« Nous n’avons pas la prétention de réussir, mais le devoir d’essayer »
L’humanitaire d’une ampleur sans précédent a pris la mer à partir de dimanche. Des dizaines de bateaux chargés de vivres et de médicaments tentent de briser le blocus de Gaza. Parmi les volontaires, Zoubir Saïdi, que nous avons rencontré à à Barcelone.
PIA : Vous venez d’arriver en. Certains bateaux partiront de Barcelone, d’autres de Catane, de Tunisie ou de Grèce, et pas tous en même temps. Pourquoi cette dispersion ?
Zoubir Saïdi : Effectivement, les départs sont échelonnés. Mais l’objectif, c’est de tous nous retrouver en mer, dans les eaux internationales. Nous voulons former une flottille visible, solidaire, qui montre au monde que nous ne sommes pas isolés. Notre but reste clair : acheminer une aide humanitaire à une population qui meurt littéralement de faim. Aujourd’hui, la famine est reconnue à Gaza. Face au silence et à l’inaction des gouvernements, nous avons décidé d’agir, de prendre rendez-vous avec l’Histoire et de dire : assez.
La précédente flottille avait été stoppée. Pourquoi pensez-vous réussir cette fois ?
Nous n’avons aucune prétention de réussir là où d’autres ont échoué. Mais nous avons le devoir moral d’essayer. Comme vous l’avez dit, c’est une initiative historique : cette fois, ce ne sont plus un ou deux bateaux, mais des douzaines. La force du nombre compte. Et même si nous ne parvenons pas à Gaza, le simple fait de tenter, d’exister, de montrer nos visages et nos cargaisons, c’est déjà un acte politique et humanitaire fort.
À quel scénario vous préparez-vous concrètement ?
Nous avons envisagé trois scénarios.
Le premier, c’est un blocage en mer, comme en avril. Israël pourrait nous forcer à faire demi-tour, ou tenter de saboter nos départs.
Le deuxième, c’est une arrestation massive. Mais arrêter quelques centaines d’humanitaires, médecins, élus, bénévoles… ce serait un séisme diplomatique. Israël devrait justifier l’injustifiable : emprisonner des civils transportant uniquement de l’aide.
Le troisième scénario, celui que nous espérons tous : atteindre Gaza, livrer notre cargaison de médicaments et de nourriture, puis rentrer.
Certains évoquent la légalité de cette initiative. Avez-vous pris des précautions juridiques ?
Oui, absolument. Tout ce que nous faisons est parfaitement légal. Le droit humanitaire international nous autorise à porter secours à une population en détresse. N’oublions pas que les précédentes flottilles avaient été interceptées dans des eaux internationales, là où Israël n’a aucune légitimité à intervenir. Quand on arrête un navire civil en haute mer, cela s’apparente à de la piraterie, à un kidnapping. Nous assumons notre démarche en toute transparence et en toute légalité. Ce que nous faisons, c’est aussi une mission de sauvetage des droits humains.
Qu’est-ce qui vous a personnellement poussé à vous engager dans cette mission ?
J’ai grandi avec l’idée que l’humanitaire n’était pas un choix, mais une responsabilité. Quand on voit les images de Gaza, des enfants affamés, des familles déplacées, comment rester les bras croisés ? On ne peut pas attendre que les gouvernements, paralysés par la diplomatie, fassent le premier pas. Alors oui, j’ai décidé de m’engager. C’est un acte de solidarité mais aussi de dignité humaine.
Comment réagit votre entourage face à ce départ risqué ?
Forcément, il y a de l’inquiétude. Ma famille, mes proches, savent que ce n’est pas sans danger. Mais ils comprennent aussi que c’est un choix de conscience. Ils savent que je pars avec des centaines d’autres volontaires, que nous sommes portés par un mouvement collectif. Et je crois qu’ils sont fiers que je sois là où il faut être, du côté de la vie.
Qu’espérez-vous au fond, au-delà de la livraison d’aide humanitaire ?
Bien sûr, j’espère que nous atteindrons Gaza. Mais au-delà de l’aide matérielle, ce que j’espère, c’est briser le mur du silence. Montrer qu’il existe une société civile mondiale prête à se lever quand les gouvernements ferment les yeux. Si notre action réveille les consciences, si elle redonne un peu d’espoir à la population palestinienne, alors nous aurons déjà accompli une partie de notre mission.

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