Les alliés de l’Ukraine lui ont promis une aide de 170 millions de dollars (159 millions d’euros) pour faire face à la catastrophe due à la destruction du barrage de Kakhovka, rapporte aujourd’hui l’agence de presse Ukrinfrom, citant Ukrvodokanalekolohiia, une association ukrainienne spécialisée dans l’approvisionnement en eau.
« Nous avons également reçu des demandes de services d’eau (ukrainiens) pour un montant de 310 millions de dollars, que nous avons déjà communiquées aux organisations étrangères. Elles sont en cours de traitement. Nous parlons de mesures prioritaires qui contribueront à soutenir le travail des entreprises », a déclaré Dmytro Novytskyi, président de l’association.
Le gouvernement polonais a remis 10 grands réservoirs d’un volume de 18 000 litres et 10 pompes à haute performance pour évacuer l’eau des zones inondées, selon le ministre polonais de l’intérieur. L’Allemagne a promis de fournir 5 000 filtres à eau et 56 générateurs ainsi que des tentes, des lits et des couvertures, tout comme la Lituanie.
L’Autriche a promis 20 réservoirs et de 10 pompes, ainsi qu’un million d’euros à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour garantir la sécurité de la centrale nucléaire de Zaporijia, dont l’alimentation en eau provient du réservoir de Kakhovka. Le président letton, Edgars Rinkevics, a quant à lui annoncé son intention d’allouer 200 000 euros à l’Ukraine et la Finlande s’est également engagée à fournir une aide d’urgence sous diverses formes.
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, avait promis mardi que Bruxelles ferait le nécessaire pour aider l’Ukraine à faire face aux conséquences de la catastrophe par l’intermédiaire de son mécanisme de protection civile.
Dix mille hectares de terres arables inondées sur la rive droite du Dniepr, dans l’oblast de Kherson, selon le ministère de l’agriculture ukrainien
Dix mille hectares de terres arables situées sur la rive droite du Dniepr, dans l’oblast de Kherson, et une « zone beaucoup plus grande » sur la rive gauche, sous occupation russe, devraient être inondés en raison de la destruction du barrage de Kakhovka, selon le ministère de l’agriculture ukrainien.
L’approvisionnement en eau de 31 systèmes d’irrigation est par ailleurs interrompu dans les régions de Dnipropetrovsk, de Kherson et de Zaporijia, poursuit-il. Ces 31 systèmes ont permis d’irriguer 58 000 hectares et de récolter environ 4 millions de tonnes de céréales ou d’oléagineux en 2021, ce qui représente environ 1,4 milliard d’euros, précise le ministère, qui s’inquiète des conséquences économiques de la catastrophe. Seuls treize systèmes étaient opérationnels sur la rive droite du Dniepr en 2023, en raison du conflit. Après la destruction du barrage de Kakhovka, 94 % sont hors service dans l’oblast de Kherson, 74 % dans celui de Zaporijia, et 30 % dans la région de Dnipropetrovsk, toujours selon le ministère.
« La destruction de la centrale hydroélectrique de Kakhovka pourrait transformer les champs du sud de l’Ukraine en déserts dès l’année prochaine », ajoute-t-il.

Vingt-neuf localités de l’oblast de Kherson inondées, selon le ministre de l’intérieur ukrainien
Vingt-neuf localités de l’oblast de Kherson ont été inondées depuis la destruction du barrage de Khakovka, annoncé le ministre de l’intérieur ukrainien, Ihor Klymenko. Dix-neuf se trouvent, selon lui, en territoire sous contrôle ukrainien, et dix sont sous occupation russe.
Au total, 1 854 personnes ont été évacuées, et 1 600 policiers ou membres du service de secours sont déployés dans l’oblast, a-t-il précisé, ajoutant que l’eau était montée d’un mètre dans la nuit à Kherson et qu’elle devrait continuer à monter tout au long de la journée.
Les autorités ukrainiennes s’efforcent d’éviter les pénuries d’eau potable et tentent de mettre en place les infrastructures nécessaires, telles que des puits et des aqueducs. Le gouvernement ukrainien a débloqué 1,5 milliard de hrivnas (38 millions d’euros) pour la construction de nouvelles conduites d’eau à Kryvy Rih, Nikopol et Marhanets, dans l’oblast de Dnipropetrovsk, et 846 millions (21,4 millions d’euros) pour l’approvisionnement en eau potable des oblasts de Kherson, de Mykolaïv, de Zaporijia et de Dnipropetrovsk.
