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Affaire Amira Bouraoui : Des algériens et partis politiques dénoncent la violation de la souveraineté nationale

Par Y.B.-- 10-Fév-2023 1

Une nouvelle crise entre l’Algérie et la France vient d’être déclenchée par l’affaire de la militante binationale Amira Bouiraoui. L’Algérie a réagi mercredi 8 février en rappelant son ambassadeur à Paris et en dénonçant une « exfiltration clandestine » d’une ressortissante algérienne et «  une violation de la souveraineté nationale ». Jeudi, la France a réagi à son tour par le biais d’un porte-parole de son ministère des affaires étrangères, François Delmas. Ce dernier a tenu à rappeler qu’Amira Bouraoui était « une ressortissante française et qu’à ce titre, les autorités françaises exercent leur protection consulaire » et d’ajouter : « Il s’agit d’une procédure qui ne ressort d’aucune manière de l’ordinaire ».

De nombreux algériens et la classe politique déplorent cette exfiltration clandestine et illégale de la ressortissante algérienne Amira Bouraoui de la Tunisie vers la France qui remet en cause les règles et usages des relations internationales.

Des algériens ne vont pas sur le dos de la cuillère et dénoncent aussi  un ‘’ néocolonialisme coproduit dans la plus pernicieuse des connivences’’

En effet, si Amira Bouraoui a bien été « exfiltrée » de Tunisie par les services de sécurité français, en toute illégalité et dans les règles de l’art de la diplomatie autoritaire, la Tunisie partage la responsabilité avec la France.

« Il faut d’abord rétablir les faits : Amira Bouraoui n’était pas menacée par une extradition, comme l’a écrit la presse française, mais par une expulsion vers l’Algérie. Pour Me Slimane, l’extradition est une mesure judiciaire, prévue par des accords bilatéraux, qu’un État requiert auprès d’un autre afin qu’une personne poursuivie ou condamnée par ses autorités judiciaires puisse lui être renvoyée afin de se soumettre aux poursuites ou à la peine prononcée. L’expulsion est une mesure qu’un Etat peut prendre contre une personne de nationalité étrangère qui se trouve sur son territoire de façon irrégulière.

Tout indique qu’Amira Bouraoui avait été interpellée à Tunis vendredi 3 février puis entendu par le tribunal cantonal de Tunis le lundi suivant pour avoir ‘’franchi illégalement la frontière algéro-tunisienne’’ et pour rien d’autre. Il était donc clair que la justice tunisienne n’avait pas été saisie par l’Algérie d’une demande d’extradition en rapport avec les poursuites dont l’intéressée faisait l’objet en Algérie.

Aussi bien l’affaire relevait-elle donc exclusivement du droit interne tunisien et c’est en application de la loi de son pays que la justice décidait de la remettre en liberté en attendant l’examen du dossier renvoyé au 23 février.

C’est le dérapage des autorités de police tunisiennes lorsqu’elles ont décidé d’interpeller Bouraoui à sa sortie de l’enceinte judiciaire qui a donné une autre tournure à l’affaire, à ceci près que ce dérapage demeurait une affaire intérieure tunisienne puisque les services de police entendaient court-circuiter la procédure et préparaient une expulsion illégale vers l’Algérie.

Mais l’entrée en jeu de la France au nom de son devoir de protection de l’une de ses ressortissantes n’aurait pas empêché la Tunisie de sauver l’honneur si elle avait choisi la voie du respect de sa propre légalité et enjoint à ses services de police de se soumettre à la décision de la justice. Au lieu de quoi, confrontée aux services consulaires françaises, elle a cédé à leurs instances, désavouant dans un même mouvement ses services policiers, son institution judiciaire et sa loi souveraine.

Ayant choisi ainsi de négocier l’affaire en coulisses, avec des protagonistes et à travers des péripéties dont on ne sait rien, elle l’a soumise à un marchandage politico-diplomatique qui mettait en concurrence l’Algérie et la France et dans lequel le jeu des influences a tourné à l’avantage de la France.

