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Guerre en Ukraine : Les étudiants étrangers qui ont fui la guerre en Ukraine, victimes oubliées ou ignorées !.

Par C.B.-- 24-Fév-2023 79

Après avoir fui la guerre, des étrangers qui étudiaient en Ukraine n’ont pas bénéficié des droits octroyés aux Ukrainiens ayant eux aussi quitté le pays.

Juba B., était en deuxième année de médecine dans l’une des universités de l’Ukraine, quand Poutine a lancé sa guerre, le 24 février 2022. Dans sa fuite, il a passé des heures coincé à la frontière dans une file pour les étrangers. «Quand ça a débuté, je me suis rendu compte que nous étions seuls abandonnés, livrés à nous-mêmes», explique cet étudiant algérien  de 21 ans, qui a quitté son pays depuis 3 ans.

Juba B., n’est pas son vrai nom, mais celui qu’il utilise pour discuter avec nous. Il souhaite rester anonyme en raison des attaques racistes qu’il ne veut pas recevoir comme ses camarades après avoir évoqué leurs situations. Originaire de Kabylie, Juba faisait partie des dizaines de milliers d’étudiants étrangers en Ukraine, souvent venus de pays en développement, qui payaient relativement peu pour y étudier et surtout ils se sentaient accepter par la société ukrainienne.

Après avoir fui la guerre, ces étudiants n’ont pas bénéficié des droits octroyés aux Ukrainiens ayant eux aussi quitté le pays et se sont parfois retrouvés livrés à eux-mêmes. Quelque 76.000 étrangers étudiaient en Ukraine avant la guerre, la plupart venus d’Afrique, une pratique répandue depuis l’ère soviétique.

Depuis son entrée en zone Schengen, Juba explique qu’il n’a pas pu reprendre ses études, faute de diplôme reconnu et de ressources pour payer les frais de scolarité. Après son départ de l’Ukraine, il a fini par déposer ses bagages en Pologne, espérant pouvoir y poursuivre ses études supérieures. Un espoir qui sera brisé par une demande d’étude rejetée et une non-obtention du permis de séjour. Il décide finalement de quitter le pays sans vouloir révéler le pays dans lequel il vit actuellement.

Selon lui, il est «dans une terrible» situation financière. Le jeune homme a donc contacté les universités de toutes l’Europe, d’interpeller les Nations unies et le ministère ukrainien de l’Éducation sur leurs cas.

Il explique avoir «frappé à beaucoup de portes» qui lui ont été «refermées au nez». «On a vécu la même chose (que les Ukrainiens). Nous vivions dans le même pays. Pourquoi n’y a-t-il pas d’empathie?»«Ils nous disent que (…) ce n’est pas notre pays, qu’on peut toujours rentrer dans notre pays», ajoute-t-il. Mais «beaucoup d’étudiants ne peuvent pas y retourner et en plus comment peut-on effacer des années d’études et de sacrifices ? Pourquoi ce gâchis ?».

Dans toutes les universités européennes, les étudiants ukrainiens qui ont reçu un visa peuvent étudier sous les mêmes conditions que les citoyens britanniques, soit à des coûts bien plus faibles que les frais exorbitants demandés aux étrangers.

Mais les étudiants étrangers en Ukraine «n’ont aucune voie d’accès légale et sûre vers le Royaume-Uni ou un séjour légal dans l’un des pays européens », explique un activiste d’une association. « S’ils y arrivaient, ils devraient payer des frais très élevés pour être scolarisés », ajoute-t-il.

« Le traitement différencié dont font l’objet ces personnes, qui vivent les mêmes traumatismes de l’exil, de la séparation et de l’incertitude de l’avenir que celles qui ont la nationalité ukrainienne, est inacceptable », ont déploré des associations et ONG, dont Amnesty International. « Il faut que l’Europe dise clairement qu’elle accepte les étudiants d’États tiers et leur donne la possibilité de terminer leurs études », réclament plusieurs associations humanitaires.

