Derniées informations
prev next

Hausse des carburants dès 2026 : choc à la pompe, colère des transporteurs et inquiétudes sur le pouvoir d’achat

Par H.B.-- 03-Jan-2026 1

La décision émane de l’Autorité de régulation des hydrocarbures (ARH). Une révision des tarifs des carburants est entrée en vigueur, suscitant de vives réactions, notamment de la part des professionnels du transport. L’Organisation nationale des transporteurs algériens (ONTA) a indiqué, dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, qu’une réunion s’est tenue hier au ministère des Transports afin d’examiner les doléances du secteur.

Une hausse effective dès le 1er janvier 2026

Dès les premières heures de l’année 2026, les automobilistes ont constaté une augmentation des prix à la pompe. Depuis le 1er janvier, les produits pétroliers affichent une hausse moyenne de près de 3 dinars par litre.
Les nouveaux tarifs sont désormais fixés à 47 DA le litre pour l’essence sans plomb (contre 45,62 DA auparavant), 31 DA pour le gasoil (contre 29,01 DA) et 12 DA pour le GPL-c, en hausse par rapport à 9,2 DA.

Pour justifier cet ajustement, l’ARH s’appuie sur le décret exécutif n°21-63 du 11 février 2021, qui définit la méthodologie de calcul des prix de vente des carburants et du GPL sur le marché national. Ce texte confère à l’Autorité une autonomie de gestion lui permettant de revoir les prix en fonction des coûts réels de production et des marges de distribution.

Si la procédure respecte le cadre légal, notamment par la notification des opérateurs avant l’entrée en vigueur, l’absence de communication préalable interpelle et alimente la controverse.

Inquiétudes des consommateurs et crainte d’un effet domino

Plusieurs organisations de défense des consommateurs dénoncent une décision jugée « brutale ». L’Association de protection et d’orientation du consommateur et de son environnement s’alarme des répercussions économiques immédiates, soulignant que les ménages n’ont pas eu la possibilité d’anticiper l’impact sur leur budget. Elle redoute un enchaînement de hausses, notamment sur les coûts de transport et, par ricochet, sur les prix des produits de première nécessité.

L’association El Aman met, de son côté, en avant une « faille structurelle ». Selon elle, toute hausse des carburants aurait dû s’accompagner d’un renforcement de l’offre de transports publics. Améliorer leur accessibilité et leur qualité est, selon l’organisation, indispensable pour réduire la dépendance à la voiture individuelle et limiter la pression sur le pouvoir d’achat.

Les transporteurs sous tension

L’ONTA a, pour sa part, appelé au calme. Elle met en garde contre des appels à la grève émanant de sources non identifiées et exhorte les transporteurs à faire preuve de responsabilité, le temps de trouver des solutions concertées avec les autorités. L’organisation réclame néanmoins une révision réfléchie des tarifs du transport afin de compenser la hausse du gasoil.

L’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) a également réagi. Elle affirme suivre de près la situation et invite l’ensemble des professionnels à privilégier le dialogue et la concertation, afin d’éviter toute perturbation des services publics et de préserver l’intérêt général.

Un secteur stratégique fragilisé

La hausse des carburants pourrait avoir un impact significatif sur le transport routier de marchandises, pilier de la logistique nationale. Ce mode de transport assure près de 90 % des flux de marchandises en Algérie, selon le Conseil national économique, social et environnemental, et mobilise environ 480 000 transporteurs publics.

Les transporteurs de voyageurs, notamment sur les longues distances, se retrouvent dans une situation délicate. Le carburant représente un poste de dépense central, déjà alourdi par la rareté et le coût élevé des pièces de rechange. Beaucoup se disent pris en étau entre l’augmentation des charges et l’impossibilité de répercuter immédiatement ces coûts.

Pour tenter d’atténuer la crise, la loi de finances 2026 prévoit l’importation de 10 000 bus avec exonération totale de taxes et de droits de douane, ainsi que le retrait progressif des véhicules de plus de 20 ans. Des mesures jugées utiles, mais dont les effets se feront sentir à moyen terme, selon les professionnels.

La position du ministère

Dans un communiqué publié hier, le ministère des Hydrocarbures et des Mines a précisé que l’ajustement des prix vise à garantir l’approvisionnement continu du marché national et à couvrir l’augmentation des coûts de production et de distribution. Il a rappelé que l’État continue de supporter une large part de l’écart entre le coût réel du carburant et le prix à la pompe.

Le ministère souligne que, malgré cette révision, le GPL-c demeure le carburant le plus économique du pays, avec un prix toujours nettement inférieur à celui de l’essence, confirmant la volonté des pouvoirs publics de promouvoir ce choix à la fois écologique et économique.

Il assure enfin que les recettes générées par cet ajustement seront réinvesties dans la modernisation des stations-service, l’extension du réseau de distribution et le renforcement des capacités de stockage, afin d’assurer un service public durable, tout en maintenant des prix parmi les plus bas et les plus stables à l’échelle internationale.

les commentaire

Laisser un commentaire