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Funérailles d’Ali Khamenei, nouvelles frappes au Liban et tournant politique à Gaza : le Proche-Orient reste sous haute tension

Par H.B.-- depuis 3 heures 0

Le Proche-Orient connaît une nouvelle journée marquée par une forte intensification des tensions. Alors que des millions d’Iraniens ont rendu un dernier hommage au guide suprême iranien Ali Khamenei, tué dans un assassinat qui bouleverse l’équilibre régional, l’armée israélienne poursuit ses opérations militaires au Liban malgré un cessez-le-feu conclu récemment sous médiation américaine. Dans le même temps, le Hamas annonce une décision politique majeure en acceptant de céder l’administration civile de la bande de Gaza à une nouvelle autorité nationale.

Des funérailles géantes pour Ali Khamenei à Téhéran

La capitale iranienne a été le théâtre d’une mobilisation exceptionnelle à l’occasion des funérailles du guide suprême Ali Khamenei. Selon les autorités iraniennes, plusieurs millions de personnes ont envahi les rues de Téhéran pour assister à la cérémonie d’hommage.

Des foules immenses se sont rassemblées le long du cortège funéraire, dans une démonstration de soutien au dirigeant iranien dont l’assassinat provoque une onde de choc politique, militaire et diplomatique dans toute la région.

Cette cérémonie intervient dans un contexte particulièrement explosif, marqué par une multiplication des affrontements et une aggravation des tensions entre Israël, l’Iran et plusieurs groupes armés alliés de Téhéran.

Les sionsites poursuivent leurs frappes au Liban malgré le cessez-le-feu

Au Liban, les combats ne sont pas totalement interrompus malgré l’accord de cessez-le-feu conclu le mois dernier entre Israël et le gouvernement libanais sous l’égide des États-Unis.

L’armée israélienne a mené plusieurs frappes aériennes, notamment contre la localité de Nabatieh al-Fawqa, dans le sud du Liban. Des drones israéliens ont également été signalés dans plusieurs secteurs de la région.

Parallèlement, l’armée israélienne affirme avoir pris le « contrôle opérationnel total » du village de Haddatha, situé dans le sud du Liban et présenté par Tel-Aviv comme un important centre d’activités du Hezbollah.

Selon les autorités militaires israéliennes, plus de 90 infrastructures militaires et positions de tir auraient été détruites dans cette localité. L’armée affirme également que plus de vingt combattants du Hezbollah ont été tués au cours de cette opération.

Israël considère désormais Haddatha comme faisant partie de sa « zone de sécurité », alors même que le cessez-le-feu est officiellement toujours en vigueur.

Des villages détruits et des centaines de milliers de déplacés

Sur le terrain, les conséquences humanitaires restent particulièrement lourdes.

D’après des statistiques publiées conjointement par les Nations unies et le gouvernement libanais, environ 40 % des plus d’un million de personnes déplacées depuis le début du conflit ont pu regagner leur domicile.

Cependant, pour une grande partie d’entre elles, le retour est extrêmement difficile.

De nombreuses habitations ont été totalement détruites ou gravement endommagées par les bombardements israéliens. Dans plusieurs villages, les habitants vivent désormais sous des tentes installées à proximité de leurs maisons en ruines.

Les infrastructures essentielles sont également très touchées :

  • réseau électrique largement détruit ;
  • absence d’approvisionnement en eau potable ;
  • télécommunications fortement perturbées ;
  • routes et bâtiments publics gravement endommagés.

Les autorités locales expliquent manquer de ressources financières pour reconstruire les villages et accompagner le retour des habitants.

Près de 60 % des déplacés ne peuvent toujours pas rentrer chez eux, notamment dans les localités situées à proximité de la zone actuellement contrôlée par Israël.

À Bint Jbeil, une vidéo diffusée par l’armée israélienne montre la destruction complète d’un quartier entier. Selon les chiffres officiels libanais, près de 90 000 logements ont été détruits ou endommagés depuis le début des combats.

L’entité sionissite maintient une pression militaire constante

Même si l’intensité des frappes a diminué depuis la mi-juin, les opérations militaires israéliennes se poursuivent.

Les attaques prennent plusieurs formes :

  • frappes aériennes ;
  • attaques de drones ;
  • tirs d’artillerie ;
  • destruction contrôlée de bâtiments.

