La Grande Mosquée de Paris a fermement condamné l’assassinat de Hicham Miraoui, ressortissant tunisien abattu samedi à Puget-sur-Argens, dans le sud de la France. Elle qualifie ce crime de « terroriste, raciste et profondément islamophobe », appelant à une prise de conscience nationale face à la montée des discours de haine.
Dans un communiqué diffusé mardi, le recteur Chems-Eddine Hafiz a dénoncé une « violence inqualifiable » et salué l’ouverture d’une enquête confiée au Parquet national antiterroriste. Il a exigé que toute la lumière soit faite sur les circonstances du drame et les motivations du tireur. Le suspect a tué son voisin tunisien par balles et blessé un jeune homme turc de 25 ans, touché à la main.
« Ce meurtre lâche témoigne d’une haine insoutenable », a ajouté le recteur, exprimant sa solidarité à la famille de la victime ainsi qu’à la communauté tunisienne de France.
Ce nouvel acte survient quelques semaines après l’assassinat d’Aboubakr Sissoko, poignardé dans une mosquée. « La même haine aveugle et barbare frappe à nouveau la France en 2025 », a déploré Chems-Eddine Hafiz. Il alerte sur la banalisation croissante des discours xénophobes, en particulier à l’égard des musulmans.
Le recteur a également fustigé « l’impunité » dont bénéficient certains propagateurs de haine dans les sphères politiques et médiatiques. Selon lui, ces discours préparent le terrain à « des passages à l’acte d’une extrême gravité ».
Selon le parquet de Draguignan, le suspect, un homme de 53 ans adepte du tir sportif, a ouvert le feu sur ses voisins. Il faisait l’objet d’une surveillance pour des publications à caractère raciste, diffusées avant et après l’attaque. Les éléments de l’enquête pointent vers un mobile clairement raciste, ce qui justifie la saisine du parquet antiterroriste.
La Grande Mosquée de Paris appelle à une réponse forte de l’État et à une mobilisation collective face à la montée de la haine raciale et religieuse en France.
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