Derniées informations
prev next

Un juge américain ordonne l’expulsion de Mahmoud Khalil, étudiant pro-Palestine, vers l’Algérie ou la Syrie

Par S.B.-- 18-Sep-2025 13

Un juge de l’immigration en Louisiane a ordonné, mercredi 12 septembre, l’expulsion de Mahmoud Khalil, un étudiant et militant pro-Palestine de l’Université Columbia à New York, vers l’Algérie ou, à défaut, la Syrie. Cette décision, largement commentée aux États-Unis, suscite un vif débat sur la liberté d’expression et l’instrumentalisation politique du droit de l’immigration.

Mahmoud Khalil, 30 ans, est d’origine palestinienne et détient la nationalité algérienne par sa mère. Il est résident permanent légal aux États-Unis, marié à une citoyenne américaine et père d’un enfant né sur le sol américain. Très actif dans les manifestations étudiantes en faveur de Gaza, il est devenu une figure du mouvement pro-Palestine sur les campus américains.

Arrêté en mars dernier, il a passé plus de trois mois en détention dans un centre d’immigration en Louisiane, loin de sa famille.

Dans son arrêt, le juge Jamee Comans reproche à Khalil d’avoir omis volontairement des informations dans sa demande de carte verte (green card). Selon lui, il ne s’agit pas d’une simple négligence : « le tribunal estime que le défendeur a intentionnellement déformé une ou plusieurs informations essentielles ».

L’administration Trump, qui mène une campagne de fermeté contre les universités américaines accueillant des étudiants étrangers, justifie l’expulsion en affirmant que la présence continue de Khalil aux États-Unis pourrait avoir de « graves conséquences sur la politique étrangère ».

Dans un communiqué relayé par l’American Civil Liberties Union (ACLU), Khalil a dénoncé « une décision politique », affirmant qu’il n’est pas surprenant que l’administration Trump « cherche à se venger de moi pour avoir exercé ma liberté d’expression ».

Ses avocats ont immédiatement annoncé leur intention de faire appel. Ils rappellent qu’une ordonnance d’un tribunal fédéral du New Jersey bloque pour l’instant toute expulsion ou nouvelle détention de leur client tant que la procédure judiciaire est en cours.

L’affaire Khalil intervient dans un climat tendu. Ces derniers mois, Donald Trump a multiplié les attaques contre les grandes universités américaines, en particulier Columbia et Harvard, accusées de tolérer — voire d’encourager — les mobilisations étudiantes pro-Palestine. Les menaces de réduction des financements fédéraux et même de retrait d’accréditation universitaire se sont multipliées.

Pour ses défenseurs, le cas de Mahmoud Khalil symbolise un glissement inquiétant : l’utilisation du droit de l’immigration comme outil de sanction politique contre des étudiants étrangers engagés.

Khalil dispose de 30 jours pour interjeter appel devant la Board of Immigration Appeals. Ses avocats prévoient également de porter l’affaire devant les tribunaux fédéraux si nécessaire.
En attendant, il demeure sous la menace d’un renvoi vers l’Algérie ou la Syrie — deux destinations où il affirme craindre pour sa sécurité, en raison de ses origines palestiniennes et de son activisme.

les commentaire

Laisser un commentaire