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Algérie – Vendredi 1er mars 2019 : Une journée historique Imposantes marches contre le 5eme mandat à travers toute l’Algérie

Par B.CH / yacine benrabia -- 02-Mar-2019 4092

Depuis l’annonce du clan de Bouteflika son attention de se présenter aux prochaines élections présidentielles, les Algériens ont brisé le mur de la peur et ont  massivement sorti dans la rue pour dire : ‘’NON au 5eme MANDAT’’.

Hier, vendredi 1er mars 2019, à l’heure où la prière se termine, des milliers de personnes ont décidé de ne pas rentrer chez eux. Ils ont défilé à Alger et d’autres régions du pays pour dire leur refus de voir le président sortant, 81 ans, briguer un cinquième mandat le 18 avril en dépit de son état de santé.

Un mouvement inédit et spectaculaire : c’est la première fois, en vingt ans de l’ère Bouteflika, que les Algériens descendent simultanément dans les rues de plusieurs régions du pays pour le contester et dénoncer ces aberrations.

Les manifestations ont touché ce deuxième vendredi, en plus des grandes villes, des régions reculées du pays. Téléphones portables brandis au-dessus des têtes, ils filment. Il leur faut diffuser en direct sur les réseaux sociaux ce réveil du peuple dans un pays où toute manifestation est officiellement interdite depuis des années et où la police intervient généralement sur-le-champ pour endiguer la moindre tentative de rassemblement ou de protestation.

Cette fois pourtant, dans plusieurs villes du pays,  les forces de sécurité ne leur barrent pas la route. Le trafic Internet est certes ralenti depuis la veille au soir, mais qu’à cela ne tienne, les images se répandent peu à peu et le cortège grossit au cri des manifestants.

A Alger, les forces anti-émeutes, déployées en grand nombre, ont essayé d’empêcher les marcheurs de se regrouper et d’atteindre la présidence.  Ils ont usé des gaz de lacrymogène dans plusieurs endroits. Les manifestants n’ont pas répondu par la force. Ils ont changé d’itinéraires.

Les slogans sont simples,  tranchants venant du simple citoyen :

L’annonce de la candidature de Bouteflika à un cinquième mandat a fait tomber les digues de la bienséance.  Les mots d’ordre des cortèges sont simples et unifiés mais ne ménagent personne. «Bouteflika, ya Saïd, pas de cinquième mandat » ; « Non au 5eme mandat ! » ; « Non à la mascarade » ;  « Le peuple veut le changement du régime » ; « Le cinquième mandat est une honte et une aberration » ; « On en a marre d’être gouverné par un cadre » ;

Ainsi, un slogan irrespectueux venu des stades de football, où les tribunes sont connues pour être des espaces de contestation politique, était particulièrement repris : « Bouteflika le Marocain, pas de cinquième mandat ».

Ahmed Ouyahia, le mal aimé du peuple et l’homme des ‘’sales besognes’’, n’a pas été épargné. Les manifestants ont scandé des slogans très virulents à son encontre. Ils l’ont bien responsabilisé de la crise politique et économique en Algérie. Avec ses décisions économiques, il plongea l’administration du pays dans un régime de corruption inédit. Avec ses dérapages provocants, choquants et parfois humiliants, le premier ministre et SG du RND a été qualifié par les manifestants de ‘’Voleur, lèche bottes, et même de terroristes…’’

Les messages politiques déformés par Sidi Saïd, Bouchareb, Amara Benyounes, Amar Ghoul  et compagnie ont poussé la population de sortir avec des drapeaux noirs pour démontrer au monde que les gens qui entourent Bouteflika ne sont audacieux que parce qu’ils se cachent derrière les forces de l’ordre.

Des cortèges imposants et sans précédents !

