Une tribune accusatrice face à l’inaction de la France
Dans une tribune cinglante rendue publique ce jeudi, plus de 1100 avocats français interpellent directement le président Emmanuel Macron, dénonçant l’inaction de la France face aux exactions commises à Gaza par l’armée israélienne. Ce texte, à la tonalité grave et déterminée, fustige l’attentisme du chef de l’État, son refus de nommer les crimes en cours et son silence coupable face à des violations massives du droit international.
« L’Histoire ne protège pas, elle raconte. Seule la justice le peut. »
Les avocats reprochent à Emmanuel Macron de renvoyer à de futurs historiens la tâche de qualifier les crimes commis à Gaza, alors que, selon eux, c’est aux juristes et aux juridictions internationales de le faire dès aujourd’hui. Ils dénoncent « une irresponsabilité politique », « un attentisme coupable » et « une inertie criminelle » face à un « crime de masse » qui s’aggrave chaque jour. Les mots sont forts : les signataires l’accusent de détourner les yeux, de manquer de courage, et de relativiser l’ampleur des crimes au nom de la lutte contre le Hamas.
Les crimes de guerre documentés par la CPI
Les auteurs de la tribune rappellent les charges déjà formulées par la Cour pénale internationale (CPI) contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et son ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant. Parmi ces accusations figurent :
- Le recours à la famine comme méthode de guerre ;
- Le meurtre de civils et la persécution systématique ;
- L’entrave à l’aide humanitaire ;
- La destruction volontaire des infrastructures vitales à la survie des Gazaouis ;
- Des actes inhumains causant la mort par malnutrition, déshydratation, et privation de soins ;
- Des persécutions pour des motifs politiques et ethniques.
Autant de chefs d’accusation qui, selon les avocats, correspondent sans ambiguïté à la définition juridique du génocide et des crimes contre l’humanité, tels que définis par la Convention de 1948, dont la France est signataire.
Une complicité de génocide par inaction ?
En ne prenant pas de mesures concrètes, la France, selon les signataires, s’expose elle-même à des poursuites pour complicité de génocide. « Cette passivité est illégale », affirment-ils, rappelant les obligations internationales qui incombent à tout État signataire de la Convention sur le génocide. Ils dénoncent également la « complaisance scandaleuse » des autorités françaises qui ont autorisé récemment le survol de l’espace aérien national par Benyamin Netanyahou, pourtant visé par un mandat d’arrêt international.
Une interpellation directe et grave
Au fil de la tribune, les robes noires prennent un ton solennel, presque historique : « L’histoire ne qualifiera pas le génocide en cours, mais elle vous jugera. Et cette fois, nul ne pourra dire qu’on ne savait pas. »
Les signataires appellent le président à sortir de son silence, à reconnaître l’État de Palestine, à suspendre toute coopération militaire avec Israël, à imposer une enquête internationale indépendante, et à réaffirmer l’engagement de la France envers le droit humanitaire.
Un signal fort de la société civile juridique
Ce texte marque un tournant dans la mobilisation des professions juridiques face au conflit israélo-palestinien. En s’exprimant d’une seule voix, ces plus de 1100 avocats posent une question lourde de sens : ”la France peut-elle continuer à prôner les droits de l’homme tout en se taisant devant un possible génocide ?”
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