Le conflit a franchi un nouveau seuil. Ce samedi 28 février, Israël a annoncé avoir lancé une « frappe préventive » contre l’Iran. Les États-Unis participent également aux opérations, selon le président américain Donald Trump.
Les premières informations locales font état de plusieurs dizaines de morts. L’un des bilans les plus lourds concerne le bombardement d’une école primaire dans le sud de l’Iran.
Une école touchée dans le sud de l’Iran
Selon les médias iraniens, dont la chaîne publique IRIB, une frappe israélienne a visé une école primaire de filles à Minab, dans la province d’Hormozgan.
Le bilan provisoire fait état d’au moins 40 morts, dont des élèves, et de 48 blessés. D’autres bilans locaux évoquent un total de 51 morts dans un établissement scolaire.
Ces chiffres restent à confirmer de manière indépendante.
État d’urgence en Iran, sirènes en Israël
Face aux bombardements, les autorités iraniennes ont décrété la fermeture de l’espace aérien jusqu’à nouvel ordre.
De son côté, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a annoncé un « état d’urgence spécial et immédiat » sur l’ensemble du territoire. Les sirènes d’alerte ont retenti à Jérusalem. Les habitants ont reçu sur leur téléphone un message signalant une « alerte extrêmement grave ».
Donald Trump justifie l’intervention
Dans un échange téléphonique avec le Washington Post depuis sa résidence de Mar-a-Lago, Donald Trump a expliqué que sa principale motivation était la « liberté » du peuple iranien.
« Tout ce que je veux, c’est la liberté pour le peuple », a-t-il déclaré. « Je veux une nation sûre, et c’est ce que nous allons avoir », a-t-il ajouté.
Cette prise de position contraste avec ses déclarations passées contre les politiques interventionnistes menées par d’anciennes administrations américaines.
Mais, pour les observateurs, Trump cherche à détourner la pression internationale sur le génoise sioniste à Gaza et l’affaire Epstein
Riposte iranienne vers Tel-Aviv et Beer-Sheva
Selon le quotidien israélien Haaretz, l’Iran aurait lancé une trentaine de missiles en direction d’Israël. Les zones visées seraient Tel-Aviv et Beer-Sheva, principale agglomération du sud du pays.
Aucun bilan humain n’était disponible dans l’immédiat. Jérusalem et Haïfa ne figuraient pas parmi les cibles mentionnées.
Dans un communiqué, le corps des Gardiens de la Révolution islamique a annoncé le lancement d'”une vaste vague” d’attaques de missiles et de drones contre l’entité sioniste en réponse aux frappes américano-sionistes contre l’Iran.
La télévision iranienne a annoncé que “les forces armées iraniennes ciblent les forces américaines dans la région”.
De son côté, l’agence de presse iranienne IRNA a rapporté, citant le porte-parole du ministère iranien de la Santé et de l’Enseignement médical, Hossein Kermanpour, que “l’ensemble des hôpitaux du pays sont en état
d’alerte”, ajoutant que “les équipes de secours se sont rendues sur les lieux des explosions afin de porter assistance aux personnes touchées”.
Plus tôt dans la journée, la capitale Téhéran et d’autres villes iraniennes avaient été secouées par des explosions à la suite de frappes américaines et sionistes ayant ciblé plusieurs sites, notamment à Ispahan, Tabriz, Karaj et Qom.
Le ministère iranien de l’Intérieur condamne les frappes américaines et sionistes
Le ministère iranien de l’Intérieur a condamné, samedi, les frappes menées par les Etats-Unis et l’entité sioniste contre plusieurs sites à travers le pays, a rapporté l’agence de presse iranienne IRNA.
La tension gagne toute la région
Des explosions ont été signalées dans plusieurs pays du Golfe, notamment à Abu Dhabi, au Koweït, au Qatar et à Bahreïn.
Les Émirats arabes unis ont confirmé avoir été attaqués et se disent « prêts » à une riposte.
En Irak, le groupe chiite Kataeb Hezbollah, proche de l’Iran, a annoncé son intention de viser les bases américaines en représailles à ce qu’il qualifie d’« agression ».
