L’Ukraine a balayé mercredi les affirmations de Moscou qui a dit la veille avoir détruit à Kiev un Patriot, précieux équipement antiaérien pour son armée, soulignant que ce système américain « fonctionne » bien et qu’il « est en service ». « Ne vous inquiétez pas, tout va bien avec le Patriot », a indiqué le porte-parole de l’armée de l’air ukrainienne, Iouri Ignat.
« Le Patriot est en service, il fonctionne, tout va bien », a-t-il ajouté. Toutefois, il a dit « ne pas commenter » les informations de presse selon lesquelles le système aurait été endommagé, mais pas entièrement détruit. Mardi, l’armée russe avait assuré avoir détruit un Patriot à la suite d’une « frappe de haute précision » effectuée « par un missile hypersonique “Kinjal” ». Kiev avait nié ces affirmations russes, assurant avoir intercepté tous les missiles lancés par la Russie sur son territoire dans la nuit de lundi à mardi.
Les habitants de Kiev priés de ne pas diffuser des images de la défense antiaérienne
Les services de sécurité ukrainiens (SBU) ont identifié six habitants de kiev qui ont partagé des photos et des vidéos des actions de la défense antiaérienne ukrainienne sur les réseaux sociaux lors de l’attaque russe contre Kiev le 16 mai.
Si leurs images ont montré la destruction des missiles russes, elles peuvent aider les Russes en révélant les positions des missiles antiaériens ukrainiens, expliquent les services ukrainiens. Le SBU a noté que ces vidéos avaient été « reprises » par diverses chaînes de Telegram, notamment celles de la propagande russe. Le SBU a aussi décidé de bloquer le fonctionnement des webcams présentes sur plusieurs immeubles qui ont enregistré les tirs des défenses ukrainiennes.
Un émissaire chinois à Kiev pour parler règlement politique
Un émissaire chinois envoyé par Pékin pour discuter d’un « règlement politique » du conflit est mercredi à Kiev, une visite attendue par Volodymyr Zelensky, fort de nouvelles promesses d’armes occidentales, pour voir la Chine user de son influence sur la Russie.
« Une rencontre est possible dans l’après-midi » entre le président ukrainien et Li Hui, a indiqué un haut responsable ukrainien qui s’exprimait sous le couvert de l’anonymat. Cet échange serait une première entre Volodymyr Zelensky – qui encourage Pékin à peser sur Vladimir Poutine – et un haut responsable chinois, depuis le début de l’invasion russe le 24 février 2022.
Selon Pékin, Li Hui, représentant spécial pour les affaires eurasiatiques et ancien ambassadeur chinois à Moscou, est censé discuter du « règlement politique » du conflit ukrainien lors d’une tournée européenne qui doit le conduire aussi par la Pologne, la France, l’Allemagne et la Russie. La Chine, proche partenaire de Moscou, n’a jamais condamné publiquement l’invasion russe.
L’Ukraine insiste auprès de l’émissaire chinois sur le « respect de son intégrité territoriale »
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba a insisté auprès de l’émissaire dépêché par Pékin, Li Hui, sur le « respect de l’intégrité territoriale » de l’Ukraine, tout en saluant le rôle « important » de la Chine.
A Kiev, Dmytro Kouleba a « expliqué en détail au représentant spécial chinois les principes du rétablissement d’une paix durable et juste, fondée sur le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine », a indiqué mercredi son ministère dans un communiqué.
L’Europe et les pays du G7 lancent un registre des dommages provoqués par la RussieLes Etats-Unis, le Japon, le Canada et la quasi-totalité des pays européens ont signé mercredi un registre des dommages de guerre provoqués par l’invasion russe en Ukraine, prélude à des demandes de réparations et des poursuites visant Moscou, a annoncé le Conseil de l’Europe réuni en Islande. Lancé mardi à l’occasion d’un sommet de chefs d’Etat et de gouvernement de l’organisation paneuropéenne, ce recensement se veut un premier pas en vue des demandes de réparations adressées à Moscou pour les milliers de victimes et les milliards d’euros de destructions.
Au pointage de mercredi matin, « nous avons environ 40 Etats membres qui ont signé, et tous les pays du G7 sur trois continents », a déclaré la secrétaire générale du Conseil de l’Europe, Marija Pejcinovic Buric, au deuxième jour du sommet. « Nous voulions une justice centrée sur les victimes », a déclaré la dirigeante de l’organisme à vocation juridique, plus connu pour sa Cour européenne des droits de l’homme, en saluant un « premier pas nécessaire et urgent ».
L’initiative, portée par la présidence islandaise de l’organisation, vise à montrer que le dossier de la « justice pour l’Ukraine » avance, quand la perspective d’un possible tribunal spécial pour les crimes de guerre commis lors de l’invasion reste lointaine.
