Israël intensifie ses attaques contre la plus grande ville de Gaza avant de s’en emparer, alors qu’au moins 11 Palestiniens ont été tués dans des attaques israéliennes à travers la bande de Gaza depuis l’aube de lundi.
Le Hamas a critiqué le projet israélien de s’emparer de la ville de Gaza et de déplacer de force sa population, qualifiant les promesses israéliennes de fournir un abri et une aide humanitaire de « tromperie flagrante ».
À Gaza, des Palestiniens refusent de fuir : « Nous n’avons plus rien à perdre »
Les Palestiniens sont épuisés, après près de deux ans de violences ininterrompues. Beaucoup sont en déplacement constant, ayant déjà tout perdu : leurs maisons, leurs biens, leurs proches.
Il n’existe aucun endroit sûr dans la bande de Gaza. Plus de 80 % du territoire est aujourd’hui classé « zone rouge », interdite d’accès. Les zones ouest de l’enclave, déjà saturées de déplacés et de tentes de fortune, ne peuvent plus accueillir personne.
Au bout du compte, beaucoup n’ont plus de choix : rester sur place, au risque d’être arrêtés ou tués. « Nous n’avons plus rien à perdre », répètent-ils.
Une source du Hamas affirme que le groupe a approuvé la dernière proposition de cessez-le-feu à Gaza
Alors que le Premier ministre qatari est en visite en Egypte, une source du Hamas affirme que le groupe a « informé les médiateurs » de l’approbation de leur proposition d’accord de cessez-le-feu à Gaza.
L’entité sioniste mène “une campagne de famine délibérée”
L‘entité sioniste mène une “campagne de famine délibérée”, dans la bande de Gaza, ravagée par près de deux ans d’agression sioniste génocidaire, estime Amnesty International dans un communiqué publié lundi.
Cette campagne détruit “systématiquement la santé, le bien-être et le tissu social” à Gaza, écrit l’organisation de défense des droits humains après avoir mené des entretiens avec 19 Palestiniens de Gaza vivant dans des camps de déplacés et deux membres du personnel médical traitant des enfants souffrant de malnutrition.
Pour l’ONG, les témoignages qu’elle a recueillis confirment que “la combinaison mortelle de la faim et de la maladie n’est pas une conséquence malheureuse des opérations militaires (sionistes)” à Gaza.
“C’est le résultat intentionnel de plans et de politiques que (l’entité sioniste) a conçus et mis en œuvre, au cours des 22 derniers mois, pour infliger délibérément aux Palestiniens de Gaza des conditions de vie calculées pour entraîner leur destruction physique, ce qui fait partie intégrante du génocide (sioniste) en cours contre les Palestiniens à Gaza”, ajoute-t-elle.
Amnesty International avait déjà accusé en avril dernier les autorités de l’occupation sioniste de commettre un “génocide en direct” à Gaza.
La bande de Gaza qui dépend totalement de l’aide humanitaire, est menacée d’une “famine généralisée”, selon l’ONU, qui appelle à l'”inonder” d’aide.
Le bilan de l’agression génocidaire menée par les forces de l’occupation sioniste contre Gaza depuis le 7 octobre 2023, s’est alourdi dimanche à 61.944 martyrs et 155.886 blessés, selon les autorités sanitaires palestiniennes.
Cinq Palestiniens meurent de malnutrition en 24 heures
Le ministère de la Santé de Gaza a annoncé la mort de cinq Palestiniens en 24 heures, victimes de malnutrition, dont deux enfants.
Depuis le début de la guerre, au moins 263 personnes sont mortes de faim ou de dénutrition, dont 112 enfants.
« Historiquement, les génocides ne s’arrêtent pas par la négociation »
Abdullah Al-Arian, professeur associé d’histoire à l’université de Georgetown au Qatar, estime que malgré les nouvelles discussions prévues au Caire avec la participation du Premier ministre qatari, ces négociations ont peu de chances d’aboutir.
