratiques que la France prétend incarner. Ils n’ont pas manqué de souligner le paradoxe de la position française, qui appelle aujourd’hui avec vigueur à la libération de certains détenus à l’étranger, comme Sensal, tout en refusant depuis un quart de siècle de libérer Georges Abdallah, pourtant admissible à une sortie conditionnelle.
À travers ce combat, les militants dénoncent non seulement l’acharnement judiciaire, mais aussi l’alignement de la France sur les injonctions américaines, qui ont régulièrement fait pression pour empêcher toute libération du détenu, considéré comme une figure emblématique de la cause palestinienne.
les commentaire
**mitolyn**
Mitolyn is a carefully developed, plant-based formula created to help support metabolic efficiency and encourage healthy, lasting weight management.