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Gard : un homme poignardé à mort dans une mosquée à La Grand-Combe, le suspect en fuite

Par Salim BENLEFKI.-- 25-Avr-2025 0

Un acte d’une extrême violence a endeuillé la ville de La Grand-Combe (Gard) ce vendredi 25 avril 2025. Un fidèle musulman a été sauvagement tué à l’arme blanche à l’intérieur même de la mosquée Khadidja. Le drame s’est produit en début de matinée, aux alentours de 8h30, dans des circonstances encore floues, alors que seuls deux hommes se trouvaient dans le lieu de culte pour la prière.

Selon les premières déclarations du procureur de la République d’Alès, Abdelkrim Grini, l’un des deux hommes aurait brutalement asséné plusieurs dizaines de coups de couteau à l’autre, avant de prendre la fuite et de disparaître dans la nature. À ce stade de l’enquête, l’identité du suspect reste inconnue, tout comme ses motivations. Le meurtre n’a pas été revendiqué et aucun mobile – personnel, religieux ou autre – n’a encore pu être établi.

Le corps de la victime, dont l’identité n’a pas non plus été confirmée à ce stade, a été découvert plusieurs heures après les faits, vers 11h ou 11h30, par des fidèles venus assister à la grande prière du vendredi. D’après les premières constatations médico-légales, la victime aurait reçu entre 40 et 50 coups de couteau, un niveau de violence jugé particulièrement choquant par les enquêteurs. Une autopsie est en cours pour préciser les circonstances exactes du décès.

Une enquête pour homicide volontaire a été ouverte et confiée au groupement de gendarmerie du Gard, en lien avec la section de recherches de Nîmes. Les enquêteurs tentent de retracer le déroulement des faits, d’identifier le fuyard et de comprendre les raisons de cette attaque meurtrière perpétrée dans un lieu de prière.

Une communauté musulmane sous le choc, des questions sur un possible acte islamophobe

Après le drame survenu dans la mosquée de La Grand-Combe, la consternation est immense au sein de la communauté musulmane locale. Face à la violence inédite de l’agression, survenue dans un lieu de culte sacré, de nombreuses voix s’élèvent pour exprimer leur inquiétude et réclamer des éclaircissements sur les circonstances exactes de ce crime.

La victime, âgée d’une trentaine d’années, était une figure connue parmi les fidèles de la mosquée grand-combienne selon des premiers témoignages. Le suspect, de son côté, n’est pas  un habitué des lieux : “On n’avait jamais vu son visage, il est venu juste pour tuer, tuer n’importe qui”, témoigne un des fidèles présents sur place qui ajoute que l’assassin aurait demandé à la victime de lui apprendre à faire la prière.

Plusieurs fidèles, profondément bouleversés, s’interrogent : cet acte est-il le fruit d’un différend personnel ou relève-t-il d’une motivation islamophobe ? Le fait que l’agression ait eu lieu à l’intérieur même d’une mosquée, lieu de paix et de spiritualité, renforce ces interrogations et ravive un sentiment d’insécurité chez une population déjà vulnérable à certaines tensions sociales ou religieuses.

Pour l’heure, les autorités n’ont pas communiqué d’éléments concrets sur le mobile de l’agresseur, encore en fuite et non identifié. Cette absence d’informations nourrit le flou et l’angoisse au sein de la communauté. Si la piste islamophobe ne peut être confirmée à ce stade de l’enquête, elle ne peut pas non plus être écartée d’emblée, selon plusieurs représentants associatifs et responsables religieux locaux, qui appellent à la vigilance.

Dans ce climat d’incertitude, les fidèles demandent que toute la lumière soit faite au plus vite, et que si une dimension haineuse ou discriminatoire venait à être confirmée, elle soit reconnue comme telle, et traitée avec toute la rigueur qu’impose la loi. L’appel au calme et à la solidarité s’accompagne d’une exigence de vérité et de justice. La communauté musulmane de La Grand-Combe, profondément ancrée dans la vie locale depuis des décennies, espère que ce drame ne soit pas le reflet d’une montée de l’intolérance ou d’une dégradation du vivre-ensemble.

Située à une dizaine de kilomètres d’Alès, La Grand-Combe est une ancienne cité minière d’environ 5 000 habitants, marquée par de profondes difficultés socio-économiques depuis l’arrêt de l’exploitation du charbon. Malgré ces épreuves, la commune abrite une communauté très soudée, aujourd’hui malheureusement touchée en plein cœur.

L’horreur de cet acte ignoble n’a fait que resserrer les liens indéfectibles qui unissent les habitants du village, tous déterminés à ce que justice soit rendue pour Aboubakar. Les autorités locales appellent à la retenue et à la vigilance, tandis que les forces de l’ordre poursuivent activement leurs investigations pour retrouver l’auteur de cet acte aussi brutal qu’inexpliqué.

(Affaire à suivre)

 

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