Selon lui, c’est le manque de volonté politique israélienne qui bloque tout accord. « Israël poursuit ce génocide, l’amenant à des niveaux horribles et sans précédent », a-t-il affirmé, en dénonçant aussi l’absence de pressions internationales.
Il a rappelé que le précédent cessez-le-feu, entre janvier et mars, avait été garanti par les États-Unis, le Qatar et l’Égypte, mais qu’Israël l’avait violé sans subir aucune sanction.
« Historiquement, les génocides ne se terminent pas par des solutions négociées… mais parce que la partie qui les commet est contrainte d’y mettre fin, souvent par des pressions ou une intervention extérieure. Et cela n’a pas encore eu lieu », a-t-il conclu.
MSF : des massacres autour des sites de distribution d’aide
Médecins sans frontières (MSF) rapporte une hausse massive de victimes à Gaza, liées au siège israélien et à la distribution de l’aide.
« Les tueries aveugles et les bilans massifs de blessés ne cessent pas, ils s’intensifient », explique Nour Alsaqqa de MSF.
Dans un centre de Rafah, proche d’un point de distribution, les soignants sont débordés par l’afflux de blessés, y compris des enfants. « Nous recevons des bébés blessés, tués même, autour des sites de distribution. Les gens viennent chercher de la nourriture, et ils repartent avec des blessures par balles », dit-elle.
Depuis la création de ces sites fin mai, près de 2 000 Palestiniens ont été tués en tentant d’accéder à l’aide, selon le ministère de la Santé de Gaza.
Un vieil homme tué par une caisse d’aide larguée du ciel
Un Palestinien âgé est mort à Khan Younès après qu’une caisse d’aide larguée par avion est tombée sur une tente de déplacés, a annoncé l’hôpital Nasser.
Ces dernières semaines, plusieurs personnes ont été tuées ou blessées par des palettes larguées du ciel. Les ONG jugent ces parachutages dangereux et inefficaces, rappelant que la population entière de Gaza – plus de deux millions de personnes – est menacée par la famine. Elles réclament l’ouverture de passages terrestres pour acheminer l’aide.
Israël prévoit « l’évacuation » de Gaza-Ville
Le chef d’état-major israélien, Eyal Zamir, aurait déclaré que l’armée préparait l’« évacuation » des habitants de Gaza-Ville dans un délai de deux mois, avant une opération militaire élargie.
Il a expliqué que l’armée met en place des « outils » pour inciter les habitants à quitter la ville vers des zones dites « humanitaires », avant de lancer les étapes d’encerclement, d’invasion et d’occupation.
Ces discussions interviennent alors qu’Israël négocie avec plusieurs pays, dont l’Ouganda, le Soudan du Sud, la Libye et l’Indonésie, pour accueillir des déplacés palestiniens. Les ONG dénoncent un plan de déplacement forcé.
Nouvelles frappes massives sur le quartier de Zeitoun
Le quartier de Zeitoun, à Gaza-Ville, subit depuis plusieurs jours des bombardements massifs : raids aériens, tirs d’artillerie et robots explosifs détruisant immeubles et maisons.
De nombreuses familles ont fui, souvent sous le feu, vers l’ouest de la ville, mais à un coût exorbitant et au péril de leur vie. D’autres refusent de partir.
Aucune équipe de secours ne peut accéder à la zone. Les habitants tentent seuls de dégager leurs proches sous les décombres.
Israël accusé de famine délibérée
Amnesty International affirme qu’Israël mène « une campagne délibérée de famine » à Gaza, détruisant le tissu social et sanitaire palestinien.
« La combinaison mortelle de la faim et de la maladie n’est pas un dommage collatéral : c’est le résultat planifié », dénonce l’ONG.
Témoignages de la faim à Gaza
Amnesty International a recueilli des récits glaçants.
Abu Alaa, 62 ans, vit avec une soupe de lentilles par jour et du pain distribué une fois par semaine. « Moi je peux supporter la faim, mais pas les enfants », dit-il.
