Au lendemain des frappes conjointes des États-Unis et d’Israël, l’Iran a lancé des attaques de représailles après la mort de son guide suprême, Ali Khamenei, ce qui accentue fortement les tensions régionales. L’ayatollah, chef suprême du pays, a été tué lors d’une attaque visant son bureau à Téhéran, aux côtés de plusieurs hauts responsables sécuritaires. Les autorités iraniennes ont juré de venger cet assassinat.
Âgé de 86 ans, Khamenei a péri dans le bombardement de son bureau. Sa fille, son gendre et son petit-fils ont également été tués. Depuis samedi, plus de 200 personnes ont perdu la vie dans des frappes menées à travers 24 des 31 provinces iraniennes, ce qui constitue un revers majeur pour la République islamique. En réponse, l’Iran a ciblé Israël ainsi que des États du Golfe hébergeant des installations militaires américaines.
### Situation à l’intérieur de l’Iran
L’armée israélienne a annoncé dimanche avoir entamé des frappes en profondeur à Téhéran, au lendemain de l’opération conjointe qui a coûté la vie au guide suprême.
Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a déclaré avoir lancé une sixième vague d’attaques « massives de missiles et de drones » contre des installations militaires israéliennes ainsi que 27 bases américaines au Moyen-Orient.
Les médias d’État iraniens ont confirmé la mort de Khamenei, ainsi que celle de son conseiller à la sécurité Ali Shamkhani et du commandant en chef des Gardiens de la révolution, Mohammad Pakpour. D’après le journal Hamshahri, Ahmad Vahidi aurait été nommé nouveau commandant en chef du CGRI, une information qui n’a pas pu être vérifiée de manière indépendante par Al Jazeera.
Le chef d’état-major des forces armées iraniennes, Abdul Rahim Mousavi, ainsi que le ministre de la Défense Aziz Nasirzadeh, ont également été tués dans les attaques.
La télévision d’État a indiqué qu’un conseil provisoire composé du président Massoud Pezeshkian, du chef du pouvoir judiciaire et d’un juriste du Conseil des gardiens assumerait temporairement l’ensemble des fonctions dirigeantes. Le plus haut responsable de la sécurité iranienne, Ali Larijani, a affirmé que des plans étaient en place pour établir un organe directeur temporaire chargé d’exercer les fonctions du guide suprême.
Par ailleurs, le nombre de victimes d’une frappe contre une école primaire de filles à Minab, dans le sud du pays, s’est alourdi à 148 morts et 95 blessés.
Des partisans de Khamenei ont manifesté leur deuil dans plusieurs grandes villes, notamment à Téhéran et à Ispahan. Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement et plus haut responsable iranien apparu publiquement depuis l’assassinat, a qualifié les dirigeants américains et israéliens de « criminels immondes » et promis des « coups dévastateurs ».
### Déclarations de Donald Trump
Le président américain a écrit tard dans la nuit sur Truth Social que l’Iran annonçait vouloir frapper « très fort » dans la journée. Il a averti que toute nouvelle attaque entraînerait une riposte américaine « d’une force jamais vue ».
Dans une interview accordée à CBS News, Trump a estimé que les États-Unis se trouvaient désormais dans une position plus favorable pour parvenir à une solution diplomatique, jugeant la situation « beaucoup plus facile qu’hier », l’Iran étant selon lui « sévèrement malmené ».
### Attaques israéliennes et riposte iranienne
Les services de secours israéliens ont fait état de la mort d’une Israélienne et de 121 blessés, majoritairement légers, lors des vagues de missiles iraniens. Les sirènes d’alerte aérienne ont continué de retentir dans et autour de Tel Aviv.
Selon l’armée israélienne, la plupart des missiles et drones ont été interceptés, mais certains ont atteint Tel Aviv et Beit Shemesh, à l’ouest de Jérusalem. L’armée a également affirmé avoir frappé plus de 30 cibles dans l’ouest et le centre de l’Iran, visant le réseau de missiles balistiques et les systèmes de défense aérienne du régime iranien. Elle a précisé que les frappes se poursuivraient contre des installations de défense aérienne, des sites de missiles, des quartiers généraux militaires et d’autres « cibles du régime ».
### Extension des frappes dans le Golfe
Au Qatar, au moins onze explosions ont été entendues dimanche matin. Le ministère de l’Intérieur a signalé seize blessés supplémentaires liés aux attaques iraniennes.
À Oman, le port commercial de Duqm a été visé par deux drones, faisant un blessé. Le centre de sécurité maritime omanais a indiqué que le pétrolier Skylight, battant pavillon palauais, avait été pris pour cible à environ 9 km au large de Musandam : les vingt membres d’équipage ont été évacués et quatre blessés selon les premières informations.
En Jordanie, les systèmes de défense ont intercepté des missiles ayant pénétré l’espace aérien d’Amman et du nord du pays. L’ambassade des États-Unis a diffusé une alerte de sécurité appelant la population à rester chez elle.
Des sirènes ont également retenti au Koweït. À Dubaï, de nouvelles explosions ont été entendues au lendemain d’un incendie sur l’île de Palm Jumeirah. Des débris d’un drone intercepté ont provoqué un feu au port de Jebel Ali, escale régulière de navires de l’US Navy.
En Irak, le président Moqtada al-Sadr a exprimé sa « tristesse et son chagrin » après l’assassinat de Khamenei, tandis que des affrontements ont opposé manifestants et forces de sécurité à Bagdad dans les zones gouvernementales et diplomatiques. Des manifestations ont également éclaté en Irak, au Cachemire sous administration indienne et au Pakistan. À Karachi, au moins six personnes ont été tuées et plusieurs blessées lors d’émeutes près du consulat américain.
Enfin, l’Irak a décrété trois jours de deuil national à la suite de l’assassinat du guide suprême iranien.
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