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Gaza, Doha et le Golfe : entre frappes, solidarité et diplomatie sous tension

Par S.B.-- 14-Sep-2025 1

Alors que les bombes continuent de pleuvoir sur Gaza, la guerre s’invite désormais dans les capitales de la région. À Doha, le sommet arabo-islamique s’est ouvert dans un climat de tension inédite, quelques jours après une attaque israélienne visant la capitale qatarie. Une frappe qui a provoqué la mort de cinq responsables du Hamas et d’un agent de sécurité qatari, au moment même où des discussions sur une trêve avec les États-Unis étaient en cours.

Pour de nombreux observateurs, ce sommet extraordinaire, convoqué en urgence, ne devrait pas déboucher sur des mesures concrètes. Selon pluviers  chercheurs et politologues pr: « C’est avant tout un message de solidarité. Les pays du Golfe veulent d’abord obtenir de Washington des garanties de sécurité plus solides. Ensuite, ils cherchent à diversifier leurs alliances militaires et à développer leurs propres capacités de défense. Enfin, ils peuvent s’appuyer sur le levier économique que représentent leurs investissements massifs aux États-Unis. »

Beaucoup de peuples arabes et musulmans accueillent ce sommet avec scepticisme : ils n’attendent rien de concret de réunions qui, par le passé, se sont souvent limitées à des déclarations de principe et à des gestes symboliques destinés à calmer la colère populaire plutôt qu’à produire des mesures effectives. Le rendez-vous de Doha apparaît à leurs yeux comme une opération destinée à absorber l’humiliation et à tempérer la révolte sociale, sans remettre en cause les alliances ou les décisions qui continuent d’aggraver la crise. Dans ce contexte, l’Algérie s’est distinguée sur le plan diplomatique — en condamnant fermement l’attaque contre Doha et en appelant à une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU — mais ses actions restent pour l’heure de nature politique et diplomatique, et non militaire. Pendant ce temps, les Gazaouis, eux, poursuivent leur lutte quotidienne pour survivre : défier la violence, organiser l’entraide, et résister nuit et jour face à des destructions et à une crise humanitaire sans précédent.

La Ligue arabe, par la voix de son porte-parole Jamal Rushdi, insiste sur la portée symbolique de cette réunion : « Les pays arabes et islamiques veulent montrer qu’ils rejettent la logique de la loi du plus fort. Cibler un médiateur comme le Qatar constitue une violation grave du droit international. »

Pendant que les diplomates échangent, les populations continuent de payer un lourd tribut. À Gaza, les hôpitaux font état de 25 morts depuis l’aube sous les frappes israéliennes. À Deir el-Balah, six personnes ont péri lorsqu’une tente de déplacés a été visée. À Rafah, quatre autres Palestiniens ont été tués et vingt-cinq blessés près d’un centre d’aide humanitaire. À Gaza-Ville, sept morts et une vingtaine de blessés ont été recensés après une frappe sur un abri surpeuplé du quartier de Tal al-Hawa. L’hôpital al-Quds a confirmé cinq décès supplémentaires dans la même zone.

Dans les camps de déplacés, la désespérance grandit. À al-Mawasi, un Palestinien confie : « Voilà presque une semaine que nous cherchons un endroit où nous abriter. La faim nous dévore autant que les missiles. Le déplacement, c’est comme arracher l’âme de son propre corps. »

La Cisjordanie n’est pas épargnée. À Naplouse, cinq Palestiniens ont été arrêtés lors de raids militaires dans plusieurs villages. À Tubas, un jeune homme de 27 ans a été interpellé. À Hébron, une étudiante a été arrêtée à son domicile, tandis qu’à Beit Rima, des habitants ont été battus et humiliés avant d’être conduits en détention.

Face à cette spirale de violences, la communauté internationale reste divisée. Washington tente de reprendre la main : le secrétaire d’État Marco Rubio est attendu en Israël pour rencontrer Benyamin Netanyahou. Il a affirmé que « le président veut en finir » et que cela passe par la libération des 48 otages et la neutralisation totale du Hamas. Donald Trump, de son côté, n’a pas hésité à critiquer l’attaque israélienne menée au Qatar, une première dans son discours traditionnellement favorable à Israël.

À Doha, les chefs d’État arabes et musulmans espèrent envoyer un signal fort d’unité. Mais sur le terrain, le bilan s’alourdit inexorablement : 62 Palestiniens ont été tués samedi, dont 49 à Gaza-Ville. Plus de 6 000 personnes se retrouvent désormais sans abri, au cœur d’une catastrophe humanitaire qui ne cesse de s’aggraver.

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