Derniées informations
prev next

Gaza : une commission britannique interroge le cabinet américain BCG sur son rôle dans un projet d’aide controversé

Par S.B.-- 10-Juil-2025 0

BCG dans le viseur du Parlement britannique

La société américaine de conseil Boston Consulting Group (BCG) fait face à une demande officielle d’explications sur ses activités à Gaza. Liam Byrne, député travailliste et président de la commission des affaires et du commerce de la Chambre des communes, a adressé une lettre au PDG de BCG, Christoph Schweizer, lui demandant des éclaircissements complets sur le rôle du cabinet dans la création de la Fondation humanitaire pour Gaza (GHF), une structure critiquée pour son implication dans des incidents meurtriers.

Un projet entaché de soupçons graves

Selon une enquête du Financial Times, BCG aurait non seulement participé à l’estimation des coûts de relocalisation de la population gazaouie, mais aussi signé un contrat de plusieurs millions de dollars pour contribuer à la mise en place du GHF, soutenu par les États-Unis et Israël.

Depuis son lancement à la fin mai, le GHF est au centre de vives critiques. Plus de 700 Palestiniens auraient été tués en tentant d’accéder à l’aide humanitaire dans des zones sécurisées par des contractants américains et les forces israéliennes. De nombreuses ONG, ainsi que l’ONU, ont désavoué le projet.

Une enquête approfondie exigée

Dans sa lettre, Liam Byrne exige des réponses détaillées avant le 22 juillet, notamment :

  • Un calendrier précis des activités du BCG à Gaza.

  • L’identité des partenaires et des sources de financement liés au GHF.

  • Le détail des propositions de relocalisation des Palestiniens, dénoncées comme illégales par de nombreuses voix internationales.

  • Les noms de toutes les organisations britanniques – entreprises, universités, ONG – éventuellement impliquées.

Il souhaite également savoir qui a commandé ces travaux, à quelles entités BCG a collaboré, et si ces activités sont toujours en cours, sous quelque forme que ce soit.

Un rôle flou dans une stratégie de déplacement forcé ?

Les critiques s’intensifient autour de l’éventualité d’un plan de transfert de population. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu aurait évoqué cette idée avec le président américain Donald Trump lors de réunions récentes. Des documents internes suggèrent que des scénarios de dépeuplement partiel de Gaza auraient été modélisés, notamment par BCG, et discutés dans des cercles fermés où figurait également le Tony Blair Institute (TBI).

BCG tente de se défendre

Dans un communiqué publié cette semaine, le Boston Consulting Group affirme que les médias ont « déformé » son rôle dans la reconstruction de Gaza. La firme reconnaît cependant que deux de ses associés ont participé à des travaux non autorisés, sans compensation, en lien avec la création du GHF. « Ces actions sont contraires à nos standards professionnels », déclare BCG. Les deux collaborateurs concernés ont été renvoyés pour avoir agi de manière indépendante et sans validation hiérarchique.

Un débat éthique au cœur du conflit

L’affaire relance le débat sur la moralité des entreprises de conseil dans les zones de conflit, et sur les liens politiques, humanitaires et économiques tissés entre gouvernements et multinationales. Pour la commission parlementaire britannique, il est crucial d’établir les responsabilités dans une initiative qui, au nom de l’aide humanitaire, pourrait avoir contribué à exacerber les violences et à légitimer un projet de déplacement forcé de civils palestiniens.

les commentaire

Laisser un commentaire