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Ramadan : grossesse, diabète, hypertension… quelles précautions médicales avant de jeûner ?

Par Dr Imad BOUARISSA-- depuis 3 heures 0

Du lever au coucher du soleil, ni nourriture ni eau. Le jeûne du Ramadan, qui débute le 18 février, impose environ 14 heures d’abstinence quotidienne pendant un mois. La rupture du jeûne a lieu au coucher du soleil, lors de l’iftar.
Un second repas, le sahur, est pris avant l’aube. Pour une personne en bonne santé, ce rythme peut être supporté.
En revanche, en cas de grossesse, de diabète ou de maladie cardiovasculaire, le jeûne nécessite une évaluation médicale préalable.

Qui peut être dispensé ?

Les textes religieux prévoient des exemptions :

  • enfants avant la puberté,

  • femmes enceintes ou allaitantes si leur santé ou celle de l’enfant est menacée,

  • personnes malades.

Dans la pratique, certains patients souhaitent néanmoins jeûner. La décision doit alors être individualisée et encadrée médicalement.

Grossesse : évaluer le risque materno-fœtal

Pendant la grossesse, les besoins en eau et en nutriments augmentent. La déshydratation prolongée peut entraîner :

  • fatigue intense,

  • hypotension,

  • contractions utérines,

  • troubles métaboliques.

Les recommandations médicales sont prudentes, surtout :

  • au premier trimestre (risque de nausées et d’hypoglycémie),

  • au troisième trimestre (risque de déshydratation et de contractions).

Avant toute décision, une consultation avec un médecin ou une sage-femme est indispensable.
Une surveillance du poids, de la tension artérielle et de la croissance fœtale peut être nécessaire.

En cas de vertiges, de contractions, de diminution des mouvements fœtaux ou de malaise, le jeûne doit être interrompu immédiatement.

Diabète : une évaluation au cas par cas

Le jeûne modifie profondément l’équilibre glycémique. Les risques principaux sont :

  • hypoglycémie (taux de sucre trop bas),

  • hyperglycémie (taux trop élevé),

  • acidocétose diabétique,

  • déshydratation.

Les recommandations de l’International Diabetes Federation et de la Diabetes and Ramadan International Alliance classent les patients en plusieurs niveaux de risque.

Diabète de type 2

  • Bien contrôlé : risque faible à modéré.

  • Mal contrôlé : risque élevé.

Diabète de type 1

  • Bien contrôlé : risque élevé.

  • Mal contrôlé : risque très élevé.

En cas de risque très élevé, le jeûne est formellement déconseillé.

Mesures indispensables pour les patients diabétiques

Une consultation médicale plusieurs semaines avant le Ramadan est recommandée.

Le médecin peut :

  • adapter les doses d’insuline ou d’antidiabétiques oraux,

  • modifier les horaires de prise,

  • établir un plan de surveillance.

La glycémie doit être mesurée plusieurs fois par jour.
Contrôler sa glycémie ne rompt pas le jeûne.

Hydratation recommandée :

  • environ un litre d’eau après l’iftar,

  • un litre avant le sahur.

L’alimentation doit être fractionnée sur au moins deux repas équilibrés, avec :

  • glucides complexes à index glycémique bas,

  • fibres,

  • protéines maigres,

  • limitation des sucres rapides et des fritures.

En cas d’hypoglycémie (< 0,7 g/L) ou d’hyperglycémie sévère, le jeûne doit être interrompu immédiatement.

Hypertension et maladies cardiaques

Selon Melissa Dominicé Dao, médecin aux Hôpitaux universitaires de Genève, le jeûne semble compatible avec :

  • une hypertension artérielle bien contrôlée,

  • une cardiopathie ischémique stable,

  • une insuffisance cardiaque stabilisée.

En revanche, il est déconseillé en cas de :

  • infarctus récent,

  • angor instable,

  • décompensation cardiaque récente,

  • traitement par diurétiques à forte dose.

Le jeûne peut modifier la tension artérielle et favoriser la déshydratation, surtout en cas de chaleur.

Une surveillance régulière de la tension est recommandée.

Conseils généraux pour un jeûne plus sûr

  • Anticiper avec un professionnel de santé.

  • Ne jamais arrêter ou modifier un traitement sans avis médical.

  • Fractionner les apports alimentaires.

  • Éviter les excès de sucre et de sel à l’iftar.

  • Limiter les boissons caféinées et sucrées.

  • Privilégier l’eau et les aliments riches en fibres.

  • Dormir suffisamment pour favoriser l’équilibre métabolique.

Un principe essentiel : la santé prime

Le jeûne du Ramadan est un acte spirituel. Il ne doit pas mettre en danger la santé. En cas de doute, la priorité reste la sécurité médicale. Une discussion avec son médecin permet d’adapter la pratique ou de justifier une dispense.

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