La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, a affiché dimanche 25 janvier une volonté ferme d’indépendance politique face aux États-Unis. Lors d’une rencontre avec des travailleurs du secteur pétrolier dans l’État d’Anzoátegui, à l’est du pays, elle a dénoncé ce qu’elle qualifie d’ingérence de Washington dans les affaires internes vénézuéliennes.
« Les ordres de Washington aux politiques vénézuéliens, ça suffit », a-t-elle déclaré devant une assemblée de travailleurs. Elle a appelé à une résolution des conflits internes par les seuls acteurs nationaux, rejetant toute influence extérieure. « Que ce soit la politique vénézuélienne qui règle nos divergences. Assez des puissances étrangères », a-t-elle insisté.
Une prise de pouvoir dans un contexte de fortes tensions internationales
Delcy Rodríguez a été investie présidente par intérim le 5 janvier, dans un climat politique extrêmement tendu. Elle a accédé à cette fonction après l’éviction de Nicolás Maduro, un événement que les autorités vénézuéliennes qualifient d’intervention illégale orchestrée par Washington dans la nuit du 2 au 3 janvier.
Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a multiplié les déclarations offensives à l’égard de Caracas. Il a notamment affirmé vouloir « dicter » les décisions politiques du Venezuela. Une posture immédiatement rejetée par la nouvelle cheffe de l’État, qui avait répondu : « Nous ne redeviendrons jamais les colonies d’aucun empire, quel qu’il soit. »
Réformes économiques sous pression et ouverture contrôlée du secteur pétrolier
Sous forte pression internationale, Delcy Rodríguez a engagé une série de mesures économiques sensibles. Elle a notamment signé des accords pétroliers avec les États-Unis, tout en accélérant une réforme législative amorcée sous la présidence de Nicolás Maduro.
Cette réforme comprend une nouvelle loi sur les hydrocarbures, autorisant l’exploitation pétrolière par des sociétés privées domiciliées au Venezuela. L’objectif affiché est de relancer une économie lourdement affectée par les sanctions et l’isolement diplomatique. La présidente par intérim a confirmé que Caracas avait déjà reçu un premier versement de 300 millions de dollars à la suite de ventes de pétrole effectuées via des intermédiaires américains.
Gestes d’apaisement et libérations de détenus
Parallèlement, le gouvernement vénézuélien a multiplié les signaux d’apaisement sur le plan intérieur. Selon l’ONG Foro Penal, au moins 104 prisonniers politiques ont été libérés en une seule journée, le dimanche 25 janvier. Les autorités affirment avoir procédé à 626 libérations depuis décembre 2025, un processus engagé avant l’intervention américaine.
Foro Penal, de son côté, estime que le nombre réel de libérations serait inférieur, évaluant à environ la moitié le chiffre annoncé par le gouvernement. Ces divergences illustrent les tensions persistantes autour de la transparence judiciaire dans le pays.
Une ingérence appelée à se poursuivre
Malgré ces gestes, l’influence de Washington ne semble pas près de s’atténuer. La semaine précédente, la Maison Blanche a annoncé son intention d’inviter Delcy Rodríguez aux États-Unis, sans fixer de calendrier précis. Cette annonce fait suite à un entretien téléphonique entre la présidente par intérim et Donald Trump.
Si Caracas affirme vouloir préserver sa souveraineté, cette invitation illustre la complexité d’un rapport de force où pressions diplomatiques, concessions économiques et discours de fermeté coexistent dans un équilibre fragile.
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