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Ukraine : frappes russes massives en plein hiver, infrastructures énergétiques gravement touchées et milliers de civils privés de chauffage

Par C.B.-- 03-Fév-2026 0

La Russie a mené, dans la nuit du lundi 2 au mardi 3 février 2026, l’une de ses offensives aériennes les plus intenses de ces dernières semaines contre l’Ukraine. Missiles balistiques, drones explosifs et frappes ciblées ont visé en priorité les infrastructures énergétiques et civiles, plongeant plusieurs régions du pays dans une situation critique alors que les températures descendent jusqu’à −25 °C.

Une offensive d’ampleur inédite depuis plusieurs jours

Selon l’état-major ukrainien, les forces russes ont lancé entre 18 heures lundi et 9 h 30 mardi un total de 71 missiles, dont 32 missiles balistiques Iskander-M, ainsi que 450 drones, parmi lesquels environ 300 drones Shahed.
Les défenses aériennes ukrainiennes affirment avoir intercepté ou détourné 38 missiles et 412 drones, notamment par des systèmes de brouillage électronique. Malgré cela, des frappes directes ont touché 27 sites, tandis que des débris sont tombés sur 17 autres zones, sans que leur localisation précise ne soit rendue publique.

Seuls 11 missiles balistiques ont pu être neutralisés, soulignant la difficulté à contrer ce type d’armement.

Infrastructures énergétiques lourdement endommagées

La compagnie énergétique ukrainienne DTEK a annoncé que plusieurs de ses centrales électriques avaient été « considérablement endommagées » au cours de ces bombardements nocturnes. Il s’agit, selon l’entreprise, de la neuvième attaque massive contre ses installations depuis octobre 2025.

Depuis le début de l’invasion à grande échelle, les centrales thermiques de DTEK ont été visées plus de 220 fois, entraînant la mort de quatre employés et faisant 59 blessés parmi son personnel.

Le ministre de l’énergie, Denys Chmyhal, précise que huit régions ont été touchées, notamment les oblasts de Kiev, Dnipro et Kharkiv. Il dénonce des frappes dirigées exclusivement contre des cibles civiles :
« Des centaines de milliers de familles, dont des enfants, ont été délibérément privées de chauffage alors que les températures extérieures atteignent −25 °C », qualifiant ces attaques de crime contre l’humanité.

Des villes plongées dans le froid et le noir

À Kiev, plus de 1 100 immeubles d’habitation se retrouvent sans chauffage, selon le ministre du développement Oleksii Kuleba, alors que le mercure frôle les −20 °C. Deux personnes ont été blessées lors de frappes dans la capitale, marquant la reprise des attaques après quelques jours de pause.

À Kharkiv, le maire Ihor Terekhov a annoncé que les réseaux de chauffage de 820 immeubles devaient être vidangés pour éviter le gel des canalisations. Il reconnaît une décision extrêmement difficile mais jugée inévitable face aux dégâts subis. 101 abris chauffés restent ouverts en continu pour accueillir la population.

À Odessa, plus de 50 000 habitants sont privés d’électricité. Les frappes ont endommagé des immeubles résidentiels, des entrepôts, des bâtiments administratifs et des véhicules. Les autorités locales n’ont toutefois signalé aucune victime dans cette ville portuaire.

Un patrimoine historique touché

Les bombardements n’ont pas épargné les symboles. La ministre de la culture, Tetiana Berejna, a annoncé que le hall d’honneur du Musée national d’histoire de l’Ukraine dans la Seconde Guerre mondiale, situé au pied du monument de la Mère Patrie à Kiev, avait été endommagé. Elle dénonce une attaque « symbolique et cynique » visant un site historique majeur.

Condamnations fermes de Kiev

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky accuse Moscou de privilégier la terreur à la diplomatie :
« Profiter des journées d’hiver les plus froides pour terroriser la population est plus important pour la Russie que choisir la diplomatie », a-t-il écrit sur Telegram, rappelant l’ampleur des frappes de la nuit.

De son côté, le ministre des affaires étrangères Andrii Sybiha dénonce des « attaques génocidaires ». Selon lui, le président russe Vladimir Poutine aurait délibérément attendu la chute des températures et accumulé missiles et drones pour frapper la population civile. Il affirme que ni les discussions diplomatiques prévues à Abou Dhabi, ni les engagements pris envers les États-Unis n’ont freiné ces attaques.
« Poutine doit être privé de l’illusion qu’il peut obtenir quoi que ce soit par la terreur », insiste-t-il, appelant la communauté internationale à agir.

Une trêve énergétique de courte durée

Ces frappes marquent la fin de la brève « trêve de l’énergie » annoncée par Moscou, censée durer jusqu’au 1er février à la demande du président américain Donald Trump. Dimanche déjà, une attaque russe avait fait 12 morts parmi des employés d’une mine de charbon dans la région de Dnipropetrovsk.

Une nouvelle session de pourparlers tripartites entre Kiev, Moscou et Washington est prévue mercredi et jeudi aux Émirats arabes unis, dans un contexte diplomatique fragilisé par la reprise des bombardements.

Une population civile en première ligne

En pleine vague de froid extrême, ces frappes aggravent une situation humanitaire déjà critique. Chauffage, électricité et conditions de vie élémentaires sont au cœur des attaques, accentuant la vulnérabilité des civils ukrainiens. Pour Kiev, la stratégie russe vise clairement à épuiser la population par l’hiver, au moment même où les discussions diplomatiques tentent de reprendre.

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