Déterminé, le cortège avance et grossit encore, rejoint par des jeunes du centre-ville qui veulent faire savoir que « les autorités nous méprisent ! »

L’appel à manifester avait suscité beaucoup de craintes. Mais tout s’est bien passé.  « Je n’ai plus peur. Je suis venu pour exprimer mon opinion et surtout mon refus au 5eme mandat », dira Mouad, un jeune étudiant en droit. « Notre peuple est sage ! Ils nous ont méprisés, ils nous ont humiliés depuis 1962. On a marre de ce système », crie un homme d’une soixantaine d’années.

Quelques moments forts de la manifestation d’Alger :

 

– La police attaque les manifestants aux gaz lacrymogènes à la Place Audin.

– A la place du 1er Mai, des groupes de manifestants continuent d’affluer. La police utilise les gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants. Il y a des femmes, des jeunes, des vieux, des enfants.

 – Une marée humaine à Place Audin. Des manifestants arrivent de la Rue Didouche Mourad et des rues avoisinantes

– A place du 1er mai (Alger), les manifestants brandissent des cartes avec le chiffre 5 barré en rouge.

– Les manifestants scandent des slogans hostiles au 5e mandat, à Bouteflika. “Djazaïr Houra Democratia”

– Les manifestants ne sont pas autorisés à marcher vers l’APN. Un important dispositif de sécurité est déployé à la Grande Poste pour les empêcher de marcher vers l’APN et la Place des Martyrs. Les manifestants n’insistent pas et évitent de s’accrocher avec les forces de l’ordre.

– Les manifestants sont bloqués à l’hôtel Saint Georges où la police qui utilise des gaz lacrymogènes pour les empêcher de poursuivre la marche vers la Présidence. Les manifestants reculent et évitent d’affronter les policiers.

– Les manifestants sont bloqués par la police au niveau de l’hôtel Saint Georges. Les forces antiémeutes, fortement déployées, bloquent le passage vers la Présidence.

– La police a tiré de nombreuses grenades lacrymogènes pour dégager l’entrée du Palais du gouvernement, pour disperser les très nombreux manifestants rassemblés devant le bâtiment à Alger.

– Des manifestants ont été blessés par des tirs de gaz lacrymogènes.

– Deux policiers antiémeutes ont enlevé leurs casques, ils sont fortement applaudis par les manifestants devant l’hôtel Saint Georges.

– Les policiers tirent aux gaz lacrymogènes sur les manifestants devant le lycée Descartes à quelques centaines de mètres de la Présidence.

– Les marcheurs qui remontaient de la Grande Poste, vers la Rue Pasteur, dans le centre d’Alger. Arrivés devant la clinique des grands brûlés, ils se sont tus, par respect aux malades.

– Des jeunes munis de sacs verts ramassement les bouteilles et nettoient la rue.

– Affrontements à la Place du 1er mai, Alger.

– Retour au calme dans le centre d’Alger (Grande Poste, Place Audin, rue Didouche Mourad)

– Selon une source policière, il y a eu 800 000 manifestants à Alger

– Le métro d’Alger est à l’arrêt depuis le début de la marche. Beaucoup de gens sont bloqués à Alger-centre, faute de transports.

– Le JT de 20h00 de l’ENTV ouvre aussi avec les manifestations contre le 5e mandat. La télévision publique ignore les slogans contre le 5e mandat de Bouteflika et parle de manifestations pacifiques, et des demandes pour un changement pacifique. Elle fait part de quelques échauffourées entre les policiers et les manifestants.

– Deux manifestants sont morts durant la manifestation. L’un est le fils de l’ancien président du GPRA Youcef Benkhada, Hacen Benkheda âgé de 60 ans est décédé pas loin de l’hôtel El Djazair.

– Des échauffourées ont été éclatées devant l’hôtel El Djazair causant des blessés chez les manifestants et des dégâts matériels.

– Plusieurs blessés, appartenant à des groupes de jeunes, portaient des plaies à la tête dues à des coups de matraque ou des pierres renvoyées par les policiers.

