Derniées informations
prev next

France : Marche à Paris pour soutenir la famille d’un migrant mort en garde à vue

Par S.B.-- 26-Jan-2026 0

Des milliers de personnes ont manifesté dimanche à Paris pour soutenir la famille d’El Hacen Diarra, un migrant mauritanien de 35 ans mort en garde à vue dans la nuit du 14 au 15 janvier. Au fil du cortège, un slogan a résonné avec force : « On n’est pas contre la police, on est contre la police qui nous tue ». La mobilisation visait à réclamer justice et vérité autour des circonstances de sa mort.

Une semaine après un premier rassemblement, la manifestation s’est tenue devant le foyer de travailleurs migrants du nord-est parisien où vivait El Hacen Diarra. C’est devant ce bâtiment qu’il a été violemment interpellé. Sous une pluie froide, des centaines de personnes se sont réunies rue Saint-Léger, formant une foule compacte et endeuillée.

En tête du cortège, une banderole appelait à la justice et rendait hommage au défunt. Plusieurs membres de sa famille portaient des tee-shirts noirs floqués de l’inscription « Justice et Vérité ». Des figures de la lutte contre les violences policières, dont Assa Traoré, ont pris la parole pour dénoncer ce qu’elles qualifient d’interpellation mortelle.

La cousine d’El Hacen Diarra, Diankou Sissoko, a exprimé une profonde douleur mêlée de résignation. Elle a décrit un homme « gentil, souriant et réservé », très loin du portrait dressé par les policiers, qui le présentent comme agressif. Selon elle, les précédents dossiers de morts en garde à vue nourrissent un profond scepticisme quant à l’issue judiciaire de l’affaire.

Plusieurs habitants du foyer ont également témoigné. Moussa, ancien résident, décrit un homme calme, discret, sans histoire, connu pour descendre prendre un café et s’aérer. Pour beaucoup, ce décalage entre les témoignages et la version policière alimente la colère et l’incompréhension.

Une vidéo filmée par un voisin, devenue virale, est au cœur de la controverse. On y voit deux policiers maîtriser El Hacen Diarra au sol, tandis que l’un d’eux lui porte deux coups de poing. Selon l’analyse sonore commandée par la famille, on entend la victime crier : « Vous m’étranglez ». Après son interpellation, El Hacen Diarra a été conduit au commissariat, où il est décédé quelques heures plus tard.

Une enquête judiciaire a été ouverte et des examens complémentaires à l’autopsie ont été ordonnés. L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie pour faire la lumière sur les faits. La famille, par l’intermédiaire de son avocat, a déposé plainte pour « violences volontaires ayant entraîné la mort ».

Malgré l’enquête en cours, les deux policiers impliqués sont toujours en fonction. Une situation vivement critiquée par l’élue locale Anne Baudonne, qui s’interroge sur l’absence de suspension administrative. De son côté, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a déclaré que les causes exactes du décès n’étaient pas encore établies, tout en précisant que le policier visible sur les images devra s’expliquer.

Pour de nombreux manifestants, cette affaire dépasse le cas individuel. Plusieurs participants, dont des membres de la diaspora africaine, ont appelé à une mobilisation durable et à une organisation collective contre les violences policières et le racisme institutionnel. Tous réclament que la mort d’El Hacen Diarra ne reste pas sans réponse judiciaire ni débat national.

les commentaire

Laisser un commentaire