Une trêve fragile sous le bruit des drones
Malgré le cessez-le-feu officiellement en vigueur, Gaza vit toujours sous tension. Les habitants décrivent un climat d’angoisse entretenu par le bruit incessant des drones israéliens et les explosions sporadiques d’artillerie. Ces sons rappellent les bombardements des deux dernières années et réveillent un traumatisme collectif profond.
Selon le correspondant d’Al Jazeera sur place, des frappes israéliennes près de la ville de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, ont tué au moins deux personnes lundi. Ce nouvel épisode illustre la fragilité de la trêve conclue entre Israël et le Hamas.
Hamas remet un nouveau corps à Israël
Le Hamas a remis les restes d’un autre captif israélien décédé, alors que le mouvement palestinien subit une pression croissante d’Israël pour retrouver et restituer les douze corps restants.
D’après les services de renseignement israéliens, la localisation d’au moins quatre dépouilles demeure inconnue — y compris pour le Hamas et les autres factions palestiniennes.
Les recherches pour localiser, exhumer et transférer les corps se poursuivent. Elles sont désormais accélérées depuis qu’Israël a autorisé l’entrée d’équipes égyptiennes et de matériel lourd afin d’aider aux opérations.
Certaines dépouilles seraient situées dans des zones où l’armée israélienne continue d’opérer, compliquant davantage les fouilles. Ces interventions nécessitent une coordination étroite entre le Hamas et l’armée israélienne : celle-ci doit d’abord se retirer pour permettre aux équipes palestiniennes de creuser et de récupérer les corps.
Israël manifeste une frustration croissante face à la lenteur du processus, accusant le Hamas de retarder volontairement les opérations. De leur côté, les États-Unis tentent de maintenir les deux camps dans le respect du cessez-le-feu.
Les drones entretiennent la peur
Dans la bande de Gaza, la peur ne quitte pas les habitants. Même avec la trêve, le vrombissement continu des drones israéliens dans le ciel, souvent à basse altitude, entretient une tension constante.
« Le bruit des drones est un rappel permanent de la précarité de cette trêve », témoigne le correspondant Hani Mahmoud.
Les explosions, parfois faibles mais régulières, se font encore entendre la nuit. Les habitants s’interrogent : comment parler de cessez-le-feu quand le ciel résonne encore de détonations ?
Les familles racontent que leurs enfants se réveillent terrorisés, croyant à une nouvelle attaque aérienne. Les adultes, eux, sursautent au moindre bruit — une porte qui claque, un camion qui démarre. Deux années de bombardements ont laissé une empreinte psychologique profonde, transformant la vie quotidienne en une lutte contre la peur.
Une génération d’orphelins
Selon le Bureau palestinien des statistiques, au moins 17 000 enfants sont devenus orphelins à la suite de la guerre. Dans la ville de Gaza, un couple âgé, Rida et Hamed Aliwa, prend désormais soin de 36 de leurs petits-enfants ayant perdu leurs parents.
« Ces enfants ont besoin de tout : de nourriture, d’eau, d’attention », confie Rida. « Je me lève à trois heures du matin pour les laver et les nourrir, malgré mon âge. »
Son mari ajoute : « Nous vivons dans la peur constante. Les drones bourdonnent sans arrêt au-dessus de nous, et nous craignons que la guerre reprenne à tout moment. »
Raids et destructions en Cisjordanie
En Cisjordanie occupée, les opérations militaires israéliennes se poursuivent.
Lundi, les forces israéliennes ont arrêté six Palestiniens lors de descentes à l’aube dans plusieurs camps de réfugiés et villages, notamment à Jalazone, Balata, Askar et près de Naplouse. Des raids ont également été signalés à Shabtin, Deir Abu Mishal et Jifna, sans arrestations cette fois.
Près de Jénine, trois combattants palestiniens ont été tués lors d’un assaut israélien sur le village de Kafr Qud, suivi d’une frappe aérienne. Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a salué une « opération réussie » et ordonné à l’armée de poursuivre ses actions « contre les menaces terroristes » dans les camps de Jénine, Tulkarem et Nour Shams.
Vandalisme de colons et destructions à Gaza
En parallèle, dans la vallée du Jourdain, un groupe de colons israéliens a saccagé un système d’irrigation et détruit une récolte de maïs, selon l’agence palestinienne Wafa.
Depuis octobre 2023, plus de 7 000 attaques de colons ont été recensées contre des Palestiniens et leurs biens en Cisjordanie.
À Gaza, malgré la trêve, l’armée israélienne a ciblé plusieurs zones résidentielles, notamment dans la ville de Gaza, le camp de Bureij et le corridor de Morag, qui sépare Rafah du reste du territoire.
La “ligne jaune” : un contrôle qui persiste
L’armée israélienne a commencé à marquer des positions le long de la “ligne jaune”, une frontière correspondant à son repli partiel dans le cadre de la trêve.
Mais cette ligne maintient de fait Israël en contrôle de plus de la moitié du territoire de Gaza, y compris plusieurs quartiers de Gaza-Ville, les localités de Beit Hanoun, Beit Lahia, une grande partie du gouvernorat de Khan Younès et presque tout Rafah.
Cette configuration permet aussi à Israël de conserver le contrôle de l’ensemble des points de passage frontaliers, compromettant les perspectives de reconstruction et de souveraineté pour les Gazaouis.
les commentaire
**mitolyn**
Mitolyn is a carefully developed, plant-based formula created to help support metabolic efficiency and encourage healthy, lasting weight management.