« Il revient à la Maison Blanche » de décider d’une éventuelle livraison d’avions F-16, selon Londres
Le secrétaire d’Etat à la défense britannique, Ben Wallace, a estimé mercredi à Berlin qu’il revenait « à la Maison Blanche » de décider d’une éventuelle livraison à Kiev d’avions de combat F-16. « Nous n’avons pas de F-16 et nous n’allons pas livrer d’[avions] Typhoon, mais nous pouvons évidemment contribuer à la formation et au soutien, dans les limites du fait que nous n’avons pas de pilotes de F-16 », a expliqué lors d’une conférence de presse à Berlin M. Wallace, interrogé sur la « coalition internationale » qu’a proposé de bâtir Londres pour livrer à l’Ukraine des avions de combat de technologie occidentale.
La Russie gèle les comptes bancaires de l’ambassade de Finlande, selon Helsinki
Le ministre finlandais des Affaires étrangères, Pekka Haavisto, a annoncé mercredi que la Russie a gelé les comptes bancaires de son ambassade à Moscou et de son consulat à Saint-Pétersbourg.
« Les comptes des missions finlandaises en Russie sont gelés et ne peuvent être utilisés pour le moment », a affirmé Pekka Haavisto lors d’une conférence de presse, ajoutant que la Finlande était en contact avec les autorités russes.
Le chef de Wagner annonce la mort d’un Américain au front
Le chef du groupe paramilitaire Wagner, Evgueni Prigojine, a annoncé mardi la mort d’un volontaire américain engagé aux côtés des troupes de Kiev, dans l’Est de l’Ukraine.
Dans une vidéo relayée par des blogueurs militaires russes, il montre le corps d’un soldat qu’il dit être américain, dans les décombres d’un bâtiment. Dans cette courte vidéo, on le voit déambuler avec ses hommes la nuit et l’on entend des bruits sourds d’explosions autour, sans pouvoir déterminer avec exactitude où la scène se déroule ni quand.
Se tenant debout à côté du corps de ce soldat allongé sur le dos torse nu, une plaie dans le ventre, il dit sur un ton solennel et ironique : « Il est venu à notre rencontre. Citoyen des Etats-Unis d’Amérique ». « Nous le rendrons aux Etats-Unis. On le mettra dans un cercueil (avec) le drapeau américain. Avec du respect, car il n’est pas mort dans un lit de grand-père mais à la guerre », affirme l’homme d’affaires dont le groupe paramilitaire est en première ligne côté russe dans la bataille sanglante pour Bakhmout.
L’Ukraine rejoint le centre de cyberdéfense de l’Otan
L’Ukraine a rejoint le centre de cyberdéfense de l’Otan, a annoncé mercredi cette structure basée en Estonie, Kiev qualifiant cette décision d’« étape importante sur la voie » d’une adhésion à l’Alliance atlantique. Le Centre d’excellence coopératif de cyberdéfense de l’Otan (CCDCOE), situé à Tallinn, a ajouté avoir aussi accueilli l’Islande, l’Irlande et le Japon.
« Nous sommes particulièrement heureux de voir l’Ukraine parmi nous », a déclaré le ministre estonien de la Défense, Hanno Pevkur, cité dans un communiqué du CCDCOE. « Cela offre une possibilité unique de contribuer simultanément à la défense de l’Ukraine dans la guerre brutale de la Russie et d’apprendre du cyberchamp de bataille pour améliorer la cybersécurité de tous les membres », a-t-il souligné. L’ambassadrice d’Ukraine en Estonie, Mariana Betsa, a salué cet « événement historique » comme « une étape importante sur la voie de l’adhésion de l’Ukraine à l’Otan ».
Budapest bloque le remboursement des armes fournies par l’UE à Kiev
La Hongrie refuse le déblocage d’une nouvelle tranche de 500 millions d’euros de la Facilité européenne de paix (FEP) pour rembourser les armes fournies par l’Union européenne (UE) à l’Ukraine, ont indiqué mercredi Budapest et plusieurs délégations à Bruxelles. Le gouvernement hongrois a confirmé ne pas avoir approuvé le déboursement de cette nouvelle enveloppe car « il n’est pas d’accord pour que l’Union européenne, qui dispose d’autres instruments, utilise la Facilité européenne de soutien à la paix exclusivement pour l’Ukraine ». « Il ne resterait alors plus de ressources suffisantes pour promouvoir les intérêts de l’UE dans d’autres régions (par exemple, les Balkans, la région du Sahel, l’Afrique du Nord) », fait-il valoir.
