Derniées informations
prev next

ALGÉRIE/POLITIQUE : Ce qu’il faut retenir du discours de Gaïd Salah.

Par Y.B.-- 17-Juin-2019 1030

ALGÉRIE/POLITIQUE : Ce qu’il faut retenir du discours de Gaïd Salah.

Le chef d’état-major de l’ANP et vice-ministre de la Défense, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, a prononcé ce lundi une allocution en marge de sa visite de travail et d’inspection en 3e Région militaire. Voici les principaux points qu’il faut retenir de son intervention :

  1. Dialogue :

Gaïd Salah a réitéré dans son discours son appel au dialogue en vue de trouver une solution à la crise que traverse l’Algérie. « Les clés de sortie de cette crise se trouvent entre les mains de ceux qui nourrissent en eux-mêmes la vertu de l’altruisme, soit le rejet de tout égoïsme, qu’il soit centré sur une personne, un parti ou autre, en faisant prévaloir l’intérêt de l’Algérie au-dessus de tout autre intérêt. Et il est évident que la clé la plus importante est précisément la voie du dialogue entre tous les acteurs sérieux et sincères ».

Gaid Salah a réaffirmé l’attachement de l’institution militaire à aller vers les élections présidentielles, Gaïd Salah a estimé que « trouver ces voies qui mèneraient aux présidentielles ne peut se faire qu’à travers le dialogue dont les résultats pourront satisfaire la majorité du peuple algérien, soit des résultats consensuels pour aboutir à une solution consensuelle au service de l’Algérie et de ses intérêts ». Un dialogue qui réunirait « la classe politique, la société civile et les personnalités nationales ».

  1. La prisidentielle

Gaid Salah a également réaffirmé le choix de l’institution militaire en faveur d’une élection présidentielle « dans les plus brefs délais », sans toutefois fixer de date pour leur tenue. « Nous ne nous lasserons jamais de dire que la priorité aujourd’hui consiste à accélérer l’élection d’un président de la République dans les délais possibles constitutionnellement et acceptables dans le temps », a affirmé Gaïd Salah.

« L’organisation des élections présidentielles dans les brefs délais et dans les meilleures conditions de transparence et de crédibilité constitue un élément fondamental que requiert la véritable démocratie à laquelle ne croient pas, malheureusement, certains adeptes de la surenchère politique et idéologique qui considèrent les élections comme un choix plutôt qu’une nécessité », a-t-il soutenu. « C’est là le summum du paradoxe intellectuel et politique, car il n’y a guère de démocratie sans élections libres et intègres, sauf si la démocratie signifie s’enliser dans le bourbier de la cooptation ».

« C’est au nouveau président seul que revient la tâche de traduire concrètement sur le terrain le programme détaillé et précis des réformes, sur lequel il aurait fondé sa candidature et que le peuple algérien élirait suivant le contenu de son programme », a par ailleurs tranché Gaïd Salah, rejetant ainsi une nouvelle fois l’éventualité de la mise en place d’une période de transition avec une présidence collective ou une constituante.

  1. La lutte contre la corruption, avant la présidentielle :

Ahmed Gaïd Salah a également laissé comprendre dans son allocution que la tenue de l’élection présidentielle prendrait place après « l’affranchissement de l’Algérie du vice de la corruption et des corrupteurs ».

« Partant du fait que la lutte contre la corruption n’admet aucune limite et qu’aucune exception ne sera faite à quiconque, cette voie sera celle que l’institution militaire veillera à entreprendre avec détermination, posant ainsi les jalons de l’affranchissement de l’Algérie du vice de la corruption et des corrupteurs avant la tenue des prochaines élections présidentielles », a indiqué Gaïd Salah, qui a réaffirmé dans ce cadre « la détermination de l’institution militaire à accompagner la justice ainsi que de la protéger de façon à lui permettre d’exécuter convenablement ses missions et s’acquitter judicieusement de son rôle de moralisateur, en déterrant tous les dossiers et en les traitant en toute équité quelles que soient les circonstances, de façon à faire comparaitre devant la justice tous les corrompus quels que soient leur fonction ou leur rang social ».

  1. Constat amère sur la corruption et la mauvaise gestion des ressources de l’Etat.

Le chef d’état-major de l’armée, Ahmed Gaid Salah, a usé de mots extrêmement durs et décapants comme jamais auparavant pour décrire la gestion du pays par l’ex Président Bouteflika, sans le nommer, et ses hommes.    Gaid Salah a ainsi confirmé tout haut ce que tous les algériens pensaient tout bas, à savoir que le pays était géré comme une propriété privée où l’argent du peuple est dépensé de manière inconsidérée  dans des projets bidon et avec des montants stratosphériques au profit des copains et coquins.

« Il apparait clair aujourd’hui au peuple algérien à travers tous ces dossiers présentés devant la justice qu’il a été procédé par le passé et de manière délibérée, à la mise en place des conditions propices à la pratique de la corruption », a estimé Ahmed Gaïd Salah.

Le chef de l’armée n’a pas hésité à ironiser sur la fameuse réforme de la justice dont se gargarisait l’ex garde des sceaux, Tayeb Louh, et qui en réalité « Il apparait également à travers cela que ce qu’on appelait à l’époque réforme de la justice n’était malheureusement que des paroles en l’air et des réformes creuses qui, bien au contraire, ont encouragé les corrompus à persister dans leurs méfaits et ont été parrainés pour empiéter les droits du peuple et enfreindre les lois délibérément sans crainte et sans aucune conscience », a estimé le vice-ministre de la Défense.

« Il s’avère maintenant que la cause fondamentale de la crise économique dont souffre notre pays est un problème de gestion en premier lieu, à savoir que les deniers publics étaient pour certains gestionnaires, de l’argent commun, voire permis, où ils se servaient à volonté quand ils voulaient en toute impunité et sans contrôle ou considération envers le poids de la responsabilité dont ils portent le fardeau », a affirmé en outre le général de corps d’armée

« Cette gestion illégale a permis de créer des projets stériles et sans intérêts réels pour l’économie nationale. Ils ont été octroyés de manière sélective, et à des montants astronomiques sous forme de crédits, ce qui a perturbé la cadence du développement en Algérie. Ces pratiques viciées et immorales sont en parfaite contradiction avec la teneur des discours hypocrites de ceux qui les tenaient », a fait savoir Gaïd Salah.

Pour le chef d’état-major de l’armée, permettre à la justice de traiter les lourds dossiers de corruption et mener ses missions à terme, est un «devoir national dont l’institution militaire ressent, devant Allah, l’histoire et le peuple, l’impératif d’accomplir, quelles que soient les circonstances».

Un engagement solennel qui sonne comme une détermination à traduire en justice tous les corrompus qui ont prospéré autour de ce système mafieux des années durant.

les commentaire

Laisser un commentaire