Derniées informations
prev next

Los Angeles en état de siège : couvre-feu, affrontements et bras de fer politique sur fond de crise migratoire

Par Salim BENLEFKI.-- 11-Juin-2025 1

La situation dégénère à Los Angeles. Depuis cinq jours, la deuxième plus grande ville des États-Unis est secouée par une vague de violences urbaines sans précédent. Pillages, affrontements avec la police, interventions militaires : la métropole californienne est désormais sous couvre-feu, tandis qu’un bras de fer explosif oppose le président Donald Trump et le gouverneur démocrate Gavin Newsom.

Couvre-feu et répression musclée

Face aux violences nocturnes qui s’intensifient depuis le début des manifestations contre les expulsions massives de sans-papiers, la maire Karen Bass a décrété mardi soir un couvre-feu strict, de 20 heures à 6 heures du matin. Cette décision fait suite à une nouvelle vague de pillages : « 23 commerces ont été dévastés, des vitrines fracassées, des graffitis recouvrent les façades », a détaillé l’élue démocrate.

Malgré l’interdiction de circuler, plusieurs dizaines de manifestants ont bravé le couvre-feu. La police de Los Angeles (LAPD) a procédé à de nombreuses arrestations, évoquant des interpellations « massives ». Les heurts les plus violents ont éclaté à Little Tokyo, où des feux d’artifice ont été tirés sur les forces de l’ordre, qui ont riposté avec du gaz lacrymogène. Ailleurs, des groupes de manifestants ont temporairement bloqué les autoroutes.

Trump menace d’envoyer l’armée

Depuis une base militaire, Donald Trump a dénoncé ce qu’il qualifie de « chaos généralisé » et menace désormais de recourir à l’Insurrection Act, une mesure exceptionnelle permettant le déploiement de l’armée contre la population civile. « Nous ne permettrons pas à nos villes d’être envahies par des ennemis étrangers. Cette anarchie doit cesser immédiatement », a-t-il martelé.

Le président a déjà ordonné l’envoi de 700 Marines supplémentaires en soutien aux 4 000 membres de la Garde nationale déjà mobilisés, pour un coût estimé à 134 millions de dollars. Face aux critiques sur cette militarisation de la crise, Trump reste inflexible : « Ils resteront jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de danger ».

Gavin Newsom dénonce une dérive autoritaire

Mais face à cette escalade sécuritaire, le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, hausse le ton et accuse frontalement le président de menacer la démocratie américaine. Dans une allocution solennelle mardi soir, il a lancé :« La démocratie est attaquée. Sous nos yeux, le moment que nous redoutions est arrivé. Trump entreprend la démolition de notre projet historique, les trois branches égales d’un gouvernement indépendant qui n’ont plus aucun contrepoids. »

Gavin Newsom a dénoncé avec force la décision de Trump de fédéraliser la Garde nationale californienne, aggravant selon lui les tensions dans les rues de Los Angeles :

« Cet abus de pouvoir flagrant de la part d’un président a envenimé une situation explosive, mettant en danger notre population, nos agents et même notre Garde nationale. Il attise encore plus les flammes, et il le fait délibérément. »

Déjà pressenti pour l’élection présidentielle de 2028, Newsom affirme qu’en militarisant la gestion de la crise, Donald Trump franchit une ligne rouge institutionnelle inédite. Il qualifie la situation de « test historique pour la démocratie américaine ».

Comparaisons explosives avec le Capitole

L’opposition démocrate dénonce également l’hypocrisie flagrante du camp républicain. Interrogé sur la différence de traitement avec les émeutiers du Capitole le 6 janvier 2021, le président républicain de la Chambre, Mike Johnson, a sèchement balayé la comparaison : « Il y a une nette différence », a-t-il affirmé avant de suggérer, avec provocation, que Gavin Newsom « mériterait le goudron et les plumes ».

Un mouvement national qui gagne d’autres villes

Le soulèvement dépasse désormais largement Los Angeles. À New York, des milliers de personnes ont défilé dans le sud de Manhattan pour dénoncer la politique migratoire radicale du président. « Je suis ici pour défendre ceux qui n’ont pas de voix », a déclaré une jeune Américaine, fille de mère mexicaine sans-papiers. « Ce pays ne serait pas ce qu’il est sans les immigrés. »

Arrestations massives sous haute tension

Tandis que la nuit tombait à nouveau sur Los Angeles, la police confirmait poursuivre les arrestations. Le bras de fer reste entier. L’affrontement entre Donald Trump et Gavin Newsom pourrait bien devenir le symbole d’une fracture politique et institutionnelle majeure aux États-Unis.

les commentaire

Laisser un commentaire