Les combats se poursuivent en Ukraine et en Russie avec une intensification des frappes aériennes et des attaques de drones. Infrastructures ferroviaires, sites énergétiques et zones civiles ont été touchés ces dernières heures, tandis que les autorités ukrainiennes et occidentales s’inquiètent d’une possible prolongation du conflit.
Une gare ferroviaire visée dans la région de Dnipropetrovsk
Une attaque russe a ciblé une gare ferroviaire dans la région de Dnipropetrovsk, a annoncé le vice-premier ministre ukrainien chargé de la reconstruction, Oleksii Kuleba. Des locomotives, des wagons ainsi que des installations ferroviaires ont été endommagés. Un incendie s’est déclaré après la frappe, mais les secours sont parvenus à le maîtriser rapidement.
Le responsable ukrainien a dénoncé « une nouvelle attaque ciblée contre la logistique civile et les infrastructures critiques », tout en assurant que les services d’urgence travaillent à rétablir le fonctionnement des installations et à venir en aide à la population.
Des journalistes pris pour cible par un drone dans le Donetsk
Dans l’oblast de Donetsk, une équipe de la télévision publique lettone LSM a été visée par un drone russe alors qu’elle se rendait sur les positions d’une unité ukrainienne pour réaliser un reportage. L’appareil a explosé à proximité de leur véhicule, endommageant l’arrière de la voiture et brisant une vitre.
La rédactrice en chef de la chaîne, Anita Brauna, a salué le courage des journalistes, rappelant que leur présence sur le terrain permet de documenter la réalité du conflit. Elle a souligné que le journalisme indépendant reste essentiel pour fournir des informations fiables face aux campagnes de désinformation.
Zelensky alerte sur une intensification des combats
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky estime que la Russie se prépare à poursuivre la guerre et appelle à renforcer la pression internationale. Il a notamment évoqué une frappe dans la région de Kharkiv ayant causé la mort de trois jeunes enfants et d’un adulte.
Selon lui, chaque attaque de ce type fragilise les efforts diplomatiques visant à mettre fin au conflit. « Tant que la pression sur l’agresseur ne sera pas suffisante et que la sécurité de l’Ukraine ne sera pas garantie, rien ne fonctionnera », a-t-il déclaré, affirmant que l’armée russe « ne se prépare pas à s’arrêter ».
Victimes civiles dans l’oblast de Soumy
Au cours des dernières vingt-quatre heures, des frappes russes dans l’oblast de Soumy ont fait deux morts et neuf blessés, dont quatre enfants, selon le chef de l’administration militaire régionale, Oleh Hryhorov. Les victimes décédées sont deux hommes âgés de 72 et 61 ans. Plusieurs habitations ont été détruites.
Une raffinerie touchée en Russie après une attaque de drones
Dans la nuit du 10 au 11 février, une attaque de drones ukrainiens a frappé la ville russe de Volgograd. Un incendie s’est déclaré dans une raffinerie de pétrole située dans le sud de la ville, selon le gouverneur Andreï Botcharov. Aucune victime n’a été signalée.
Des habitants ont rapporté avoir entendu plusieurs explosions autour de minuit. Le ministère russe de la défense affirme que ses systèmes de défense aérienne ont intercepté et détruit 108 drones, dont 49 au-dessus de l’oblast de Volgograd.
Cette raffinerie est considérée comme un site stratégique pour l’approvisionnement de l’armée russe.
Une nuit marquée par des attaques de drones massives
De son côté, l’armée de l’air ukrainienne a annoncé avoir abattu 112 drones russes au cours de la nuit. Selon Kiev, 129 appareils de type Shahed, Gerber, Italmas et d’autres modèles ont été lancés. Quinze drones d’attaque ont toutefois atteint leurs cibles dans huit zones différentes.
Les autorités indiquent que les attaques se poursuivent et que les systèmes de défense restent mobilisés.
Une production de munitions russes en forte hausse
Le service de renseignement extérieur estonien affirme que la Russie a considérablement augmenté sa production de munitions, laissant entrevoir une préparation à des conflits futurs au-delà de l’Ukraine.
Selon ses estimations, plus de sept millions d’obus d’artillerie, de munitions de mortier et de roquettes ont été produits en 2025, contre 4,5 millions en 2024. Depuis le début de l’invasion à grande échelle, la production aurait été multipliée par dix-sept, notamment grâce à la construction de nouvelles usines.
Moscou s’appuie aussi sur des importations : entre cinq et sept millions d’obus auraient été fournis par l’Iran et la Corée du Nord depuis 2023. Les munitions nord-coréennes auraient représenté jusqu’à la moitié des obus utilisés par la Russie au second semestre 2025. Leur acquisition aurait coûté environ 1 000 milliards de roubles, soit près de 10,8 milliards d’euros.
Selon les services estoniens, ces stocks constituent un élément clé de la planification militaire russe pour d’éventuels conflits futurs.
Une frappe meurtrière dans la région de Kharkiv
Dans la région de Kharkiv, une attaque russe a provoqué la mort de quatre personnes : trois très jeunes enfants et un homme de 34 ans, dans une maison touchée à Bohodoukhiv, près de la frontière russe. Les victimes sont deux garçons âgés d’un an et une fillette de deux ans. Une femme enceinte de 35 ans a été secourue blessée.
Deux jours plus tôt, une autre frappe dans cette même localité avait déjà causé la mort d’une femme et d’un enfant de 10 ans.
Ces événements illustrent l’intensité persistante du conflit, marqué par des frappes réciproques, des pertes civiles et une militarisation croissante des infrastructures stratégiques, alors que les perspectives d’une désescalade demeurent incertaines.
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