 « C’est un gâchis humain mais aussi un non-sens politique puisque leurs compétences universitaires et professionnelles ont toute leur place en Europe et dans le monde entier », ont poursuivi ces organisations, réclamant une « application non discriminatoire de la protection temporaire ». « C’est une décision kafkaïenne et une fabrique à clandestins », abonde Pierre Henry, président de France Fraternités.

Rentrer en Algérie, comme le suggèrent les autorités européennes ? Impossible sans avoir obtenu au préalable les diplômes qui sanctionnent les études qu’il a déjà entamées. Mais « retourner en Ukraine, oui ».

Dans leurs pays, malgré les promesses des autorités et les universités d’accueillir ces étudiants qui ont fui la guerre,  de nombreux pays n’ont rien fait pour eux. Ils sont pour eux en dehors du système. Ils ne veulent plus entendre parler d’eux. Ils n’existent plus pour eux.

 

DES APPELS DE DÉTRESSE 

De nombreux étudiants qui n’ont pas trouvé de solutions à ce problème lancent un appel de détresse au Président ukrainien, Volodymyr Zelensky, afin de se pencher sur leurs cas et de plaider leur cause. « J’ai perdu mon futur », déclare cet étudiant de nationalité Algérienne. Il ne souhaite pas révéler son nom. À cause de la guerre, il a dû arrêter ses études en communication qu’il devait terminer cette année.

Il voit son rêve de rentrer dans son pays, diplôme dans ses cartables, s’évaporer de jour en jour.

« J’avais de l’espoir quand j’étais en Ukraine. Quand je faisais mes études, je savais qu’un jour, je finirai par obtenir mon diplôme et trouver un travail qui pourra m’aider », affirme-t-il, dépité de ne plus pouvoir poursuivre ses études.

 « La Russie nous a offert de poursuivre nos études gratuitement ou les mêmes frais qu’on payait en Ukraine. Mais plusieurs étudiants n’ont pas accepté cette offre. Je suis chez moi en Ukraine et je ne m’imagine pas ailleurs. Je veux juste continuer mes études et pourquoi pas vivre dans se pays d’adoption », dira-t-il en ajoutant qu’il n’a pas le droit de se résigner à faire une croix sur son rêve de devenir médecin. « Nous aussi, nous sommes des victimes de cette guerre et nous avons besoin d’une prise en charge ».

Selon ce réfugier, les étudiants africains sont affectés par ce qu’il considère comme un double traumatisme : celui de la guerre et celui de se faire rejeter par leur pays d’accueil tandis que leurs camarades ukrainiens sont facilement acceptés.

MERCI PORTUGAL. ‘’Terre d’accueil ‘’

 

Pays en paix, doté d’institutions démocratiques, accueillant pour les migrant·es, le Portugal est presque le seul pays d’Europe où ces réfugiés-étudiants ont trouvé une ‘’porte de sortie et d’espoir’’.

Le Portugal est une terre historique d’accueil et de solidarité. Le pays prône l’accueil inconditionnel.

Ce beau pays est un des pays les plus cléments du monde en matière d’accueil, et il m’a paru important de le détailler dans cet article : ce geste envers les étudiants étrangers qui ont fui la guerre en Ukraine que nous avons pu voir sont en quelques sortes la partie visible de l’iceberg. « Je salue la générosité des Portugais », dira notre interlocuteur qui attend le renouvellement de sa  ‘’protection temporaire’’ et espère que l’une des universités du pays acceptera sa candidature de poursuivre ses études en médecine.

Compte-tenu de son histoire et de sa position symbolique, les universités portugaises ne devaient pas rester inactives. Les étudiants-réfugiés espèrent le lancement d’un programme d’aide aux études en les acceptants dans leurs programmes. La  conviction des portugais, largement partagée par tous les démocrates, est que l’éducation, la recherche scientifique et les libertés académiques sont la marque des sociétés qui croient en leur avenir. C’est dans cet esprit, que de nombreux étudiants, espèrent une solution rapide à leur situation.

En attendant un geste envers eux, les étudiants-réfugiés tiennent à remercier le Portugal qui est vraiment un pays d’accueil.

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