La décision annoncée par Xi Jinping lors du 39ᵉ sommet de l’Union africaine marque un tournant stratégique majeur dans les relations économiques entre la Chine et le continent africain. À partir du 1er mai 2026, Pékin appliquera un principe de « zéro droit de douane » à l’ensemble des pays africains avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques, dont l’Algérie. Une annonce qui pourrait redessiner les flux commerciaux et ouvrir de nouvelles perspectives aux exportations algériennes.
Un accès inédit à un marché colossal
Concrètement, cette mesure signifie que les produits africains — et notamment algériens — pourront entrer sur le marché chinois sans barrières tarifaires. C’est un avantage compétitif considérable face à d’autres pays exportateurs qui continuent de payer des droits de douane. Pour les entreprises algériennes, cela équivaut à une porte grande ouverte vers l’un des marchés les plus vastes et les plus dynamiques du monde.
La Chine ne se contente pas de lever les taxes : elle annonce également l’amélioration du « canal vert », un dispositif destiné à accélérer les procédures d’accès au marché et à faciliter la circulation des exportations africaines. En parallèle, Pékin souhaite multiplier les accords de partenariat économique orientés vers le « développement partagé », signe d’une stratégie d’ancrage durable sur le continent.
L’Algérie, un partenaire déjà bien installé
Les relations commerciales entre Alger et Pékin reposent sur une base solide. Selon les données évoquées par Dong Guangli dans un entretien accordé au quotidien El Moudjahid, les importations chinoises en provenance d’Algérie ont atteint 1,19 milliard de dollars sur les onze premiers mois de 2025, soit une progression spectaculaire de plus de 57 % en un an.
Jusqu’ici, ces échanges restent dominés par les hydrocarbures. Mais la nouvelle politique douanière pourrait accélérer une transformation déjà amorcée : la diversification des exportations algériennes.
Des signaux concrets apparaissent déjà. L’Algérie a récemment réalisé une première exportation de caoutchouc naturel vers la Chine, et d’autres produits non énergétiques commencent à se positionner. Le liège, notamment, est attendu sur ce marché à fort potentiel, preuve que les ressources naturelles et industrielles algériennes peuvent trouver de nouveaux débouchés au-delà du secteur énergétique.
Une stratégie chinoise à l’échelle continentale
Au-delà du cas algérien, la décision s’inscrit dans une vision globale. En 2025, le volume des échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique a atteint 348 milliards de dollars, en hausse de près de 18 %. Pékin consolide ainsi son statut de premier partenaire économique du continent.
Le message politique est clair : la Chine veut renforcer une relation fondée sur l’interdépendance économique, la coopération industrielle et l’intégration progressive des économies africaines dans ses chaînes d’approvisionnement.
Une opportunité à saisir, mais aussi un défi
Pour l’Algérie, la suppression des droits de douane constitue une opportunité stratégique majeure. Elle peut stimuler les exportations hors hydrocarbures, encourager la transformation industrielle et pousser les entreprises à améliorer la qualité et la compétitivité de leurs produits.
Mais cet accès privilégié implique aussi une exigence accrue : capacité de production, normes de qualité, logistique et structuration des filières d’exportation devront suivre pour réellement profiter de cette ouverture.
En somme, cette décision ne représente pas seulement un geste commercial. Elle s’apparente à un levier économique puissant qui pourrait redéfinir les relations commerciales entre l’Afrique et la Chine, tout en offrant à l’Algérie une occasion rare d’élargir sa présence sur la scène économique internationale.
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