Des tirs sur des demandeurs d’aide : « Ils venaient chercher de la farine »
Plus inquiétant encore, des témoignages concordants font état de tirs délibérés sur des civils tentant d’accéder à de rares points de distribution d’aide.
Ce matin, à proximité de Deir el-Balah, des soldats israéliens ont tué 11 personnes venues s’approvisionner en nourriture auprès de la Fondation humanitaire de Gaza. Plus de 100 autres ont été blessées.
« Ils n’avaient rien d’autre en tête que trouver un sac de farine ou un carton de vivres », rapporte un témoin oculaire. « Les snipers ont tiré à vue, les drones filmaient et les chars bloquaient les issues. »
Des vidéos diffusées par des journalistes locaux montrent des foules affolées prises dans des tirs nourris, au moment même où elles tentaient de rejoindre un couloir humanitaire annoncé par Israël lui-même.
Une guerre contre la faim
Malgré les précédents massacres dans les zones de distribution d’aide, les Palestiniens continuent de s’y rendre, poussés par une crise alimentaire aiguë. Plus de 90 % de la population est en situation d’insécurité alimentaire sévère, selon le Programme alimentaire mondial (PAM). À Gaza-Nord, la famine est déjà officiellement déclarée.
Israël affirme que certains rassemblements « peuvent dissimuler des menaces pour les soldats », mais aucune preuve tangible n’a été fournie pour justifier ces tirs meurtriers. Des ONG et observateurs de l’ONU dénoncent un usage systématique et disproportionné de la force contre des civils non armés.
Un modèle de guerre asymétrique : la violence dans les « couloirs humanitaires »
Depuis plusieurs mois, les couloirs humanitaires présentés comme « zones de sécurité » sont devenus des pièges mortels. Les précédentes attaques, notamment celles de février et mars, ont vu des dizaines de morts parmi des civils tentant de récupérer de la farine, sous les tirs des snipers israéliens.
« C’est une stratégie de terreur par la faim », commente un responsable d’ONG internationale sous couvert d’anonymat. « Le message est clair : même les lieux censés vous sauver peuvent vous tuer. »
Une impunité prolongée
Les frappes israéliennes et les tirs sur les civils à Gaza s’inscrivent dans un contexte où l’armée israélienne agit sans crainte de poursuite immédiate, malgré l’ouverture récente d’un mandat d’arrêt international par la Cour pénale internationale (CPI) contre des responsables israéliens et du Hamas.
Alors que le monde regarde ailleurs – notamment vers les tensions avec l’Iran ou les élections en Europe et aux États-Unis – le drame de Gaza s’aggrave dans l’indifférence croissante. La multiplication des morts civiles, et en particulier le ciblage de personnes affamées, accentue les accusations de crimes de guerre et de nettoyage ethnique, que plusieurs organisations des droits humains n’hésitent plus à employer.
« On préfère mourir en cherchant du pain que de faim chez soi »
Sur les décombres encore fumants de Deir el-Balah, des dizaines de familles pleurent leurs proches.
Amal, 17 ans, a perdu son père ce matin. Il s’était levé à l’aube pour faire la queue dans un point d’aide. Elle l’a retrouvé plusieurs heures plus tard, étendu au sol sous une bâche, criblé de balles.« Il disait toujours : ‘Je veux juste nourrir mes enfants, pas faire la guerre’. » ; « Maintenant, il ne fera ni l’un, ni l’autre. »
45 % des fournitures de première nécessité épuisées
L‘Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) a indiqué, mercredi, que 45 % des fournitures de première nécessité à Ghaza sont épuisées, à cause de l’embargo imposé par l’occupation sioniste dans le cadre de la guerre génocidaire contre l’enclave palestinienne.
L’UNRWA a déclaré que “45 % des fournitures de base sont épuisées” à Ghaza, précisant que “le stock de médicaments essentiels et de produits sanguins est sur le point de s’épuiser, alors que les besoins sont urgents”.
Depuis le 2 mars, l’armée d’occupation sioniste a fermé les points de passage de la bande de Ghaza à l’entrée de nourriture, de secours, d’aide médicale et de marchandises, provoquant une détérioration significative de la situation humanitaire.
Le bilan s’alourdit à 55637 martyrs
Le bilan de l’agression génocidaire sioniste contre la bande de Ghaza s’est élevé à 55637 martyrs et 129880 blessés, depuis le 7 octobre 2023, ont indiqué mercredi les autorités sanitaires palestiniennes.
Selon la même source, les corps de 144 martyrs et 560 blessés sont arrivés dans les hôpitaux de Ghaza au cours des dernières 24 heures.
Les autorités sanitaires palestiniennes ont indiqué que 5334 Palestiniens sont tombés en martyrs et 17839 autres ont été blessés depuis le 18 mars, date de la reprise de l’agression sioniste, notant que les corps de nombreuses victimes se trouvent encore sous les décombres.
Un accord de cessez-le-feu est entré en vigueur le 19 janvier à Ghaza après plus de 15 mois d’agression génocidaire sioniste, qui ont provoqué une catastrophe humanitaire sans précédent.
Les forces d’occupation ont repris le 18 mars leur agression contre Ghaza, après une interruption de deux mois, consécutive à l’accord de cessez-le-feu.
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