Derniées informations
prev next

Trump humilie l’Europe : la politique américaine suscite honte et inquiétude

Par S.B.-- depuis 2 jours 0

Depuis plus d’un an, les relations entre Washington et l’Europe connaissent une tension inédite. Derrière les sourires diplomatiques et les poignées de main, se cache une stratégie claire : intimider et contraindre les partenaires européens. Le spectacle répété de l’alignement automatique de certains dirigeants face aux exigences américaines nourrit un sentiment collectif particulier sur le Vieux Continent : la honte. La honte de constater qu’un pouvoir hésite à décider, et qu’en refusant de trancher, il expose publiquement une question qu’il voulait précisément éviter : qui décide réellement ?

Le Groenland est devenu l’ultime symbole de cette tension. Mais la crise dépasse ce seul dossier. Depuis la réélection de Donald Trump, le président américain multiplie les humiliations publiques à l’encontre de ses alliés européens, qu’il juge trop faibles. Dans un SMS révélateur adressé au Premier ministre norvégien le week-end du 17-18 janvier 2026, Trump écrit : « Vu que votre pays a décidé de ne pas me donner le prix Nobel de la paix, je ne me sens plus dans l’obligation de ne penser qu’à la paix. Le monde ne sera pas sûr tant que nous ne contrôlons pas le Groenland de façon complète et totale. »

Une stratégie mêlant charme et mépris

En face des dirigeants européens, Trump adopte d’abord une posture conviviale et amicale. Mais ses interviews et déclarations publiques révèlent un mépris assumé pour le Vieux Continent : « Je pense que l’Europe est faible. Ils veulent tellement être politiquement corrects, je crois qu’ils sont perdus », déclare-t-il sans détour. Derrière la cordialité de façade, se cache une volonté d’intensifier l’ingérence américaine dans les affaires européennes et de remodeler le paysage politique du continent.

Selon un document stratégique publié en novembre 2025, la Maison-Blanche cible particulièrement l’Europe dans ses grands dossiers internationaux. Sur 33 pages, seules 2,5 sont consacrées au Vieux Continent, mais avec un ton alarmant : « Les politiques migratoires transforment le continent. Si cette tendance continue, il sera méconnaissable d’ici vingt ans ou moins. » La conclusion est claire : Washington souhaite corriger cette trajectoire, y compris par un soutien à une nouvelle élite européenne plus nationaliste et populiste, alignée sur l’agenda américain.

David Thomson, spécialiste du mouvement MAGA, explique : « Ce que cherche la Maison-Blanche et la nouvelle droite américaine, c’est de remplacer les élites européennes actuelles – qu’elles jugent libérales – par une contre-élite nationaliste et populiste, qui soit pleinement alignée sur leurs priorités. »

J.D. Vance : le bras armé de la diplomatie américaine

J.D. Vance, vice-président américain, est présenté comme l’homme chargé d’accélérer cette stratégie. Lors de son premier déplacement en Europe, il a averti les dirigeants : « La menace qui m’inquiète le plus ne vient plus de la Russie ou de la Chine. Elle vient de l’intérieur de l’Europe, de l’abandon par l’Europe de certaines de ses valeurs fondamentales, partagées par les États-Unis. »

L’objectif affiché est clair : influencer les élections européennes à venir, y compris la présidentielle française de 2027. Célia Belin, du Conseil européen pour les relations internationales, précise : « La France a été critiquée lors du premier procès de Marine Le Pen, et des critiques sont attendues lors du procès en appel. »

L’opinion publique américaine divisée

Aux États-Unis, la stratégie vis-à-vis de l’Europe ne fait pas l’unanimité. En Virginie-Occidentale, bastion de Trump avec 70 % des voix, certains électeurs soutiennent la ligne présidentielle. « L’Europe s’est perdue en chemin. Elle est devenue woke, extrêmement woke, et c’est problématique », estime un homme.

Mais d’autres expriment leur désapprobation : « Les Européens sont nos partenaires. Je ne vois pas de raison de se faire des ennemis là-bas », déclare une femme. « On ne va pas prendre le contrôle du Groenland, franchement », soupire un autre. Selon un sondage récent, 75 % des Américains se disent défavorables à l’idée d’annexer le Groenland, érigé en ligne rouge pour le pays.

Un alignement qui interroge

Entre menaces, humiliations publiques et stratégie d’ingérence, l’Europe est confrontée à une pression sans précédent. Ce spectacle récurrent interroge sur la capacité réelle des dirigeants européens à décider et à défendre leurs intérêts. Alors que Trump fixe ses lignes rouges et que son administration agit en conséquence, la question reste entière : dans ce nouvel équilibre mondial, qui décide vraiment ?

les commentaire

Laisser un commentaire