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Soudan : L’ONU alerte sur un « enfer » vécu par la population

Par A.B.-- 20-Jan-2026 0

Près de trois ans de conflit au Soudan ont plongé des millions de civils dans une situation « d’horreurs et d’enfer », a alerté Volker Türk, Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, lors d’une conférence de presse à Port-Soudan. Depuis avril 2023, la guerre qui oppose l’armée régulière aux Forces de soutien rapide (FSR) a fait plusieurs dizaines de milliers de morts et déplacé plus de 14 millions de personnes, à l’intérieur et à l’extérieur du pays. L’ONU qualifie cette situation de pire crise humanitaire au monde.

Enrôlement des enfants et militarisation de la société
Volker Türk s’est alarmé de la « militarisation croissante de la société par toutes les parties au conflit », soulignant notamment l’armement des civils et le recrutement d’enfants soldats. « Il est scandaleux que d’immenses sommes soient dépensées pour acquérir des armes sophistiquées, notamment des drones, au lieu de soulager la souffrance de la population », a-t-il dénoncé.

Attaques contre les civils et exactions
Le Haut-Commissaire a condamné les frappes répétées sur des infrastructures civiles essentielles, telles que les hôpitaux, marchés et écoles, et a appelé à la cessation immédiate des attaques contre les populations. Il a fait état de témoignages d’exactions « insoutenables » : civils frappés, abattus, violés ou enlevés, notamment lors de la prise du Darfour par les FSR.

Une menace persistante dans le Kordofan
Türk a alerté sur la situation dans le Kordofan, où les FSR assiègent Kadougli et Dilling depuis plus de 19 mois et encerclent El Obeid depuis près d’un an. Ces actes, qualifiés de crimes de guerre, risquent de se généraliser. Il a cité le témoignage d’une jeune déplacée de 20 ans, victime de viol, rappelant que « toutes les parties doivent répondre de ces actes ».

Soutiens étrangers et contrôle des armes
Les rapports internationaux accusent les FSR d’être armés par certains États, tandis que l’armée régulière aurait reçu des drones d’Iran et de Turquie, avec l’appui du Caire et de Riyad. Les Émirats arabes unis nient toute implication.

Volker Türk a insisté sur la nécessité de protéger les civils et de mettre fin aux exactions systématiques afin de prévenir une aggravation dramatique de la crise.

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