Une déclaration inédite des spécialistes du génocide
L’Association internationale des spécialistes du génocide (IAGS), qui regroupe plus de 500 chercheurs, a adopté lundi une résolution historique. Elle affirme que la guerre menée par Israël contre Gaza répond aux critères juridiques du génocide, tels que définis par la Convention des Nations unies de 1948.
Selon sa présidente, Melanie O’Brien, professeure de droit international en Australie, il s’agit d’« une déclaration définitive des experts » : les actes observés à Gaza correspondent à la définition de ce crime au regard du droit international.
Comment le droit définit-il le génocide ?
La Convention de 1948 énumère cinq types d’actes constitutifs du génocide, dès lors qu’ils sont commis avec l’intention de détruire un groupe « national, ethnique, racial ou religieux » :
- Tuer des membres du groupe ;
- Porter gravement atteinte à leur intégrité physique ou mentale ;
- Les soumettre à des conditions de vie entraînant leur destruction ;
- Empêcher les naissances au sein du groupe ;
- Transférer de force leurs enfants.
Les actes reprochés à Israël
Dans sa résolution, l’IAGS accuse Israël de cumuler plusieurs de ces critères. Sont notamment cités :
- Les bombardements massifs et répétés sur les civils et les infrastructures de Gaza ;
- La destruction de plus de 90 % du parc immobilier ;
- Les privations délibérées de nourriture, d’eau et de médicaments ;
- Le déplacement forcé de 2,3 millions de Palestiniens ;
- L’assassinat de familles entières sur plusieurs générations ;
- Les mutilations de plus de 50 000 enfants ;
- La détention arbitraire, la torture, ainsi que des violences sexuelles et reproductives ;
- Les attaques contre les soignants, les humanitaires et les journalistes.
À cela s’ajoutent les déclarations de responsables israéliens et l’évocation de projets d’expulsion des Palestiniens, présentés comme des preuves de l’intention génocidaire.
Une résolution symbolique mais lourde de sens
Le vote a été massif : 86 % des membres de l’IAGS ont approuvé le texte.
Même si cette résolution n’entraîne pas de sanctions directes, elle s’ajoute aux voix de pays, ONG et experts affirmant que la guerre contre Gaza constitue un génocide. Elle donne aussi un poids académique et scientifique à ces accusations.
Cependant, au plan juridique, seule une juridiction internationale peut qualifier un crime de génocide. La Cour internationale de justice (CIJ) examine déjà la plainte déposée par l’Afrique du Sud contre Israël, mais une décision n’est pas attendue avant 2027.
Réactions d’Israël et de l’ONU
Israël a dénoncé une décision « honteuse », accusant l’IAGS d’inverser les rôles en assimilant « la victime d’un génocide » – le peuple juif – à un bourreau.
De son côté, l’ONU condamne régulièrement les frappes israéliennes mais n’a pas encore qualifié officiellement ces actes de génocide. Plusieurs experts indépendants de l’organisation ont toutefois déclaré, dès fin 2024, que les méthodes de guerre israéliennes étaient « compatibles avec un génocide ».
Une situation humanitaire catastrophique
Depuis octobre 2023, plus de 63 000 Palestiniens ont été tués et 160 000 blessés, selon le ministère de la Santé de Gaza, chiffres jugés fiables par l’ONU. Deux millions de personnes ont été déplacées, et l’ONU a alerté fin août 2025 sur une « famine massive » imminente.
Les bombardements ont transformé une grande partie de Gaza en ruines. Les journalistes eux-mêmes sont devenus des cibles, ce que Reporters sans frontières et d’autres ONG dénoncent comme une tentative de masquer la réalité du terrain.
248 journalistes tombés en martyrs depuis le 7 octobre 2023
Le bureau des médias à Gaza a annoncé mardi que le nombre de journalistes tombés en martyrs depuis le 7 octobre 2023 s’est élevé à 248, suite à la mort en martyr d’un journaliste dans unis bombardement de l’armée sioniste dans l’enclave palestinienne.
Selon le bureau des médias à Gaza, le journaliste Rasmi Djihed Salem, qui travaillait comme journaliste photographe à la société “El Manara pour l’information”, est tombé en martyr dans un bombardement de l’armée d’occupation sioniste à Gaza.
Les journalistes palestiniens sont confrontés à des risques particulièrement élevés lorsqu’ils exercent leur métier au milieu d’attaques terrestres et aériennes sionistes.
Ils sont également visés par les tirs de l’armée d’occupation et font face à la faim et à l’épuisement.
El-Qods occupée: des colons prennent d’assaut la mosquée Al-Aqsa
Des dizaines de colons ont de nouveau pris d’assaut, mercredi, la mosquée Al-Aqsa, dans la ville sainte d’El-Qods occupée, sous la protection des forces d’occupation sionistes, a rapporté l’agence palestinienne de presse, Wafa, citant des sources locales.
Les colons extrémistes se sont introduits dans l’enceinte de la mosquée par groupes successifs, du côté de la porte des Maghrébins, ont mené des marches provocatrices dans ses cours et effectué des rituels talmudiques, ont indiqué les mêmes sources.
Les autorités palestiniennes et les instances religieuses islamiques à El-Qods occupée considèrent ces actes comme une escalade grave et une provocation délibérée, mettant en garde contre les conséquences sur la stabilité de la région.
Troisième Lieu-Saint de l’Islam, la mosquée Al-Aqsa subit des actes de profanation au quotidien par les colons et soldats sionistes. Ces actes visent à judaïser la ville d’El-Qods, imposer une nouvelle réalité et changer l’identité culturelle de la ville sainte.
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