Nahed, 66 ans, témoigne : « J’ai vu des gens porter des sacs de farine tachés du sang de ceux qui venaient d’être abattus. Même des visages connus sont devenus méconnaissables. La faim et la guerre ont changé Gaza, changé nos valeurs. »
Aziza, 75 ans, se décrit comme un « fardeau » pour sa famille. « Ils m’ont déplacée en fauteuil roulant. J’ai besoin de couches, de médicaments introuvables ou périmés. Je pense toujours que ce sont mes petits-enfants qui méritent de vivre. »
Familles d’otages : appel à Trump
Les familles des Israéliens détenus à Gaza accusent leur gouvernement d’entraver un accord. Elles réclament une médiation extérieure, y compris celle de Donald Trump.
Lors d’immenses manifestations dimanche, elles ont supplié : « Scellez l’accord, ramenez-les à la maison. »
Plus d’un million de personnes auraient participé aux protestations, les plus massives depuis 22 mois. Des routes ont été bloquées, des feux allumés. La police a arrêté 38 personnes.
« L’abandon des otages par Netanyahou ne sera jamais oublié », a déclaré un organisateur.
Colonisation en Cisjordanie : de nouveaux avant-postes
Des vidéos vérifiées par Al Jazeera montrent des colons israéliens, sous protection militaire, utilisant bulldozers et engins pour tracer de nouvelles routes dans la région de Masafer Yatta, au sud d’Hébron.
L’armée invoque la création d’une zone d’entraînement militaire. Les ONG dénoncent une politique systématique de déplacement forcé des Palestiniens.
L’ambassadeur américain soutient les colonies israéliennes controversées
La radio de l’armée israélienne rapporte que l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a déclaré qu’il ne s’opposait pas au projet israélien de construire des milliers de logements dans la zone E1, entre Jérusalem-Est occupée et la colonie de Maale Adumim.
« C’est une décision qui revient au gouvernement israélien », aurait-il affirmé, ajoutant que « ce n’est pas une violation du droit international ».
Des responsables israéliens condamnent l’Australie pour avoir interdit l’entrée d’un député d’extrême droite
Des ministres israéliens ont vivement critiqué l’Australie pour avoir interdit l’entrée sur son territoire à Simcha Rothman, député d’extrême droite de la Knesset.
Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a écrit sur X que « le soutien actif apporté par le gouvernement australien au Hamas et aux terroristes, ainsi que l’interdiction faite au député Simcha Rothman, constituent une tache historique et une honte pour le gouvernement australien ».
Il a ajouté : « Les moqueries des militants israéliens de gauche, collaborateurs du Hamas et déformant l’image d’Israël dans le monde, sont un scandale qui ne sera jamais effacé. »
Benny Gantz, chef du parti d’opposition Bleu et Blanc, a lui aussi dénoncé la décision de Canberra. « Bien qu’il existe d’importantes divergences politiques et idéologiques entre moi et le député Simcha Rothman, la décision de l’Australie de l’empêcher d’entrer est non seulement extrêmement erronée mais ouvertement hypocrite », a-t-il déclaré.
Le ministre australien de l’Intérieur, Tony Burke, avait annoncé que la demande de visa de Rothman avait été rejetée et qu’il ne pourrait en solliciter un autre avant trois ans. « Si vous venez en Australie pour répandre un message de haine et de division, nous ne voulons pas de vous ici », a-t-il insisté.
Membre du parti Sionisme religieux et allié du Premier ministre Benyamin Netanyahou, Rothman a plaidé pour une prise de contrôle totale de la Cisjordanie occupée par Israël et pour le déplacement des Palestiniens de Gaza.
Récapitulatif
* Israël a frappé le quartier de Daraj, tuant trois Palestiniens dont un enfant.
* Des milliers de familles ont fui Zeitoun, Gaza-Ville, dévasté par des raids incessants.
* Au moins sept personnes ont été tuées dimanche dans une frappe contre l’hôpital al-Ahli.
* En Israël, plus d’un million de personnes ont manifesté pour exiger la libération des otages et la fin de la guerre.
* En Cisjordanie occupée, de nouvelles arrestations de jeunes Palestiniens ont eu lieu la nuit dernière.
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