Dans un communiqué relayé par le New York Times, le mouvement affirme : « Nous commencerons bientôt à attaquer les bases américaines en réponse à leur agression. »
Deux combattants auraient été tués lors de frappes aériennes contre la base de Jurf al-Sakher (également appelée Jurf al-Nasr), dans le sud de l’Irak.
La médiation omanaise compromise
Avant l’escalade militaire, Oman jouait un rôle de médiateur entre Washington et Téhéran.
Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr Albusaidi, a vivement critiqué l’intervention américaine.
« Des négociations actives et sérieuses ont une fois de plus été compromises », a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux.
« J’exhorte les États-Unis à ne pas s’engager davantage dans ce conflit. Ce n’est pas votre guerre », a-t-il ajouté.
Vendredi encore, il se montrait optimiste, affirmant que l’Iran avait consenti à des concessions significatives sur son programme nucléaire.
Appels à la désescalade
Parmi les réactions internationales, la Norvège a dénoncé des frappes contraires au droit international et appelé à une désescalade immédiate.
Plusieurs chancelleries occidentales et régionales redoutent désormais un embrasement généralisé du Moyen-Orient.
Un conflit aux conséquences incertaines
Entre bombardements, ripostes de missiles et menaces d’attaques indirectes contre des bases américaines en Irak, le risque d’élargissement régional est réel.
L’état d’urgence décrété en Israël, la fermeture de l’espace aérien iranien et la multiplication des explosions dans les pays voisins traduisent une situation hautement volatile.
Les bilans humains restent provisoires. Les prochains jours seront déterminants pour mesurer l’ampleur réelle de cette confrontation et les possibilités, encore fragiles, d’un retour à la négociation.
Des explosions se produisent en Israël et dans les États arabes du Golfe.
Des explosions ont secoué le nord d’Israël alors que le pays s’efforçait d’intercepter des missiles iraniens peu après l’attaque de l’Iran. Ces déflagrations ont retenti juste après que l’armée israélienne a annoncé l’utilisation de ses systèmes de défense aérienne pour contrer les tirs iraniens. Aucune information n’était disponible dans l’immédiat concernant d’éventuelles victimes ou des dégâts liés à l’attaque en cours.
Des explosions ont également eu lieu dans plusieurs pays arabes du Golfe abritant des installations militaires américaines, notamment le Qatar, le Koweït, les Émirats arabes unis et Bahreïn. L’agence de presse iranienne Fars a confirmé que le pays avait mené des attaques contre des bases militaires dans chacun de ces pays, dont la base aérienne d’Al Udeid au Qatar et le quartier général de la 5e flotte de l’US Navy à Bahreïn.
Le ministère de la Défense du Qatar a déclaré avoir « déjoué avec succès plusieurs attaques visant le territoire du pays », après plusieurs séries d’alertes.
L’agence de presse officielle des Émirats arabes unis a rapporté qu’une personne a été tuée à Abou Dhabi après l’interception de missiles iraniens.
Muhanad Seloom, professeur adjoint d’études critiques sur la sécurité à l’Institut d’études supérieures de Doha, a déclaré à Al Jazeera que l’Iran souhaite « augmenter le coût » pour les pays de la région proches des États-Unis.
« Ils tentent d’entraîner d’autres pays de la région dans cette guerre », a déclaré Seloom. « Ils veulent faire payer plus cher à ces pays, dans l’espoir sans doute que ces derniers fassent pression sur l’administration américaine pour qu’elle mette fin à ce conflit. »
Sirènes en Israël
Alors que les sirènes retentissaient et que l’état d’urgence était déclaré en Israël, l’armée israélienne a déclaré avoir émis une « alerte proactive afin de préparer le public à l’éventualité de tirs de missiles vers l’État d’Israël ».
L’Autorité aéroportuaire israélienne a annoncé la fermeture de son espace aérien à tous les vols civils et a exhorté le public à ne pas se rendre à l’aéroport.
Selon un responsable de la défense israélienne cité par Reuters, les attaques étaient planifiées depuis des mois et la date de lancement avait été décidée il y a des semaines, alors même que les États-Unis et l’Iran menaient des négociations .
Mehran Kamrava, directeur de l’unité d’études iraniennes au Centre arabe de recherche et d’études politiques et professeur à l’université de Georgetown au Qatar, a déclaré qu’Israël « semble avoir lancé une attaque destinée à faire dérailler les négociations ».
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