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Tensions franco-algériennes : Jean-Noël Barrot prône l’apaisement face aux dissensions gouvernementales

Par H.B.-- 20-Mar-2025 0

Les divergences au sein du gouvernement français concernant la crise diplomatique avec l’Algérie deviennent de plus en plus visibles. Tandis que le Premier ministre, François Bayrou, maintient le silence, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, semble réorienter sa position. Après s’être aligné sur les thèses de l’extrême droite il y a quelques semaines, il adopte désormais un ton plus conciliant.

Mardi dernier, à l’occasion du quatrième « Iftar des ambassadeurs » organisé par la Grande Mosquée de Paris, Jean-Noël Barrot a abordé la question des tensions entre Paris et Alger en privilégiant une approche apaisée. « La France est attachée à sa relation avec l’Algérie, avec laquelle nous sommes unis par des liens complexes, mais d’une densité sans équivalent et des intérêts partagés », a-t-il affirmé. Le ministre a reconnu que « les tensions actuelles ne sont dans l’intérêt de personne », tout en insistant sur la nécessité de les résoudre avec « respect », mais aussi « exigence, franchise et sans faiblesse ».

Quelques heures auparavant, Jean-Noël Barrot avait pourtant tenu un discours plus offensif en déclarant que le rejet par Alger d’une liste d’Algériens à expulser constituait une atteinte aux intérêts de la France. Toutefois, il s’est rapidement aligné sur la ligne d’Emmanuel Macron, en précisant que les millions de Français ayant des liens avec l’Algérie « n’ont rien à voir avec les difficultés diplomatiques actuelles » et « ont droit à la tranquillité ».

Cette prise de position marque une nette rupture avec la ligne adoptée par le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, qui se retrouve désormais isolé au sein du gouvernement. Seul à prôner une attitude de rupture avec Alger, en reprenant les discours de l’extrême droite, il a même décidé de boycotter l’événement organisé par la Grande Mosquée de Paris. Son entourage a justifié cette absence par « la dimension religieuse de cet événement », jugée incompatible avec le principe de laïcité.

Loin d’adopter un ton conciliant, Bruno Retailleau a relancé la polémique dès le lendemain en déclarant sur Sud Radio : « L’Algérie nous agresse. » Il a, par ailleurs, menacé de mettre fin aux « avantages exorbitants » dont bénéficieraient les ressortissants algériens en France, notamment en matière d’accès aux soins, où ils seraient traités comme des ressortissants européens.

Cette divergence au sein du gouvernement n’est pas nouvelle. Déjà, il y a quelques semaines, Jean-Noël Barrot avait mis en garde contre un bras de fer inutile avec Alger, plaidant plutôt pour un partenariat exigeant et des négociations constructives.

Dans ce climat tendu, le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz, a insisté sur la nécessité d’un dialogue apaisé entre les deux pays. Il a défendu son institution comme étant un symbole de l’amitié entre la France et les terres d’Islam, appelant à poursuivre un « chemin de l’apaisement » tout en saluant l’attitude du ministre des Affaires étrangères. Il a également dénoncé ceux qui cherchent à semer la division en remettant en question les liens de la Mosquée avec l’Algérie.

Chems-Eddine Hafiz a conclu en affirmant que la Grande Mosquée de Paris « garde toute sa sérénité et entend continuer sur la voie de l’apaisement et de l’espoir d’une relation vertueuse entre la France et l’Algérie ». Dans un contexte de tensions croissantes, ce message de modération contraste fortement avec la radicalité de certains acteurs politiques, mettant en lumière les fractures au sein même du gouvernement français.

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