Selon plusieurs observateurs, des drones israéliens larguent également des grenades assourdissantes afin d’empêcher les civils de revenir dans certains villages frontaliers.

Pour plusieurs analystes, cette stratégie viserait à maintenir un contrôle de facto sur une partie du territoire libanais et à renforcer la position israélienne dans les futures négociations.

Le chef de l’armée israélienne a d’ailleurs déclaré que les opérations contre le Hezbollah se poursuivraient tant que l’armée libanaise n’aurait pas rempli les engagements prévus dans l’accord conclu en juin.

Les chrétiens libanais dénoncent une campagne de désinformation

Plusieurs responsables chrétiens libanais ont vivement réagi aux déclarations israéliennes affirmant que certains habitants de villages chrétiens du sud du Liban souhaiteraient rejoindre Israël ou obtenir la nationalité israélienne.

Maroun El-Khouli, président de la Confédération générale des syndicats libanais, qualifie ces affirmations de totalement fausses.

Selon lui, ces déclarations viseraient à créer des tensions entre les communautés chrétiennes et chiites afin de fragiliser la cohésion nationale libanaise.

Même position pour Shadi Massaad, ancien responsable du Fonds central des déplacés, qui affirme que les habitants des villages de Rmeish, Aïn Ebel, Debel ou Alma al-Chaab restent profondément attachés à leur appartenance au Liban.

« Le Liban restera notre seule patrie et l’État libanais demeurera notre unique autorité légitime », a-t-il déclaré.

Gaza : le Hamas annonce un tournant politique majeur

Pendant ce temps, la situation évolue également dans la bande de Gaza. Le Comité gouvernemental d’urgence, qui assurait l’administration du territoire sous l’autorité du Hamas, a officiellement annoncé sa dissolution.

Son président, Mohammed Al-Farra, a présenté sa démission afin de faciliter le transfert des responsabilités administratives vers le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG).

Cette nouvelle structure avait été créée dans le cadre du processus politique mis en place après le cessez-le-feu négocié en octobre 2025.

Le Hamas affirme vouloir lever tout obstacle susceptible de servir de prétexte à la poursuite des opérations militaires israéliennes.

Son porte-parole, Hazem Qassem, a indiqué que le mouvement était désormais prêt à remettre l’ensemble des responsabilités gouvernementales à cette nouvelle autorité afin d’assurer la continuité des services publics et de favoriser la reconstruction de Gaza.

Le Comité gouvernemental d’urgence appelle désormais les médiateurs internationaux à accélérer le déploiement du NCAG dans l’enclave palestinienne.

Plus de 11 000 attaques recensées en Cisjordanie en six mois

En Cisjordanie occupée, la Commission palestinienne de lutte contre la colonisation affirme avoir recensé 11 074 attaques commises par les forces israéliennes et des colons au cours du premier semestre 2026.

Selon son rapport :

  • Hébron est le gouvernorat le plus touché avec 2 224 incidents ;
  • Ramallah et Al-Bireh enregistrent 2 175 attaques ;
  • Naplouse en compte 2 095 ;
  • Bethléem en recense 1 137.

Le rapport indique également que :

  • 3 488 attaques ont été attribuées à des colons israéliens ;
  • 17 Palestiniens ont été tués lors de ces violences ;
  • 42 nouveaux avant-postes de colonisation ont été créés ;
  • 34 nouvelles colonies ont été approuvées durant les six premiers mois de 2026, portant à 103 le nombre total de colonies autorisées sous le gouvernement actuel ;
  • environ 4,4 km² de terres palestiniennes ont été saisis ;
  • 341 bâtiments ont été démolis ;
  • plus de 45 000 arbres ont été coupés ou endommagés, dont près de 26 400 oliviers ;
  • 26 communautés bédouines ont subi d’importants dégâts liés aux violences de colons.

Une région toujours au bord de l’embrasement

Entre les funérailles historiques organisées à Téhéran, la poursuite des opérations militaires israéliennes au Liban malgré le cessez-le-feu, les destructions massives dans le sud du Liban, la réorganisation politique annoncée par le Hamas à Gaza et l’accélération de la colonisation en Cisjordanie, le Proche-Orient traverse une nouvelle phase de fortes tensions.

Malgré plusieurs initiatives diplomatiques, la mise en œuvre des accords de cessez-le-feu demeure fragile, tandis que la situation humanitaire continue de se dégrader dans plusieurs territoires de la région.

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