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Gaza : Hamas rejette la résolution de l’ONU jugée insuffisante pour répondre aux demandes palestiniennes

Par A.B.-- 18-Nov-2025 0

Alors que la situation humanitaire à Gaza demeure catastrophique, le Hamas et plusieurs autres factions palestiniennes ont rejeté la résolution adoptée par le Conseil de sécurité des Nations unies, estimant qu’elle ne répond pas aux exigences politiques et humanitaires du peuple palestinien.
Le texte soutient le plan américain pour un cessez-le-feu et la mise en place d’une force internationale de stabilisation dans la bande de Gaza.

Une résolution validant le plan américain, mais contestée

Le Conseil de sécurité a approuvé la veille le plan porté par Washington, qui prévoit le déploiement d’une force internationale – indépendante des Casques bleus – chargée de stabiliser l’enclave, de sécuriser les infrastructures et de préparer une transition politique via la création d’un « Board of Peace », une autorité intérimaire dotée de larges pouvoirs civils et sécuritaires.

La résolution a été adoptée par 13 voix pour, 2 abstentions (Russie et Chine) et aucun vote contre. Moscou et Pékin ont exprimé leurs réserves sur l’absence de rôle clairement défini pour l’ONU ainsi que sur l’insuffisante participation palestinienne au processus.

Selon le texte, ce dispositif doit rester en place jusqu’à la fin de 2027.

 Hamas condamne une “tutelle internationale imposée”

Dans un communiqué, le Hamas a rejeté fermement la résolution, dénonçant un plan qui « ne répond pas aux revendications palestiniennes » et qui, selon le mouvement, « place Gaza sous un mécanisme de tutelle internationale favorable à l’occupation ».
Le mouvement accuse en particulier la future force internationale d’être chargée de désarmer les groupes de résistance, ce qui, selon lui, « annule toute neutralité » du dispositif.

La position de l’Autorité palestinienne : un soutien prudent

Contrairement au Hamas, l’Autorité palestinienne (AP), basée à Ramallah, a salué l’adoption du texte.
Elle y voit :

  • la confirmation d’un cessez-le-feu permanent et complet,

  • la garantie d’une aide humanitaire sans entrave,

  • et la reconnaissance du droit du peuple palestinien à l’autodétermination et à la création d’un État indépendant.

L’AP affirme sa pleine disposition à coopérer avec l’administration américaine et les Nations unies pour mettre en œuvre la résolution.

Les réactions internationales : entre soutien et prudence

Plusieurs membres du Conseil ont expliqué leur vote :

  • Royaume-Uni : soutien pour accélérer le plan américain, ouvrir tous les points de passage et garantir une aide humanitaire massive.

  • France : vote favorable pour « soutenir les efforts de paix » et répondre aux besoins urgents de la population, notamment la désarmement du Hamas.

  • Corée du Sud : appui au Board of Peace et à la reprise totale de l’aide.

  • Slovénie : y voit une chance concrète pour transformer la trêve en paix durable et rappelle son soutien au droit palestinien à l’autodétermination.

  • Danemark : juge le plan comme « la meilleure opportunité de paix durable » permettant de réunifier Gaza et la Cisjordanie sous une Autorité palestinienne réformée.

Une force de stabilisation qui ne dépendra pas de l’ONU

Selon Daniel Forti, analyste au sein de l’International Crisis Group, la force internationale (ISF) ne sera pas une opération onusienne classique.
Elle ne sera :

  • ni dirigée,

  • ni supervisée,

  • ni financée par l’ONU.

Elle fonctionnera sous mandat du Conseil, mais selon les règles des pays volontaires qui y participeront.
Forti précise que les ONG humanitaires soulignent un besoin urgent d’une mission autorisée à recourir à la force afin de rétablir l’ordre dans un territoire ravagé par plus d’un an de guerre.

Transferts de Palestiniens vers l’étranger : Pretoria dénonce une “opération orchestrée”

En parallèle, le ministre sud-africain des Affaires étrangères, Ronald Lamola, a dénoncé depuis Johannesburg une opération « clairement organisée » visant, selon lui, à transférer des Palestiniens hors de Gaza.
Au moins deux avions ont déjà atterri en Afrique du Sud avec plusieurs centaines de Palestiniens, dans des vols organisés par une entité dont les activités suscitent de fortes suspicions de coordination avec Israël.

« Nous ne voulons plus de vols supplémentaires », a déclaré Lamola, qui y voit une tentative de « vider Gaza et la Cisjordanie de leurs habitants ».

Situation sur le terrain : raids et frappes se poursuivent

Selon les équipes d’Al Jazeera à Gaza, des frappes israéliennes ont visé la zone située à l’intérieur de la « ligne jaune », à l’est de Khan Younès, secteur placé sous contrôle militaire israélien.
Au nord, des raids et des opérations de démolition se poursuivent à l’est de la ville de Gaza.

En Cisjordanie occupée, l’agence palestinienne Wafa rapporte que sept Palestiniens ont été arrêtés lors de raids israéliens :

  • cinq à Bethléem,

  • deux dans le camp de Jalazone, au nord de Ramallah.

Des perquisitions ont également eu lieu à Naplouse et dans les villages voisins.

“Une journée de honte pour l’ONU” : un ancien haut responsable critique le vote

L’ancien directeur du bureau new-yorkais du Haut-Commissariat ONU aux droits humains, Craig Mokhiber, a fustigé la résolution, la qualifiant sur X de « journée de honte pour l’Organisation ».
Il reproche aux membres du Conseil de n’avoir « ni le courage ni le respect du droit international » pour s’opposer à ce qu’il considère comme un « projet colonial États-Unis–Israël ».

Mokhiber avait quitté ses fonctions en 2023 pour dénoncer l’incapacité des Nations unies à empêcher ce qu’il qualifiait alors de génocide à Gaza.

Contexte humanitaire : une population exsangue

Sur le terrain, des dizaines de milliers de Palestiniens déplacés survivent dans des conditions extrêmes, entassés au milieu des ruines et privés d’accès stable à l’eau, à l’électricité, aux soins ou à la nourriture.

La résolution du Conseil de sécurité ambitionne d’améliorer cette situation.
Mais son rejet par le Hamas, la persistante défiance entre acteurs régionaux et l’ambiguïté du rôle futur de l’ONU laissent planer le doute sur sa mise en œuvre.

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