– Une voiture a été brûlée, par des inconnus, au niveau de la place 1er mai, après la manifestation.

– Une agence de banque située pas loin de l’hôtel El Djazair, a été brulée.

–   La police tirait de nombreuses grenades lacrymogènes pour tenter de disperser un groupe d’environ 200 personnes, à environ 1,5 km de la présidence de la République.

– Sur la chaussée, au rond-point entre l’hôtel Saint Georges et El Mouradia, les traces de la violence des affrontements entre la police et les manifestants.

La femme algérienne dans les marches contre le 5eme mandat :

Malgré sa timide présence dans les manifestations des petites villes de l’intérieur du pays, à Alger,  sa présence est n’est pas négligeable. La présence de la Moudjahida Djamila Bouhired qui a participé, dès les premières heures  à la marche est un poids fort pour la femme et un soutien important pour cette marche.

Des jeunes filles, des femmes, des femmes âgées et des familles entières ont  manifesté. Après la manifestation,  des filles mobilisées pour nettoyer les rues d’Alger.

Les personnalités présentes dans la rue :

Les manifestants ont très bien apprécié la présence à leur coté la Moudjahida Djamila Bouhired et l’industriel et homme d’affaire algérien Issaad Rabrab. Plusieurs Moudjahidine, défenseurs des droits de l’homme, des artistes, des journalistes, … ont été eux aussi accueillis par les manifestants.

Mais ils avaient émis des réserves concernant la participation de quelques professionnels de la politiques tels que :

– Mokri HMS

– Djabellah

– Louisa Hanoune PT

– Ali Benflis

– Moussa Touati, président du FNA

– Mohcine Belabbas, président du RCD

– Said Saadi

– L’ancien ministre Ali Benouari participe à la manifestation à Alger

Mobilisation à travers l’Algérie :

– Mobilisation record à Oran. Parmi la foule qui scande slogans anti-système, beaucoup de femmes et des familles entières ont pris part à cette marche grandiose.

– A Constantine, la mobilisation est très importante. Les manifestants scandent “Dégage FLN, dégage Ouyahia, pas de 5e mandat”.

– A Mostaganem, des milliers de manifestants sont en train de marcher en ce moment dans les principales artères de la ville. Les marcheurs scandent des slogans anti-5e mandat. Aucun incident n’est à signaler, la manifestation se déroule dans le calme et la sérénité.

 – Mascara, plusieurs milliers de manifestants ont investi la principale artère de la ville pour exprimer leur hostilité à la continuité du système politique actuel. La manifestation est résolument pacifique.

– A Bordj Bou Arreridj, des centaines de milliers sont descendus dans la rue pour dire NON au 5eme mandat. Aucun incident n’a été enregistré. Des scènes de solidarités ont été enregistrées tout au long de la manifestation.

– L’artère principale à Bordj el-Kiffan bloquée par des manifestants qui ont brûlé des pneus. La police aurait tabassé des jeunes, selon des témoins.

– A Sétif, une grandiose manifestation a eu lieu dans le centre ville et plusieurs communes.

– A Annaba, une imposante manifestation qui a continue dans la soirée

– A Batna,

– A Tizi Ouzou,

– A Bejaia,

– A Tamanrasset, les habitants ont marché contre le 5e mandat, comme dans tout le pays

– A Bouira,

– A Ourgla

– A Djelfa

– A Saida

– A Timimoune

– A M’Sila

– A El Beid

– A El Oued

– A SIdi Belabes

– A Guelma

– A Souk Ahras

– A Laghouat

– A Tebessa,

– A Relizane

– A Tipaza

– A Blida

– A Ghardaia

– A Boumerdes

– A Chlef

– A Oum Bouaghi

– A Biskra

– A Tlemcen

– A Jijel

– A Skikda

– A Médéa

– A Mostaghanem

– A Mascara

– A Ourgla

– A Taref

– A Tissemsilt

– A Ain temouchent

– A Mila

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