Les bombardements israéliens continuent de frapper la bande de Gaza, causant la mort de dizaines de civils, dont plusieurs rassemblés près d’un centre de distribution d’aide alimentaire géré par une organisation soutenue par les États-Unis et Israël, selon les autorités sanitaires locales.
De nouvelles frappes meurtrières
Samedi, les frappes aériennes et les tirs de l’armée israélienne ont fait au moins 79 morts dans l’enclave palestinienne, selon les médecins des hôpitaux d’al-Awda et d’Al-Aqsa, où les victimes ont été transportées. Parmi elles, au moins 15 personnes ont péri alors qu’elles tentaient d’accéder à un site de distribution d’aide dirigé par la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), près du corridor de Netzarim. Les autres victimes ont été tuées lors de frappes distinctes dans le reste du territoire assiégé.
Depuis le début des opérations de distribution de la GHF, lancées le mois dernier, au moins 274 Palestiniens ont trouvé la mort et plus de 2 000 ont été blessés à proximité de ces centres d’aide, selon un bilan du ministère de la Santé de Gaza.
Une aide humanitaire sous haute tension
Bien que la GHF ait annoncé la fermeture de ses opérations samedi, des milliers de Gazaouis, poussés par la faim et le blocus, ont continué de se rassembler aux abords des centres de distribution. Privés d’approvisionnement depuis 15 semaines de siège et de bombardements intensifs, les habitants n’ont plus d’autre choix que de s’exposer à ces zones devenues extrêmement dangereuses.
« Les Palestiniens considèrent désormais ces centres d’aide comme de véritables lieux d’exécution », rapporte Tareq Abu Azzoum, journaliste d’Al Jazeera présent à Deir el-Balah. Mais face à la faim, beaucoup n’ont pas d’alternative.
Le blocus israélien maintenu malgré la famine
Depuis le 2 mars, Israël a imposé un blocus humanitaire total à Gaza, coupant l’accès à la nourriture, aux médicaments et à l’aide essentielle. Sous la pression internationale, une quantité limitée d’aide a pu être acheminée fin mai. Mais selon les ONG, ces livraisons restent très insuffisantes face à l’ampleur des besoins humanitaires.
Une distribution d’aide controversée
La GHF, organisation soutenue par les États-Unis et Israël, a commencé ses distributions alimentaires le 27 mai sous la direction de Johnnie Moore, un évangélique proche de l’ex-président américain Donald Trump. Le nouveau système mis en place prétend remplacer le réseau de l’ONU, que Tel-Aviv et Washington accusent d’être infiltré par le Hamas — sans toutefois fournir de preuves.
Israël a par ailleurs reconnu soutenir certains groupes armés à Gaza pour affaiblir le Hamas. Ces factions, aux activités souvent criminelles, ont été accusées de piller les convois d’aide.
L’ONU conteste ces accusations, affirmant qu’aucune preuve significative de détournement n’a été apportée. Les Nations Unies dénoncent un système qui militarise l’aide humanitaire et place son contrôle entre les mains d’Israël, obligeant des civils à parcourir de longues distances ou à fuir plusieurs fois pour accéder aux ressources vitales.
Nouvelles évacuations forcées dans le sud de Gaza
Samedi soir, l’armée israélienne a ordonné aux habitants de Khan Younis, Abasan et Bani Suheila de quitter leurs domiciles pour rejoindre la « zone humanitaire » à l’ouest, annonçant de nouvelles opérations militaires contre ce qu’elle qualifie d’« organisations terroristes ».
Selon l’ONU, plus de 80 % de la bande de Gaza est désormais soumise à des ordres de déplacement forcé. Près de 665 000 personnes ont encore été déplacées depuis la rupture du cessez-le-feu en février.
Un bilan humain catastrophique
D’après le ministère de la Santé de Gaza, les offensives israéliennes ont causé la mort de plus de 55 290 Palestiniens, majoritairement des civils. L’enclave, où vivent plus de deux millions de personnes, est en grande partie détruite, sa population déplacée et en proie à une malnutrition généralisée.
Les négociations au point mort
Malgré les médiations des États-Unis, de l’Égypte et du Qatar pour tenter d’imposer un cessez-le-feu, les discussions restent bloquées. Ni Israël, ni le Hamas ne semblent prêts à faire des concessions sur les principales revendications.
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