L’intensification des combats fait remonter le cours des céréales
Les cours des céréales sont remontés pendant les derniers jours en raison de l’intensification des combats en Ukraine, mais aussi du temps sec dans le nord de l’Europe et aux Etats-Unis.
Deux événements majeurs retiennent l’attention des marchés : la destruction mardi du barrage de Kakhovka, dans le sud de l’Ukraine, dont les eaux ont submergé des dizaines de milliers d’hectares de terres arables, selon le ministère de l’agriculture ukrainien, et les déclarations du ministère de la défense russe, qui a accusé mercredi les forces ukrainiennes d’avoir saboté lundi, dans la région de Kharkiv (Nord-Est), une conduite d’ammoniac reliant la ville russe de Togliatti au port ukrainien d’Odessa. Elle n’est plus alimentée depuis février 2022, mais Moscou espérait sa remise en service.
Avant la guerre, elle permettait à la Russie d’exporter annuellement plus de 2,5 millions de tonnes d’ammoniac, ingrédient principal des engrais azotés, essentiellement à destination de l’Union européenne. Moscou a plusieurs fois affirmé que l’accord céréalier de la mer Noire, signé en juillet 2022 et qui a permis d’exporter plus de 31 millions de tonnes de grains d’Ukraine, ne serait reconduit que si des progrès étaient accomplis pour ses propres exportations de céréales et d’engrais.
« La remise en fonction du pipeline d’ammoniac faisait partie des conditions russes pour une prolongation de l’accord de la mer Noire. Sa destruction pourrait enterrer le projet de l’ONU, qui tentait d’obtenir sa réouverture » à la demande de la Russie et plaidait pour une « extension » de l’accord à d’autres ports ukrainiens, à la demande de Kiev, a expliqué Damien Vercambre, du cabinet Inter Courtage, interrogé par l’Agence France-Presse.
Le blé d’hiver américain a repris près de 10 % depuis mercredi dernier, et son cours a augmenté de 4,3 % en cinq jours sur la plate-forme Euronext.
« Crime contre l’humanité », « écocide » : le premier ministre ukrainien accuse la Russie d’« une des pires catastrophes environnementales »
La Russie a provoqué « l’une des pires catastrophes environnementales de ces dernières décennies », a affirmé le premier ministre ukrainien, Denys Chmyhal, après la destruction du barrage de Kakhovka. « Des dizaines de villes et de villages vont se retrouver aux prises avec les problèmes de l’eau potable, de l’accès aux provisions d’eau pour l’irrigation », a insisté le dirigeant ukrainien dans un discours donné en ligne au cours d’un événement à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qualifiant cet acte que Kiev impute à la Russie de « crime contre l’humanité » et d’« écocide ».
Barrage de Kakhovka | Evacuation de milliers de personnes
Plus de 2 700 personnes ont été évacuées des zones inondées à la suite de la destruction du barrage de Kakhovka, ont affirmé les autorités ukrainiennes et celles d’occupation russe, qui contrôlent chacune une rive du Dniepr dans cette région. « Plus de 1 450 personnes ont été évacuées », a affirmé à la télévision ukrainienne un porte-parole des services d’urgence, Oleksandr Khorounjy. Les autorités installées par Moscou, citées par les agences de presse russes, ont annoncé avoir évacué « 1 274 personnes » à ce stade.
Destruction du barrage de Kakhovka : Vladimir Poutine dénonce un « acte barbare » de la part de l’Ukraine
Le président russe a dénoncé mercredi la destruction du barrage de Kakhovka, situé en zone occupée dans le sud de l’Ukraine, au cours d’une conversation téléphonique avec son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan.
« L’acte barbare ayant visé à détruire la centrale hydroélectrique de Kakhovka, dans la région de Kherson, a conduit à une catastrophe environnementale et humanitaire à grande échelle », s’est indigné le président russe, en imputant la responsabilité à Kiev, selon un communiqué du Kremlin.
Le président turc suggère une commission d’enquête internationale
Recep Tayyip Erdogan a suggéré mercredi aux présidents ukrainien et russe la création d’une commission d’enquête internationale, après la destruction du barrage de Kakhovka, dans le sud de l’Ukraine.
Au cours d’un entretien téléphonique avec son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, « le président Erdogan a déclaré qu’une commission pourrait être créée avec la participation d’experts issus des parties belligérantes, des Nations unies et de la communauté internationale, Turquie comprise », a annoncé la présidence turque dans un communiqué. Cette commission aurait pour mission de mener une « enquête approfondie sur la destruction du barrage de Kakhovka », précise Ankara.
