Alors que les bombardements se poursuivent à Gaza, 15 ONG internationales, dont la Commission internationale de juristes (CIJ), appellent à la fin immédiate de l’aide humanitaire militarisée dans l’enclave palestinienne. Dans une lettre commune, ces organisations demandent le retour des agences d’aide multilatérales, écartées au profit de la Fondation humanitaire pour Gaza (GHF), soutenue par Israël et les États-Unis.
Depuis le début de ses opérations fin mai, le GHF fait l’objet de vives critiques : des centaines de Palestiniens ont été tués par les forces israéliennes alors qu’ils tentaient de récupérer de la nourriture près de ses centres de distribution. Pour les ONG signataires, cette organisation pourrait être complice de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, voire de génocide.
« Le modèle militarisé et privatisé du GHF viole les principes fondamentaux de l’action humanitaire », alerte Philip Grant, directeur exécutif de TRIAL International.
« Toute personne facilitant ou tirant avantage de cette aide militarisée s’expose à des poursuites pour complicité, notamment pour transfert forcé de population ou utilisation de la famine comme arme de guerre », prévient-il, estimant que la responsabilité juridique est « claire et inévitable » au regard du droit international.
Le bilan s’alourdit à 56.077 martyrs
Le bilan de l’agression génocidaire sioniste contre la bande de Gaza s’est alourdi à 56.077 martyrs et 131.848 blessés, depuis le 7 octobre 2023, ont indiqué mardi les autorités sanitaires palestiniennes.
Selon la même source, les corps de 79 martyrs et 289 blessés sont arrivés dans les hôpitaux de Gaza au cours des dernières 24 heures.
Les autorités sanitaires palestiniennes ont indiqué que 5759 Palestiniens sont tombés en martyrs et 19807 autres ont été blessés depuis le 18 mars, date de la reprise de l’agression sioniste, notant que les corps de nombreuses victimes se trouvent encore sous les décombres.
Elles ont également souligné que le bilan des attaques de l’armée sioniste visant les Palestiniens qui attendent l’aide humanitaire à Gaza s’élève à 49 martyrs et plus de 197 blessés durant les dernières 24 heures, tandis que le bilan global est de 516 martyrs et plus de 3799 blessés.
Un accord de cessez-le-feu est entré en vigueur le 19 janvier à Gaza après plus de 15 mois d’agression génocidaire sioniste, qui ont provoqué une catastrophe humanitaire sans précédent. Les forces d’occupation ont repris le 18 mars leur agression contre Gaza, après une interruption de deux mois, consécutive à l’accord de cessez-le-feu.
L’UNRWA appelle à la levée immédiate du siège sioniste
L‘Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a, de nouveau appelé, l’entité sioniste à lever immédiatement son siège dans la bande de Gaza pour permettre l’entrée des aides humanitaires dans l’enclave ravagée par une agression génocidaire depuis octobre 2023.
“A Gaza, trouver de la nourriture est un combat quotidien. Les gens risquent leur vie pour obtenir très peu de nourriture”, a écrit l’UNRWA dans un message publié lundi sur les réseaux sociaux.
Et de poursuivre: “Les prix des produits de première nécessité flambent. L’aide humanitaire (près de 6.000 camions de l’UNRWA), est bloquée dans des entrepôts et aux postes frontières”.
“Ces camions contiennent notamment de la nourriture et des médicaments dont la date de péremption approche”, a tenu à préciser l’agence onusienne avant de souligner: “Le siège (sioniste) doit être levé et les fournitures de l’UNRWA doivent être autorisées à entrer à Gaza immédiatement”.
Londres : vers l’interdiction de Palestine Action au nom de l’antiterrorisme
Dans un autre volet lié à la guerre, le Royaume-Uni s’apprête à interdire l’organisation militante Palestine Action en recourant aux lois antiterroristes. Cette décision intervient après des actions menées contre deux avions militaires britanniques pour dénoncer le soutien logistique de Londres à Israël.
Lors d’une récente manifestation à Trafalgar Square, des manifestants ont affronté la police qui tentait d’interpeller un participant. La foule scandait : « Laissez-les partir ». La réponse policière a été jugée disproportionnée par les organisateurs.
L’interdiction ferait de Palestine Action un groupe considéré au même titre que le Hamas, le Hezbollah ou l’EI en droit britannique. Il deviendrait alors illégal de le promouvoir, d’y adhérer ou de l’aider, passible de jusqu’à 14 ans de prison.
Selon le groupe, deux de ses membres se sont récemment introduits sur la base de la RAF Brize Norton, dans l’Oxfordshire, et ont endommagé deux avions militaires Voyager, en y pulvérisant de la peinture rouge – symbole de l’effusion de sang palestinienne – et en y déposant un drapeau palestinien.
« Le Royaume-Uni, malgré ses condamnations publiques d’Israël, continue de ravitailler ses avions de guerre », a dénoncé le groupe dans un communiqué.
Une répression politique dénoncée
Cette décision a été vivement critiquée. Apsana Begum, députée travailliste, a estimé que :
« Interdire une organisation anti-guerre tout en continuant à livrer des armes à un État accusé de crimes contre l’humanité est inacceptable. C’est une atteinte grave aux droits démocratiques. »
L’ONG CAAT (Campagne contre le commerce des armes) révèle de son côté que le Royaume-Uni a augmenté les licences d’exportation militaire vers Israël, en contradiction avec l’annonce officielle d’un gel temporaire de ces ventes en septembre 2024. De plus, l’exportation de composants pour les avions F-35 se poursuit, Londres jugeant leur suspension comme pouvant « compromettre la sécurité internationale ».
Une solidarité populaire qui ne faiblit pas
Malgré la répression, les manifestations pro-palestiniennes se poursuivent chaque semaine au Royaume-Uni, rassemblant des dizaines de milliers de personnes. Elles dénoncent à la fois les bombardements à Gaza et le rôle actif joué par la Grande-Bretagne dans le soutien militaire à Israël.
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