Le « Paracétamol Challenge » est un phénomène viral dangereux qui inquiète de plus en plus les autorités éducatives. Dans une circulaire officielle adressée à l’ensemble des directions de l’Éducation à travers le pays, le ministère de l’Éducation nationale alerte sur l’irruption de comportements perturbateurs dans les établissements scolaires, en particulier ce défi insensé qui met en péril la santé des élèves. Loin d’être une simple affaire de discipline, cette tendance révèle une crise plus profonde liée à l’emprise des réseaux sociaux et à la banalisation des comportements à risque. L’espace scolaire se retrouve ainsi transformé en terrain d’expérimentation de défis potentiellement mortels.
Ce challenge, qui cible les enfants et les adolescents, consiste à ingérer de fortes doses de paracétamol dans le but absurde d’être hospitalisé le plus longtemps possible. Des cas d’intoxications volontaires ont été rapportés, notamment par les médias français, évoquant des hospitalisations provoquées par ces ingestions massives. Bien que signalé à l’étranger depuis plusieurs années – des articles lui ont été consacrés dès 2015 –, ce phénomène connaît aujourd’hui un regain d’intérêt dangereux chez les jeunes.
Pour les spécialistes, ce comportement constitue un risque médical majeur. Le paracétamol, bien que courant et accessible, peut devenir hautement toxique en cas de surdosage. Il est notamment responsable de graves atteintes hépatiques, irréversibles dans certains cas, pouvant conduire à une greffe du foie. Il représente d’ailleurs la première cause de transplantation hépatique d’origine médicamenteuse dans le monde. La toxicité du paracétamol résulte soit d’une ingestion unique supérieure aux doses maximales recommandées, soit d’une répétition des prises à des intervalles trop courts. Les doses autorisées varient en fonction du poids et de l’âge de l’enfant, et sont indiquées sur les notices ou prescrites par les médecins.
En cas de surdosage, les symptômes peuvent être invisibles dans un premier temps, laissant penser qu’il n’y a pas de danger. Pourtant, dans les 24 premières heures, des signes tels que nausées, vomissements, douleurs abdominales, perte d’appétit ou sueurs abondantes peuvent apparaître. À un stade plus avancé, des lésions graves du foie, des reins ou du pancréas peuvent survenir. Face à une telle situation, il est crucial de contacter immédiatement un centre antipoison ou un service d’urgence, car un traitement antidote existe mais doit être administré rapidement.
En Algérie, le paracétamol est délivré sans ordonnance, ce qui accentue les risques d’accès non encadré par les jeunes. C’est pourquoi un appel à une vigilance accrue de la part des pharmaciens, leur rappelant que la dispensation de médicaments aux mineurs est strictement encadrée par la loi. Sauf exception, aucune boîte ne doit être délivrée à un enfant ou à un adolescent. Lors de la vente à un adulte, les professionnels doivent impérativement rappeler les doses maximales à respecter, les risques liés au surdosage et l’importance de garder ces médicaments hors de portée des enfants.
Face à cette nouvelle forme de mise en danger volontaire, il est essentiel de renforcer la sensibilisation dans les écoles, auprès des familles et des professionnels de santé. Une mobilisation collective est nécessaire pour alerter, informer, et prévenir ces comportements déviants qui mettent gravement en péril la santé et la vie des plus jeunes.
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