« La voix de la Turquie est importante lorsqu’il s’agit du retrait des troupes d’occupation du territoire ukrainien », a réagi le président ukrainien sur Telegram. « C’est également important en ce qui concerne le retour de nos citoyens détenus illégalement, en particulier les Tatars de Crimée, et la poursuite et l’expansion de l’initiative sur les céréales », a-t-il ajouté.
Le président turc, qui s’est ensuite entretenu avec le président russe, Vladimir Poutine, souhaite que cette enquête permette de « lever tout soupçon », a souligné la présidence turque dans un second communiqué.
Zelensky dit avoir échangé avec Erdogan sur « les conséquences humanitaires » des inondations
Le président ukrainien a indiqué mercredi avoir échangé avec son homologue turc sur « les conséquences humanitaires et environnementales » des inondations provoquées dans le sud de l’Ukraine par la destruction du barrage de Kakhovka.
« Nous avons parlé des conséquences humanitaires et environnementales de l’acte terroriste russe à la centrale hydroélectrique de Kakhovka, y compris les risques pour la centrale nucléaire de Zaporojie », a déclaré Volodymyr Zelensky sur Twitter, disant « avoir remis » à son homologue turc, lors d’un entretien téléphonique, « une liste des besoins urgents pour faire face à la catastrophe. »
La Chine fait part de sa « vive préoccupation » après la destruction partielle du barrage de Kakhovka
La Chine a exprimé mercredi sa « vive préoccupation » après la destruction en Ukraine du barrage, qui a provoqué des inondations le long du Dniepr, laissant craindre un désastre humanitaire et écologique.
« Nous sommes profondément préoccupés par l’impact humain, économique et écologique qui en résulte et nous appelons toutes les parties au conflit à respecter le droit international humanitaire et à faire tout leur possible pour protéger les civils et les installations civiles », a déclaré devant la presse Wang Wenbin, un porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois.
Des travaux immédiats pour réparer les dégâts liés à la destruction du barrage
Le gouvernement ukrainien va allouer l’équivalent de 38 millions d’euros à la construction de nouvelles conduites d’eau après la rupture du barrage de Kakhovka, a annoncé, mardi, le premier ministre Denys Chmyhal.
Les travaux doivent débuter immédiatement, d’après M. Chmyhal, pour permettre l’approvisionnement en eau potable de Kryvy Rih, de Nikopol et de Marhanets dans l’oblast de Dnipropetrovsk.
Le gouvernement prévoit aussi l’équivalent de 21,5 millions d’euros pour fournir de l’eau potable aux oblasts de Kherson, de Mykolaïv, de Zaporijia et de Dnipropetrovsk.
Une agence de coordination va être créée pour superviser les travaux liés aux destructions du barrage, a également annoncé le premier ministre.
Barrage de Kakhovka : une catastrophe dont « l’ampleur ne pourra être pleinement évaluée que dans les prochains jours », selon l’ONU
Pour le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, l’explosion de la centrale hydroélectrique de Kakhovka est « une nouvelle conséquence dévastatrice de l’invasion russe de l’Ukraine », lancée fin février 2022. « Les attaques contre les civils et les infrastructures civiles essentielles doivent cesser », a-t-il dit.
Lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité mardi après-midi, le secrétaire général adjoint des Nations unies aux affaires humanitaires, Martin Griffiths, a décrit une catastrophe dont « l’ampleur ne pourra être pleinement évaluée que dans les prochains jours », mais dont les conséquences seront « graves et de portée importante » des deux côtés de la ligne de front.
Il a évoqué le « fait de ne pas pouvoir fournir d’aide à des millions de personnes touchées » ainsi que le « coup porté à la production agricole », les « risques de contamination par les mines » et « les engins explosifs » qui pourraient être emportés dans les eaux « dans des zones évaluées sûres récemment »
L’armée ukrainienne repasse à l’offensive aux abords de Bakhmout, selon l’état-major
Les forces ukrainiennes sont repassées à l’offensive aux abords de Bakhmout, où elles ont repris 200 à 1 100 mètres, rapporte Hanna Maliar, vice-ministre de la défense ukrainienne. Le général Oleksandr Syrsky, commandant de l’armée de terre du pays, a également fait état d’une progression sur les flancs russes.
