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Le Pakistan se déclare en « guerre ouverte » avec l’Afghanistan

Par H.B.-- depuis 9 heures 0

Islamabad accuse le régime taliban d’héberger et de soutenir des groupes armés responsables d’attentats sur son territoire. Vendredi matin, de puissantes détonations ont retenti à Kaboul, survolée par des avions de chasse pakistanais.

Frappes et ripostes le long de la Ligne Durand

La crise s’est aggravée jeudi soir. L’armée afghane a pris pour cible des positions pakistanaises le long de la « Ligne Durand », frontière disputée qui sépare les deux pays.

Dans un message publié sur X, Zabihullah Mujahid, porte-parole des talibans, a affirmé que ces opérations constituaient une réponse à des « provocations répétées » de l’armée pakistanaise. Selon Kaboul, des dizaines de soldats pakistanais auraient été tués et quinze avant-postes conquis en l’espace de deux heures.

En réaction, Islamabad a déclenché une opération militaire baptisée « Colère légitime ». Des frappes aériennes ont visé des installations militaires à Kaboul ainsi qu’à Kandahar, fief du chef suprême taliban, Haibatullah Akhundzada.

Le gouvernement pakistanais assume l’escalade. Le ministre de la Défense, Khawaja Asif, a déclaré que la « patience » d’Islamabad était épuisée, évoquant une situation de « guerre ouverte ». Le ministre de l’Information, Attaullah Tarar, a affirmé que 133 combattants talibans avaient été tués lors de la contre-offensive.

Un contentieux ancien ravivé depuis 2021

Les relations entre les deux voisins se sont nettement détériorées depuis la reconquête du pouvoir par les talibans à l’été 2021.

Islamabad reproche aux autorités afghanes d’abriter des groupes séparatistes, en particulier le Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), mouvement insurgé pakistanais accusé de multiplier les attentats sur le sol pakistanais.

Un précédent affrontement, en octobre, avait déjà causé environ 70 morts. Une trêve fragile avait alors été obtenue grâce à la médiation du Qatar et de la Turquie.

Les combats actuels semblent enterrer définitivement ce cessez-le-feu.

Une escalade jugée « dangereuse »

Pour Michael Kugelman, chercheur spécialiste de la région à l’Atlantic Council, cette confrontation marque « une escalade significative et dangereuse ». Selon lui, le Pakistan ne viserait plus uniquement le TTP, mais directement le régime taliban.

Face au risque d’embrasement régional, la Chine et l’Iran ont proposé leur médiation.

La dynamique actuelle laisse craindre un conflit ouvert entre deux États aux frontières déjà instables, dans une région stratégique sous haute tension.

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