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France : enquête ouverte sur les menaces contre les magistrats ayant jugé Marine Le Pen

Par C.B.-- 03-Avr-2025 0

Une enquête a été ouverte mardi par le parquet de Paris à la suite de propos et de menaces proférées à l’encontre des magistrats ayant jugé Marine Le Pen, cheffe du Rassemblement national (RN), dans l’affaire des emplois fictifs au Parlement européen. Ces menaces ont suscité une réaction forte de la part des autorités judiciaires et ont été confiées au pôle national de lutte contre la haine en ligne, dirigé par la brigade de répression de la délinquance à la personne (BRDP).

La procureure de Paris, Laure Beccuau, a souligné que “le débat judiciaire doit être encadré par la procédure pénale”, rappelant que “l’appel est la voie légitime pour contester une décision de justice”, et que la liberté d’expression, y compris en ligne, a ses limites, notamment lorsqu’il s’agit de mettre en danger des individus.

Les menaces visant les juges ont rapidement provoqué une inquiétude croissante au sein de la communauté judiciaire, qui se sent de plus en plus sous pression, notamment de la part de certains secteurs du monde politique français. Jacques Boulard, premier président de la cour d’appel de Paris, a exprimé sa vive préoccupation, affirmant qu’une décision judiciaire ne devait en aucun cas être contestée par des menaces envers les magistrats. Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a également réagi, rappelant que de telles menaces sont incompatibles avec un État de droit démocratique.

L’Union syndicale des magistrats (USM) a fait part de son malaise, se sentant “un peu seuls” dans la défense de l’État de droit, déplorant une attitude “ambivalente” au sein de la classe politique envers les juges. De son côté, la secrétaire du Syndicat de la magistrature (SM), Nelly Bertrand, a insisté sur la nécessité de protéger l’autorité judiciaire contre toute forme d’attaque, soulignant la séparation des pouvoirs dans une démocratie.

Les avocats du Conseil national des barreaux (CNB) ont également exprimé leur solidarité avec les magistrats, affirmant que si la contestation d’une décision est légitime, les menaces à l’encontre des juges sont inacceptables.

Depuis la condamnation de Marine Le Pen à cinq ans d’inéligibilité, le climat d’hostilité à l’égard des magistrats s’est intensifié, les menaces se multipliant sur les réseaux sociaux, touchant les procureurs et la présidente du tribunal.

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