L’armée russe est en train de prendre la relève des mercenaires du Groupe Wagner à Bakhmout. Hanna Maliar avait annoncé samedi que des membres de la milice s’y trouvaient toujours, malgré les déclarations de son fondateur, Evgueny Prigojine, qui avait assuré après avoir revendiqué la prise de la ville que le retrait serait achevé le 1er juin. Selon la vice-ministre de la défense ukrainienne, les mercenaires toujours sur place seraient chargés de former les troupes régulières.
Le gouverneur de la région russe de Belgorod signale des bombardements
Le gouverneur de la région russe de Belgorod, Vyacheslav Gladkov, a annoncé mercredi que la localité de Grafovka, située à environ deux kilomètres de la frontière ukrainienne, avait été la cible de bombardement, qu’il attribue à l’Ukraine. « Certains obus sont tombés près de l’école et de la maison de la culture » a écrit le gouverneur sur Telegram. « Il n’y a pas de victimes », a-t-il ajouté.
Selon toujours selon lui, le village de Gruzskoye et la ville de Shebekino ont également été les cibles de tirs.
Russie et Ukraine s’accusent mutuellement d’avoir fait exploser le pipeline d’ammoniac Togliatti-Odessa
« Un groupe de sabotage ukrainien a fait exploser le pipeline d’ammoniac Togliatti-Odessa », d’environ 2 400 kilomètres de long, qui relie une ville russe sur les rives de la Volga jusqu’au port ukrainien de Pivdennyi, près d’Odessa sur la mer Noire, a affirmé le ministère de la défense russe dans un communiqué. Cette explosion a eu lieu lundi soir près de Massioutovka, un petit village contrôlé par les forces russes dans la région de Kharkiv (nord-est de l’Ukraine), dont la quasi-totalité avait été reprise par l’armée ukrainienne à l’automne 2022, selon la même source.
Le pipeline d’ammoniac Togliatti-Odessa est le plus long du monde. La Russie a dénoncé un « acte terroriste ». Mercredi, la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a accusé l’Ukraine d’avoir « porté un coup dur aux efforts de l’ONU dans la lutte contre la faim ». « Le seul qui n’avait pas d’intérêt à ce que le pipeline d’ammoniac reprenne son travail, c’est le régime de Kiev », a affirmé Mme Zakharova. « Plusieurs civils ont été blessés. On leur a apporté toute l’assistance médicale nécessaire », précise le communiqué du ministère de la défense russe, qui a également accusé l’Ukraine, selon l’agence russe Interfax.
De leur côté, les autorités ukrainiennes rejettent la responsabilité de l’attaque sur les Russes. Le gouverneur de la région de Kharkiv, Oleh Synehoubov, a qualifié l’attaque de « terroriste ».
L’infrastructure est au cœur des négociations sur l’extension de l’accord sur les exportations de céréales depuis les ports de la mer Noire. La Russie a accepté le mois dernier de prolonger l’accord pour une durée de deux mois, précisant toutefois qu’elle y mettrait fin si les obstacles à ses propres exportations de céréales et d’engrais n’étaient pas levés. Le gazoduc, conçu pour transporter jusqu’à 2,5 millions de tonnes d’ammoniac par an de la région russe de la Volga jusqu’au port ukrainien de Pivdennyi, près d’Odessa, sur la mer Noire, est à l’arrêt depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine, en février 2022.
Les mines plus dangereuses que jamais, selon le CICR
Le Comité international de la Croix-Rouge a alerté mercredi des effets catastrophiques de la dispersion des mines après la destruction du barrage de Kakhovka dans le sud de l’Ukraine, qui met en danger les populations et les secours. « C’est catastrophique. Auparavant, nous savions où se trouvaient les dangers. Aujourd’hui, nous ne le savons plus », a déploré le responsable de l’unité Contamination par les armes du CICR, Erik Tollefsen, à l’occasion de la présentation d’un nouveau drone utilisant l’intelligence artificielle pour repérer les mines et autres objets explosifs à partir de la chaleur qu’ils dégagent.
Ce drone – qui peut couvrir en une journée la même surface que le ferait un chien spécialiste du déminage en six mois – n’a pour l’instant été testé que pendant des expériences en Jordanie mais le CICR espère l’utiliser pour la première fois cette année dans les environs d’Alep en Syrie.
En attendant que ce petit appareil puisse peut-être un jour survoler l’Ukraine, le CICR apporte déjà depuis des mois son aide aux équipes de secours chargées du déminage, en soutenant les opérations de cartographie et de marquage et en fournissant du matériel et des formations.
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