En définitive, l’affaire se résume à un mépris du droit par toutes les parties. Les Tunisiens qui furent les premiers à s’engager dans cette voie y ont été suivis sans état d’âme par les Français qui ont recouru à des moyens bien moins orthodoxes. Le quotidien Le Monde a en effet fait état le 7 février de ‘’multiples interventions de Paris auprès de la présidence et des plus hautes autorités tunisiennes’’ pour dessaisir Tunis de ses prérogatives à juger une personne entrée illégalement sur son territoire.

Dans cette affaire, trois parties ont beaucoup à perdre :

– La Tunisie, sans aucun doute qui, en désavouant ses institutions judiciaires et son parti pris en faveur de la France, s’est mise à la merci des assauts de la diplomatie française et surtout à sa mauvaise foi.

Amira Bouraoui qui a renoncé à l’image d’opposante algérienne qu’elle a mis tant d’années à se forger, pour devenir à tout jamais l’« activiste franco-algérienne » qui a accepté un rapatriement en France dans les bagages des services de sécurité français. C’est un signe de renoncement à la citoyenneté Algérienne au vue de nombreux activistes qui sont restés en Algérie. Car ce qui peut se comprendre humainement ne saurait être soustrait à un jugement politique dénué de toute indulgence.

Quant à la France, elle ne tire son épingle du jeu qu’aux yeux des idiots utiles qui, au sein de l’ « opposition » algérienne, cultivent sa réputation de tuteur universel des droits de l’homme. Pour tous ceux qui savent qu’elle ne met ses coups tordus qu’au service d’un cynisme sélectif, il n’y a rien de nouveau dans ce comportement.

L’Algérie, aux yeux de nombreux observateurs, sort de cette affaire gagnante en dévoilant la vraie image des autres parties, elle se débarrasse définitivement d’une opposante et la discrédite devant l’opinion publique, et remet à l’ordre dans sa politique extérieure.

De son coté, le parti du Front de libération nationale (FLN) a ainsi dénoncé, «énergiquement» la violation de la souveraineté nationale par des officiels relevant de l’Etat français qui ont participé à l’exfiltration clandestine et illégale d’une ressortissante algérienne dont la présence physique sur le territoire national est prescrite par une décision de la justice algérienne.

L’exfiltration clandestine et illégale s’est déroulée «sous la protection des autorités françaises», a rappelé le parti dans son communiqué, la qualifiant de «geste provocateur, de grave dérapage et une atteinte flagrante avec préméditation contre un Etat souverain».

La formation politique a réaffirmé son «rejet de toute forme d’intervention, quelle que soit sa nature ou son origine, d’autant que l’ancien colonisateur et ses résidus d’aujourd’hui parmi les lobbies et les entités qui n’ont jamais caché leur hostilité envers l’Algérie se sont habitués à de tels agissements irresponsables».

Le parti du FLN a estimé que ces agissements aux conséquences imprévisibles sont susceptibles de saper les efforts consentis en vue de promouvoir les relations entre l’Algérie et la France sur de nouvelles bases, fondées sur la souveraineté des Etats, le respect mutuel, le principe de réciprocité et les intérêts communs au mieux des deux peuples».

Le Rassemblement national démocratique (RND) a de son côté condamné, dans un communiqué, l’exfiltration clandestine et illégale, par des diplomates et des agents de sécurité français, d’une ressortissante algérienne dont la présence physique sur le territoire national est prescrite par la justice algérienne, considérant que cet agissement constituait «une violation flagrante» de la souveraineté nationale.

Le RND «suit avec une grande préoccupation les derniers développements graves de l’affaire d’exfiltration clandestine d’une ressortissante algérienne par des diplomates et des agents de sécurité français», considérant qu’il s’agit d’«une violation flagrante de la souveraineté nationale», précise le communiqué.

A cet effet, le RND «condamne dans les termes les plus vifs cet acte odieux», appelant à «riposter de la manière la plus appropriée pour réprimer l’arrogance coloniale et l’empiètement des us diplomatiques».

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