Budapest a maintenu cette objection au cours des rencontres organisées mardi et mercredi pour préparer la réunion des ministres des affaires étrangères de l’UE le 22 mai à Bruxelles, ont confirmé mercredi plusieurs délégations. La Hongrie ne bloque pas les livraisons d’armes et de munitions réclamées par les forces armées ukrainiennes pour repousser l’armée russe. Mais elle empêche leur remboursement aux Etats membres, a-t-on précisé.
L’unanimité est requise pour approuver l’utilisation des fonds de la FEP dont la dotation initiale de 5,7 milliards d’euros pour la période 2021-2027 a été augmentée de 2 milliards d’euros en mai. La FEP est utilisée pour rembourser aux Etats membres 40 % de la valeur des armements livrés à l’Ukraine et pour former les militaires ukrainiens. Elle est abondée par les contributions des Etats membres, et 66 % de ses financements sont fournis par l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne. Depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022, les Etats membres ont débloqué 3,6 des 5,7 milliards d’euros de la dotation de la FEP pour leur soutien militaire à Kiev et ont ajouté 2 milliards pour fournir aux forces ukrainiennes au moins un million d’obus de 155 millimètres et reconstituer leurs stocks stratégiques de munitions.
Un émissaire chinois attendu à Kiev pour discuter d’un « règlement politique » du conflit
Un émissaire chinois envoyé par Pékin pour discuter d’un « règlement politique » du conflit est arrivé mercredi à Kiev. Cette visite est attendue par Volodymyr Zelensky, fort de nouvelles promesses d’armes occidentales. « Une rencontre est possible dans l’après-midi » entre le président ukrainien et Li Hui, a fait savoir à l’Agence France-Presse un haut responsable ukrainien qui s’exprimait sous le couvert de l’anonymat. Cet échange serait une première entre M. Zelensky – qui encourage Pékin à peser sur Vladimir Poutine – et un haut responsable chinois, depuis le début de l’invasion russe le 24 février 2022.
Selon Pékin, Li Hui, représentant spécial pour les affaires eurasiatiques et ancien ambassadeur chinois à Moscou, est censé discuter du conflit ukrainien lors d’une tournée européenne qui doit le conduire aussi en Pologne, en France, en Allemagne et en Russie. La Chine, proche partenaire de Moscou, n’a jamais condamné publiquement l’invasion russe. Pékin a proposé en février un plan en douze points pour mettre fin à la guerre, vu avec scepticisme par les Occidentaux, et le président chinois, Xi Jinping, s’est rendu à Moscou en mars, apportant un soutien symbolique à Vladimir Poutine face aux Occidentaux.
Quelques minutes après cette annonce, les cours du blé refluaient sur le marché européen, passant sous les 226 euros la tonne pour une livraison en septembre, en baisse de plus de 8 euros par rapport à la veille. Le maïs marquait un recul similaire, s’échangeant autour de 220 euros la tonne pour une livraison en juin.
L’Ukraine « reconnaissante » envers la Turquie et l’ONU après la prolongation
L’Ukraine s’est dite mercredi « reconnaissante » envers la Turquie et l’ONU, parrains des négociations avec la Russie sur les exportations de céréales ukrainiennes, après la prolongation pour deux mois de ce texte crucial pour l’approvisionnement alimentaire de pays d’Afrique et d’Asie.
« Nous sommes reconnaissants envers nos partenaires, l’ONU et la Turquie, pour leurs efforts pour renforcer la sécurité alimentaire mondiale. Le principal défi est désormais de rendre l’accord efficace en supprimant les barrières artificielles », a indiqué sur Twitter le vice-Premier ministre pour la Restauration de l’Ukraine, Oleksandre Koubrakov, qui suit le dossier.
Moscou confirme l’extension mais dénonce une mise en œuvre « déséquilibrée »
La Russie a confirmé mercredi la prolongation pour deux mois des accords sur les exportations de céréales ukrainiennes, cruciales pour l’approvisionnement alimentaire mondial, mais a appelé à « corriger » leur application « déséquilibrée ».
« Nos principales appréciations des accords (…) n’ont pas changé. Les déséquilibres dans leur mise en œuvre doivent être corrigés le plus rapidement possible », a déclaré la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, alors que Moscou affirme que les exportations d’engrais et de produits alimentaires russes restent entravées.
Le Produit intérieur brut (PIB) de la Russie s’est contracté de -1,9 % au premier trimestre 2023, a annoncé mercredi l’Agence russe des statistiques (Rosstat), selon une évaluation préliminaire.
Le premier trimestre a été marqué par l’introduction de l’embargo européen sur les produits pétroliers russes, qui s’est ajouté à un autre embargo – sur le pétrole brut – et au plafonnement de son prix à 60 dollars par baril, plombant la manne pétrolière de Moscou, vitale pour ses finances.
les commentaire
Keep functioning ,splendid job!