La tension au Moyen-Orient atteint un nouveau paroxysme. Après les frappes américaines contre des installations nucléaires iraniennes, Téhéran a répliqué par une offensive d’envergure contre Israël, intensifiant un conflit qui pourrait basculer en guerre régionale à grande échelle.
L’Iran frappe Israël : Tel-Aviv et Haïfa visés
Dans la nuit, des dizaines de missiles balistiques et de drones ont été lancés par l’Iran contre plusieurs villes israéliennes, dont Tel-Aviv et Haïfa, faisant plusieurs morts et des centaines de blessés, selon un communiqué de l’armée israélienne.
Parmi les cibles figure le centre hospitalier Soroka, touché de plein fouet. Des sources médicales évoquent des dizaines de blessés. Israël accuse l’Iran d’avoir organisé ces frappes depuis des centres de commandement du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, autour de Téhéran.
Téhéran promet une « punition sévère »
Réagissant aux attaques, le guide suprême Ali Khamenei a dénoncé une « guerre contre la République islamique » et promis de punir sévèrement l’ennemi sioniste. Ces déclarations font suite aux bombardements conjoints des États-Unis et d’Israël sur des cibles militaires et nucléaires iraniennes.
À Washington, le président Donald Trump a ravivé la rhétorique du changement de régime en déclarant : « Si le régime actuel est incapable de rendre à l’Iran sa grandeur, pourquoi ne pas envisager un changement de régime ? »
Pékin met en garde contre une guerre incontrôlable
En Chine, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Guo Jiakun, a exprimé une vive inquiétude. Il appelle à éviter un débordement de la guerre, rappelant l’importance stratégique du Golfe et des routes maritimes environnantes pour l’économie mondiale.
« La communauté internationale doit agir de toute urgence pour empêcher une nouvelle flambée de violence », a-t-il insisté.
Russie, Chine et Pakistan exigent un cessez-le-feu
Face au risque d’embrasement généralisé, Moscou, Pékin et Islamabad ont présenté au Conseil de sécurité de l’ONU un projet de résolution appelant à un cessez-le-feu immédiat. Le texte condamne aussi les frappes visant les installations nucléaires civiles iraniennes.
L’Iran demande à l’ONU de reconnaître ces attaques comme des actes de guerre, et exige des sanctions contre Israël et les États-Unis, qu’il accuse de « crimes d’agression ».
L’AIEA : le régime de non-prolifération nucléaire menacé
Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a lancé une alerte grave sur le risque d’effondrement du régime de non-prolifération nucléaire. Selon lui, les frappes américaines ont endommagé trois sites nucléaires clés en Iran :
- Natanz, site d’enrichissement de combustible,
- Ispahan, site de conversion d’uranium,
- Fordow, où des cratères indiquent l’usage de bombes perforantes.
« À ce jour, aucune fuite radioactive n’a été mesurée », a précisé Grossi, qui appelle à une retenue maximale pour éviter une escalade nucléaire incontrôlable.
Vers une guerre régionale ?
Alors que les bombardements se poursuivent, la situation reste extrêmement volatile. Les prochaines heures pourraient sceller l’avenir d’un Moyen-Orient déjà fragilisé, où le dialogue diplomatique semble s’effacer derrière le fracas des armes.
Le Qatar, qui abrite la plus grande base américaine du Moyen-Orient, a annoncé lundi la fermeture de son trafic aérien après que l’Iran a menacé de riposter aux bombardements américains de ses installations nucléaires.
“Les autorités compétentes annoncent la suspension temporaire du trafic dans l’espace aérien du pays, dans le cadre d’un ensemble de mesures de précaution prises sur la base des développements dans la région“, a affirmé le ministère qatari des Affaires étrangères dans un communiqué.
La télévision d’Etat iranienne a indiqué que Téhéran avait lancé une “puissante” réponse à l'”agression américaine“, l’agence de presse officielle Irna évoquant une “opération (de tirs) de missiles iraniens contre les bases américaines situées au Qatar et en Irak.”
“L’opération (de tirs) de missiles iraniens contre les bases américaines situées au Qatar et en Irak a commencé et porte le nom ‘Bénédiction de la victoire‘”, a pour sa part indiqué l’agence de presse officielle Irna.
Des explosions ont été entendues par des journalistes de l’AFP au Qatar, qui abrite la plus grande base américaine du Moyen-Orient.
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