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Gaza sous le feu, tensions accrues en Cisjordanie : nouvelles victimes et inquiétudes internationales

Par A.B.-- depuis 11 heures 0

La situation sécuritaire reste extrêmement tendue dans la bande de Gaza et en Cisjordanie occupée, où des attaques, des arrestations et de nouvelles mesures politiques israéliennes continuent d’alimenter l’instabilité. Au moins sept Palestiniens ont été tués dans de récentes frappes, tandis que plusieurs évolutions politiques et militaires suscitent de vives réactions sur la scène internationale.

Nouvelles frappes meurtrières à Gaza

Des attaques israéliennes dans le centre de Gaza ont coûté la vie à trois Palestiniens. Plus tôt, une frappe aérienne visant un immeuble résidentiel dans l’ouest de la ville de Gaza avait déjà fait au moins quatre morts.

Selon des sources médicales locales, deux personnes ont été tuées dans un bombardement sur la rue Salah al-Din, dans le centre de l’enclave. Une femme palestinienne a également perdu la vie dans le village d’al-Musaddar, près de l’hôpital Al-Aqsa.

D’après le ministère de la Santé à Gaza, les violences se poursuivent malgré l’accord de cessez-le-feu annoncé en octobre. Depuis cette date, au moins 586 Palestiniens auraient été tués et plus de 1 550 blessés.

Le bilan global du conflit depuis le 7 octobre 2023 est particulièrement lourd. Il s’élèverait à plus de 72 000 morts et plus de 171 000 blessés. De nombreuses victimes resteraient encore sous les décombres ou dans des zones inaccessibles aux équipes de secours.

Climat de peur et déplacements massifs

Dans certains quartiers densément peuplés, notamment à Gaza-Ville, des frappes ciblées ont provoqué un climat de panique. Plusieurs bâtiments déjà endommagés par des attaques précédentes ont été de nouveau touchés.

Le bureau des médias du gouvernement de Gaza affirme que l’armée israélienne aurait violé le cessez-le-feu à plus de 1 500 reprises depuis sa mise en place, accentuant l’angoisse de la population civile.

Des centaines de milliers de Palestiniens vivent toujours déplacés dans des camps de fortune, privés de logement stable et dépendants de l’aide humanitaire.

Le passage de Rafah reste fortement limité. Depuis le 2 février, seules 397 personnes ont pu le franchir sur les 1 600 prévues, selon les autorités locales.

Arrestations et violences en Cisjordanie

En Cisjordanie occupée, les opérations militaires se poursuivent. Au moins 30 Palestiniens, dont des mineurs, ont été arrêtés lors de raids menés dans plusieurs villes et villages.

Des interventions ont été signalées à Bethléem, Hébron et dans les environs de Jénine. Des affrontements ont éclaté avec des jeunes Palestiniens, et les forces israéliennes ont utilisé des balles réelles, des grenades assourdissantes et du gaz lacrymogène.

Des colons ont également attaqué des habitations et des véhicules palestiniens dans plusieurs zones, notamment près de Ramallah et de Jéricho. Dans certains cas, des infrastructures électriques ont été sabotées.

Extension du contrôle israélien en Cisjordanie

Le gouvernement israélien a approuvé de nouvelles mesures visant à renforcer son contrôle sur certaines zones de Cisjordanie. Des experts parlent d’un tournant juridique majeur susceptible de modifier en profondeur la réalité administrative et territoriale.

Ces décisions permettraient notamment aux colons israéliens d’acquérir des terres et d’élargir les implantations existantes. Elles réduiraient également les prérogatives déjà limitées de l’Autorité palestinienne dans certaines zones.

Des changements ont aussi été annoncés concernant l’administration de sites religieux importants, notamment autour de la mosquée Ibrahimi à Hébron et du site de Rachel à Bethléem, désormais placés sous autorité israélienne.

Ces mesures suscitent de vives inquiétudes et ont été dénoncées par plusieurs pays, dont la Turquie, l’Égypte, la Jordanie, l’Indonésie, le Pakistan, le Qatar, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a également appelé Israël à revenir sur ces décisions, les jugeant préoccupantes et contraires au droit international.

Hébron, symbole d’une implantation ancienne

À Hébron, la présence de colons israéliens au cœur de la ville remonte aux années 1960. Ils vivent aujourd’hui dans une zone fortement militarisée, protégée par un important dispositif sécuritaire.

Dans certains secteurs, les Palestiniens n’ont plus accès à certaines routes. L’extension progressive des implantations continue de modifier la structure urbaine et sociale de la région.

Situation humanitaire et accès aux soins

Le système de santé reste sous forte pression. Un tribunal israélien a récemment refusé l’entrée en Israël à un enfant palestinien de cinq ans atteint d’un cancer, qui devait y recevoir un traitement spécialisé.

Les médecins avaient recommandé une immunothérapie suivie d’une greffe de moelle osseuse, soins indisponibles en Cisjordanie. Cette décision a suscité l’indignation d’organisations humanitaires.

Enjeux diplomatiques et tensions régionales

Sur le plan politique, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’est rendu aux États-Unis pour rencontrer le président Donald Trump. Les discussions devraient porter sur la situation à Gaza, les tensions régionales et les négociations avec l’Iran.

Téhéran a mis en garde contre toute influence susceptible de perturber les efforts diplomatiques en cours, accusant Israël de s’opposer à tout processus menant à la stabilité dans la région.

Par ailleurs, une rencontre internationale consacrée à Gaza doit se tenir le 19 février aux États-Unis, avec la participation annoncée de plusieurs dirigeants, dont le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Pressions internationales et mobilisations

Des manifestations ont eu lieu en Australie contre la visite du président israélien Isaac Herzog. Aux États-Unis, un juge a suspendu l’expulsion d’une étudiante turque arrêtée lors d’un mouvement de soutien aux Palestiniens.

Au Pakistan, un sondage indique qu’une large partie de la population soutient l’idée d’une force internationale de stabilisation à Gaza, même si des interrogations subsistent sur son rôle et sa légitimité.

Une crise humanitaire prolongée

Les Nations unies ont lancé un appel urgent pour réunir 1,26 milliard de dollars afin de répondre aux besoins humanitaires dans les territoires palestiniens occupés, décrits comme l’une des crises les plus graves et prolongées de ces dernières années.

La situation reste marquée par des pertes humaines importantes, des déplacements massifs et une forte instabilité politique, tandis que les perspectives de paix demeurent incertaines.

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