L’ONU alerte sur la prolifération d’un phénomène amplifié par l’intelligence artificielle
Ce mercredi 18 juin, le monde célèbre la Journée internationale de la lutte contre les discours de haine, une date proclamée par l’Assemblée générale de l’ONU en 2021. Cette journée vise à sensibiliser aux dangers de la haine verbale, à promouvoir le dialogue interculturel et à renforcer la tolérance dans les sociétés.
Une menace en pleine expansion
L’ONU tire la sonnette d’alarme : les discours de haine se propagent plus vite que jamais, notamment en ligne. Leur expansion est facilitée par les plateformes numériques et les algorithmes qui amplifient ces messages toxiques. Racisme, xénophobie, islamophobie, antisémitisme ou misogynie : ces formes de haine ciblent les minorités, les réfugiés, les femmes, et d’autres groupes vulnérables.
Dans une déclaration, le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a mis en garde contre l’impact croissant de l’intelligence artificielle, qui contribue à diffuser les discours haineux à grande échelle. Il a dénoncé les algorithmes biaisés qui alimentent les préjugés et créent des espaces de harcèlement et de violence.
Une réponse globale nécessaire
Pour contrer ce phénomène, M. Guterres appelle à des partenariats à tous les niveaux : entre États, entreprises technologiques, société civile, responsables religieux et communautaires. Il invite également chacun à s’impliquer personnellement, en reconnaissant la haine, en refusant de la relayer et en la dénonçant.
Le Secrétaire général a rappelé l’importance du Pacte numérique mondial, adopté lors du Sommet de l’avenir fin 2024, qui vise à encadrer les pratiques numériques dans le respect des droits humains.
Les discours de haine, signes avant-coureurs de violence
Les discours de haine sont souvent les préludes à des discriminations, à des actes de violence, voire à des crimes contre l’humanité. Leur banalisation menace la paix, la sécurité et la cohésion sociale. L’ONU insiste sur l’importance de l’éducation, des médias responsables et des lois adaptées pour prévenir ces dérives.
Le drame d’Aboubakr Cissé : illustration tragique
En avril dernier, Aboubakr Cissé, un fidèle musulman, a été assassiné dans une mosquée du Gard, en France, par un extrémiste de droite. Le tueur a filmé son acte en hurlant des propos haineux. Ce crime, qualifié de raciste et islamophobe, a provoqué un choc profond dans la communauté musulmane et dans la société française.
De nombreuses voix, à gauche, ont dénoncé un climat de haine entretenu par certains responsables politiques. Le sénateur Ian Brossat a notamment accusé le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, d’avoir contribué à cette ambiance toxique par ses propos anti-musulmans. Le leader de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a aussi pointé du doigt un “climat islamophobe encouragé par le pouvoir”. Sa collègue députée Aurélie Trouvé a déclaré : “L’islamophobie tue. Il faut le dire. Et certains responsables politiques en sont à l’origine.”
Une journée pour agir, pas seulement pour réfléchir
Cette Journée internationale rappelle que le combat contre la haine est l’affaire de tous. Elle invite chacun à adopter des comportements respectueux, à valoriser les différences et à soutenir les initiatives qui œuvrent pour l’inclusion. Elle est aussi l’occasion de mettre en lumière les actions positives, dans l’éducation, les médias, la justice ou la politique, qui luttent contre les discours haineux.
Promouvoir le dialogue entre cultures et religions, défendre les droits humains, protéger les minorités et bâtir une société plus juste : tels sont les enjeux de cette mobilisation mondiale face à un fléau aux conséquences bien réelles.
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